Le message de Netanyahu aux Israéliens : Faites-moi confiance, nous vaincrons la terreur
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Analyse

Le message de Netanyahu aux Israéliens : Faites-moi confiance, nous vaincrons la terreur

Rassemblant pour la première fois depuis le conflit de l’été dernier publiquement tous ses responsables de la sécurité, le Premier ministre indique qu’Israël est entré dans un autre cycle prolongé de violence

David est le fondateur et le rédacteur en chef du Times of Israel. Il était auparavant rédacteur en chef du Jerusalem Post et du Jerusalem Report. Il est l’auteur de « Un peu trop près de Dieu : les frissons et la panique d’une vie en Israël » (2000) et « Nature morte avec les poseurs de bombes : Israël à l’ère du terrorisme » (2004).

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à une conférence de presse au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 8 octobre 2015, aux côtés de Gilad Erdan (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à une conférence de presse au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 8 octobre 2015, aux côtés de Gilad Erdan (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

En pleine nouvelle phase de terrorisme, marquée par une flambée de violence ces derniers jours dans ce qui pourrait être décrit comme des « attaques-suicides au couteau », par des terroristes palestiniens seuls, dans tout Israël et en Cisjordanie, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a rassemblé une conférence de presse jeudi soir afin de réassurer un public de plus en plus inquiet.

Il n’a pas annoncé beaucoup de mesures, mais lui et ses chefs de la sécurité ont avancé plusieurs thèmes centraux qui ont servi à souligner qu’Israël est à nouveau sur le pied de guerre :

1. Cela fait partie d’une bataille sans fin contre ceux qui veulent nous tuer : Israël combat le terrorisme depuis « le début du projet sioniste », a déclaré Netanyahu plus tôt dans sa conférence de presse. Le combat et le bat.

Aujourd’hui, nous sommes confrontés à des « terroristes qui ont été incités à la haine et en sont remplis ».

Et Israël, a-t-il promis, sera encore vainqueur dans cette phase de lutte continue. (La moitié des centaines de Palestiniens arrêtés comme des suspects de terrorisme dans les récentes semaines sont des mineurs, a déclaré un peu plus tard, le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, des centaines de jeunes esprits encouragés à la violence).

2. Je suis l’homme de la situation : en rassemblant simplement une sorte de conseil de guerre, en s’adressant au public avec deux ministres clefs et deux chefs de la sécurité, Netanyahu a souligné que tout cela, si ce n’est pas une guerre, constitue une autre bataille sérieuse et probablement de longue durée.

Il n’avait pas convoqué une telle réunion depuis la guerre de l’été dernier contre le Hamas à Gaza. Et le message qu’il a martelé était que l’on pouvait faire confiance à son « équipe » pour vaincre les terroristes. Et que ses opposants politiques, faisant des déclarations irresponsables à droite comme à gauche, n’en étaient pas capables.

3. Les Israéliens sont des citoyens courageux qui font preuve de résilience : Netanyahu a pris la peine de saluer les « actes d’héroïsme » des soldats, des policiers et des « citoyens ordinaires » qui sont intervenus pour contrecarrer et arrêter plusieurs attaques ces derniers jours. C’est un voisinage très difficile, a-t-il reconnu. « Nous vivons au Moyen Orient », a-t-il remarqué sèchement, et « les flammes de l’extrémisme nous atteignent aussi ». Mais il était « fier » de faire partie d’une nation aussi courageuse et déterminée.

4. Mahmoud Abbas fait partie du problème, mais pourrait aussi faire partie de la solution : le Hamas, Abbas et l’Autorité palestinienne et le propre Mouvement islamique d’Israël ont cyniquement « incité » au terrorisme en disséminant le mensonge qu’Israël avait l’intention de changer le statu quo en vigueur sur le mont du Temple, a accusé le Premier ministre.

Il a pris la peine de souligner que ce n’est pas le cas, en d’autres termes, qu’il n’avait pas l’intention d’autoriser la prière juive sur le site, ou d’y élargir l’accès juif. Afin d’essayer de calmer la situation sur le mont, a-t-il souligné, il a maintenant interdit aux membres de le Knesset, Juifs et Musulmans, de visiter le site.

Il a également fait attention à ne pas placer Abbas complètement dans le camp ennemi. Il espère, a-t-il déclaré, avoir vu le début d’un changement dans les déclarations et les actions d’Abbas au cours des derniers jours, même s’il n’en était pas sûr. Et il était plus prêt que jamais, a-t-il insisté, à reprendre les négociations, sans préconditions, mais aussi, bien sûr sans abandonner les intérêts israéliens clefs.

(De gauche à droite) Benjamin Netanyahu, Gadi Eisenkot, Moshe Yaalon, Gilad Erdan et Benzi Sau, le 8 octobre 2015 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash 90)
(De gauche à droite) Benjamin Netanyahu, Gadi Eisenkot, Moshe Yaalon, Gilad Erdan et Benzi Sau, le 8 octobre 2015 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash 90)

De manière révélatrice, il a indiqué que si la situation devait se diriger vers des épisodes de violence encore plus hors de contrôle dans les territoires, l’Autorité palestinienne pourrait se retrouver elle-même emportée par une vague de violence extrémisme.

5. Ce n’est pas le même terrorisme qu’il y a 15 ans : Netanyahu et spécialement le ministre de la Défense Moshe Yaalon voulaient insister que c’est actuellement une forme moins dévastatrice de guerre terroriste que lors de la Seconde Intifada.

Netanyahu a cependant expliqué clairment qu’il n’allait pas verrouiller la Cisjordanie, comme le chef de l’opposition Isaac Herzog l’avait suggéré plus tôt jeudi.

Yaalon a affirmé qu’ « Israël a été sur l’offensive » en Cisjordanie depuis l’opération Bouclier défensif en 2002, lorsque l’insfrastructure derrière le massacre des attaques-suicides avait été détruite, et que l’utilisation des couteaux, des pierres d’aujourd’hui sont une conséquence de l’incapacité des terroristes à orchestrer des attaques de plus grande ampleur.

Si nécessaire, l’armée utiliserait la force « écrasante », a déclaré le ministre de la Défense. Mais où en sont les choses actuellement, on a besoin de bons renseignements, d’actions d’une plus petite échelle par les forces de sécurité et beaucoup de vigilance de la part de la population.

6. Les Israéliens feraient mieux de ne pas se faire justice eux-mêmes : le chef de la police en place Bentzi Sau a formulé un avertissement ferme aux Israéliens pour qu’ils ne commencent pas à attaquer les Palestiniens ou les Arabes israéliens par vengeance.

Plusieurs fois ces deux derniers jours, des civils israéliens ont non seulement aidé à éviter des attaques au couteau, mais ont aussi ensuite protégé les terroristes désarmés contre la colère d’autres citoyens jusqu’à ce que la police arrive.

7. La sécurité prend le pas sur les implantations : c’est du « bon sens », a déclaré Netanyahu, de ne pas prendre le risque de s’aliéner des parties de la communauté internationale en annonçant la construction de nouvelles constructions, comme beaucoup de collègues de droite de sa coalition l’avaient demandé.

Il était déterminé, a-t-il déclaré, à conserver un large soutien extérieur pour garantir des mesures qui incluent l’envoi de troupes dans l’Autorité palestinienne, le contrôle de villes et d’ « affûtage » des ordres de tirs.

Personne ne devait lui donner des leçons sur la valeur des implantations, a-t-il déclaré, mais sa première obligation était la sécurité des citoyens d’Israël.

Le « bon sens » imposait ce choix pragmatique, a-t-il répété. Bon sens ou non, cela a marqué une différence par rapport à d’anciennes confrontations dans le passé lorsque Netanyahu avait répondu à des attaques terroristes en approuvant publiquement de nouvelles implantations.

8. Une coalition plus large, avec plaisir : interrogé au sujet d’un plus large mouvement, peut-être incluant l’Union sioniste de centre gauche, Netanyahu a déclaré avoir les bras grands ouverts.

Les terroristes ne font pas la distinction entre les Israéliens de gauche et de droite, et beaucoup des arguments qui divisent les politiciens des principaux courants sont sans intérêt, a-t-il affirmé. C’est lui l’homme aux commandes, a fait très clairement comprendre Netanyahu, mais « je veux une coalition très large, un peuple unifié ».

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