Le mineur israélien soupçonné d’avoir tué une Palestinienne reste en détention
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Le mineur israélien soupçonné d’avoir tué une Palestinienne reste en détention

Les juges ont reporté l'appel des avocats contre une prolongation de détention après que le suspect n'a pas été amené au tribunal par le Shin Bet

Les suspects placés en détention pour leur implication présumée dans le meurtre d'une Palestinienne aux abords de la cour des magistrats de Rishon Lezion  après leur assignation à domicile, le 10 janvier 2019 (Crédit : Flash90)
Les suspects placés en détention pour leur implication présumée dans le meurtre d'une Palestinienne aux abords de la cour des magistrats de Rishon Lezion après leur assignation à domicile, le 10 janvier 2019 (Crédit : Flash90)

Le principal suspect dans le meurtre d’une Palestinienne restera en prison après que la Haute cour de justice a reporté vendredi une audience consacrée à une requête de ses avocats qui avaient demandé à ce qu’il soit assigné à résidence.

Cette décision est survenue après que le service de sécurité du Shin Bet, qui enquête dans l’affaire du meurtre d’Aisha Rabi, tuée par un jet de pierre, a refusé de traduire le suspect – un mineur juif israélien – devant un tribunal pour l’audience de vendredi.

L’avocat Adi Kedar du groupe d’aide juridique Honenu, de droite, qui représente ce mineur qui n’a pas été identifié, a critiqué le Shin Bet et le tribunal, disant aux journalistes que les magistrats étaient « complices dans la violation de la loi et des droits des mineurs ».

Honenu et les parents des suspects, ainsi que les parents de quatre autres mineurs soupçonnés de complicité dans l’attaque survenue au mois d’octobre, ont accusé le service de sécurité de torture.

Tous les suspects sont des élèves de la yeshiva Pri Haaretz, située dans l’implantation de Rehelim dans le nord de la Cisjordanie.

« Le Shin Bet est en train de tuer mon fils, jour après jour », a dit le père du suspect. « Il fait ses propres lois. Il pense être au-dessus de la loi… Nous en appelons au Premier ministre et aux ministres – ce n’est rien de moins qu’un coup d’Etat. Le Shin Bet piétine les lois ».

Aisha et Yakoub Rabi et leurs filles (Autorisation)

Cet appel est survenu vingt-quatre heures après qu’un magistrat a prolongé la détention du jeune mineur jusqu’à jeudi, tandis que les autres ont été assignés à résidence à la demande de la police et du Shin Bet.

Les jeunes sont soupçonnés de « crimes liés au terrorisme et notamment de meurtre », a fait savoir l’agence au début de la semaine, après des mois d’embargo sur le dossier qui ont empêché la publication d’informations.

Un juge de la cour des magistrats de Rishon Lezion a estimé jeudi que les soupçons pesant sur le mineur qui est le principal suspect dans la mort de la Palestinienne étaient « d’une grande gravité ».

La Dixième chaîne a indiqué, mercredi soir, que l’adolescent placé en détention était âgé de 16 ans et qu’il était soupçonné d’avoir lancé la pierre qui a tué Rabi, mère de huit enfants, au mois d’octobre.

La police israélienne a indiqué dans une déclaration que malgré l’embargo imposé sur les détails de l’affaire et sur les personnes soupçonnées d’avoir été impliqués dans la mort de la mère de famille, elle avait demandé au juge Guy Avnin, président du tribunal, d’autoriser la publication de certains de ses propos concernant la prolongation du placement en détention du principal suspect.

Rabi a été fatalement frappée à la tête par une pierre alors qu’elle circulait dans une voiture en compagnie de son époux et de sa fille, dans le nord de la Cisjordanie.

La Yeshiva Pri Haaretz dans l’implantation de Rehelim le 8 janvier 2019. (Ofer Meir/Flash90)

« Dans le cas de ce suspect, la gravité des soupçons est très élevée », a dit Avnin. « Les délits qui lui sont attribués sont suffisants pour demander un placement en détention. »

Il a expliqué que libérer le suspect ou le placer dans d’autres conditions de détention étaient hors de question dans la mesure où il pouvait présenter un danger pour les autres ou tenter d’obstruer l’enquête.

Le Shin Bet, qui a dirigé l’investigation, a été critiqué par les activistes d’extrême-droite et certains députés concernant la détention prolongée des mineurs et il a démenti avec force les accusations de torture.

Avnin a affirmé que sur la base des informations dont il disposait, le Shin Bet gérait l’enquête de manière responsable.

« Il est clair que l’unité chargée de l’enquête, aux côtés du Shin Bet, mène des recherches approfondies, sérieuses et rigoureuses tout en tentant de trouver la vérité », a-t-il commenté. « Au point où nous en sommes, j’ai pu établir que l’unité chargée de l’enquête a correctement utilisé le temps durant lequel le suspect s’est trouvé en détention ».

Les avocats des suspects ont clamé que la décision prise par le tribunal de libérer sous conditions quatre des adolescents impliqués dans l’affaire prouvait que le Shin Bet et l’unité chargée des crimes nationalistes ne possédaient aucune preuve solide à leur encontre.

“Mon client a subi 12 jours d’interrogatoires sévères qui l’ont traumatisé et il faut maintenant se poser la question : Qui l’indemnisera pour son traumatisme ? », a déclaré Itamar Ben Gvir, un avocat représentant l’un des suspects dorénavant assignés à domicile.

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