Le ministère de la Défense rejette la demande du statut d’invalide d’Elor Azaria
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Le ministère de la Défense rejette la demande du statut d’invalide d’Elor Azaria

Le soldat, incarcéré pour avoir tué un assaillant palestinien neutralisé, dit avoir subi un préjudice psychologique ; le ministère a invoqué un "comportement malveillant et grave"

L'ancien soldat Elor Azaria à son arrivée à la prison militaire de Tsrifin, à Rishon Lezion, le 9 août 2017. (Crédit : Jack Guez/AFP)
L'ancien soldat Elor Azaria à son arrivée à la prison militaire de Tsrifin, à Rishon Lezion, le 9 août 2017. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Le ministère de la Défense a rejeté mardi la demande d’un ancien soldat israélien, condamné pour avoir tué un terroriste palestinien pourtant déjà neutralisé en 2016, qui souhaitait être reconnu comme ancien combattant invalide.

La branche réhabilitation du ministère a cité le « comportement malveillant et grave » d’Elor Azaria dans sa décision, selon les informations de la Treizième chaîne.

Le ministère a souligné que l’intéressé pouvait faire appel de la décision et a précisé que sa demande, qui lui donnerait droit à des indemnités, avait été « sérieusement étudiée ».

Azaria a soumis sa demande en juin, affirmant qu’il avait subi un préjudice psychologique en raison de cette affaire.

Il avait passé neuf mois en prison après avoir écopé d’une peine totale de 18 mois pour le meurtre d’Abdel-Fattah al-Sharif, un terroriste palestinien qui avait poignardé un soldat israélien et qui avait été neutralisé par les militaires puis immobilisé.

Il a répété sans relâche qu’il s’était comporté correctement lors de la fusillade filmée, survenue dans la ville de Hébron, en Cisjordanie, le 24 mars 2016.

Un soldat israélien chargeant son arme avant de sembler tirer à la tête sur un assaillant palestinien au sol, apparemment désarmé, à la suite d’une attaque au couteau à Hébron, le 24 mars 2016. (Crédit : capture d’écran B’TSelem)

Il avait visé Sharif à la tête parce qu’il pensait que l’individu dissimulait une bombe dans ses vêtements, et qu’il y avait un couteau à proximité. Il avait expliqué que les militaires criaient, disant qu’il fallait faire quelque chose, « et j’ai agi exactement comme on m’a enseigné de le faire depuis le début de ma formation de soldat de combat ».

La cour martiale avait catégoriquement rejeté les affirmations d’Azaria, citant la nonchalance affichée par le jeune homme au moment où il a tué Sharif et ses déclarations faites aux soldats selon lesquelles l’agresseur méritait de mourir, car il avait attaqué ses camarades.

Elor Azaria devant la Cour militaire de Jaffa, le 5 juillet 2016. (Crédit : Flash90)

Depuis sa libération de prison, il a manifesté son soutien à des soldats accusés d’avoir agressé des suspects palestiniens et est apparu dans une publicité de campagne du député Yaron Mazouz pour les primaires du Likud.

Plusieurs mois après sa libération, il avait déclaré dans un entretien n’avoir aucun regret.

L’affaire Azaria avait révélé de très profondes divisions au sein de la société israélienne sur les activités de l’armée en Cisjordanie. Certains – surtout à droite – affirment qu’il s’est conduit en héros en tuant le terroriste palestinien. Les autres contestent ce récit en disant qu’il a violé la loi et qu’il méritait une sanction plus dure que celle qu’il a reçue.

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