Le ministère de l’Economie demande un report de la fermeture du réservoir d’ammoniac de Haïfa
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Le ministère de l’Economie demande un report de la fermeture du réservoir d’ammoniac de Haïfa

Le ministère demande que la date limite, fixée par la cour au 26 février, soit reportée de 3 mois pour ne pas perturber l’industrie locale

La zone industrielle de Haïfa. Le réservoir d'ammoniac est visible sur la jetée, à droite. (Crédit : Shay Levy/Flash90)
La zone industrielle de Haïfa. Le réservoir d'ammoniac est visible sur la jetée, à droite. (Crédit : Shay Levy/Flash90)

Le ministère de l’Economie a demandé un délai de trois mois pour la fermeture attendue d’un réservoir d’ammoniac à Haïfa, dans un contexte de crainte qu’il ne rompe et tue des dizaines de milliers de personnes.

La semaine dernière, la cour pour les affaires locales de Haïfa a donné à Haïfa Group, un producteur d’engrais qui utilise le réservoir, jusqu’au 26 février pour vidanger le produit chimique de son réservoir, situé dans la baie de Haïfa. Une décision initiale du 12 février avait ordonné à l’entreprise de vider le réservoir avant le 22 février.

Après avoir annoncé qu’elle se conformerait à la décision de la cour, l’entreprise a fait appel de cette décision, affirmant que les « démagogues » de la municipalité de Haïfa essayaient de « propager la peur dans la population ».

Amir Lang, le directeur général du ministère, a déclaré lundi que la fermeture rapide aurait un impact négatif sévère sur l’industrie et perturberait les opérations de la centaine d’usines qui fournissent différents produits.

Dans son appel, Haïfa Group a également affirmé que vider le réservoir d’ammoniac « éliminera les opérations de tous les secteurs industriels », et portera un sérieux coup à l’économie locale.

La municipalité de Haïfa a déclaré que Haïfa Group « ignorait la décision de la cour » et a appelé le gouvernement « à se tenir aux côtés des habitants de Haïfa et des villes de la baie de Haïfa, et de ne pas permettre à Haïfa Groupe de ridiculiser les habitants. »

Yona Yahav, le maire de Haïfa, et le professeur Ehud Keinan, pendant une conférence de presse à la mairie de la ville après la publication d'un rapport sur les dangers posés par un réservoir d'ammoniac, le 31 janvier 2017. (Crédit : Flash90)
Yona Yahav, le maire de Haïfa, et le professeur Ehud Keinan, pendant une conférence de presse à la mairie de la ville après la publication d’un rapport sur les dangers posés par un réservoir d’ammoniac, le 31 janvier 2017. (Crédit : Flash90)

Yona Yahav, le maire de Haïfa, a appelé sur Facebook la société à « cesser de menacer » la ville et ses habitants, faisant apparemment référence aux déclarations précédentes de Haïfa Group sur les effets économiques de la fermeture du réservoir d’ammoniac sur la ville et ses environs.

La municipalité de Haïfa avait soumis une demande de fermeture du réservoir d’ammoniac à la cour suite à la publication d’un rapport qu’elle avait commandé, et qui a conclu que l’ammoniac présent dans le port de la ville posait un risque grave à la population.

Le rapport a également été soumis à la Haute cour de Justice dans le cadre d’un conflit judiciaire entre la ville et Haïfa Group.

En cas de rupture, l’énorme réservoir d’ammoniac présente des risques de suffocation pour 16 000 personnes, qui seraient sous un nuage toxique, a indiqué le rapport. Le réservoir pourrait « présenter une défaillance demain matin », a assuré Ehud Keinan, auteur du rapport et professeur de chimie lors d’une conférence de presse à l’occasion de la diffusion de ce rapport, le 31 janvier dernier dans les locaux de la mairie.

« Si le réservoir connait une défaillance, nous parlons de 16 000 victimes », avait mis en garde Keinan.

Mais pour le rapport, le danger principal réside dans le bateau qui approvisionne chaque mois 16 000 tonnes d’ammoniac. Si son chargement s’échappait, il pourrait causer la mort de 600 000 personnes dans le secteur de la baie, a souligné le rapport.

Hassan Nasrallah (Crédit : AFP/ANWAR AMRO)
Hassan Nasrallah (Crédit : AFP/ANWAR AMRO)

Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah, a menacé l’an dernier de frapper le réservoir d’ammoniac de Haïfa avec des roquettes au prochain conflit avec Israël. Il citait un responsable israélien anonyme qui avait déclaré qu’une frappe sur ces réservoirs pourrait faire des milliers de morts.

Quelques heures après que Nasrallah a proféré sa menace, Avi Gabbay, alors ministre de l’Environnement, a déclaré qu’il avait ordonné que le réservoir d’ammoniac soit déplacé dans le désert du Néguev. Cette injonction n’a jamais été mise en œuvre.

Keinan a rédigé ce rapport en collaboration avec 10 autres experts. Les résultats ont été présentés à la municipalité de Haïfa il y a plusieurs mois mais n’ont été rendu publics que le mois dernier.

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