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Le ministère de l’Education annonce une réforme du bac ; les enseignants agacés

Les changements portent sur l'enseignement et l'évaluation en histoire, littérature, éducation civique et études bibliques ; la ministre les estime nécessaires au monde moderne

La ministre de l'Éducation Yifat Shasha-Biton rend visite aux élèves de l'école Ramon à Modiin, le 12 octobre 2021. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)
La ministre de l'Éducation Yifat Shasha-Biton rend visite aux élèves de l'école Ramon à Modiin, le 12 octobre 2021. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

La ministre de l’Éducation, Yifat Shasha-Biton, a présenté mardi un projet de réforme du bagrout [équivalent du baccalauréat], en vertu duquel de nouvelles méthodes d’étude, de travail et d’évaluation pourraient prendre place.

Les épreuves écrites d’histoire, littérature, éducation civique et études bibliques seront annulés et remplacés par des projets de classe et des travaux pluridisciplinaires notés en interne par chaque école, en plus de l’évaluation externe.

Dans chacune de ces matières, les enseignants sélectionneront des projets pour les élèves de Seconde et de Première. Le bagrout comprendra de nouvelles matières et de tout nouveaux formats et les étudiants présenteront des projets individuels et seront évalués lors d’épreuves orales.

Les projets des élèves de Terminale doivent être évalués par un examinateur externe, avec une note finale globale composée de la note donnée par l’école et de celle de l’évaluateur externe, à parts égales. L’évaluation externe portera sur un travail écrit et une présentation de projet.

L’évaluation en mathématiques, anglais, langue et sciences se fera comme par le passé, avec des épreuves écrites externes.

Le nouveau programme doit être mis en œuvre l’année prochaine pour les élèves de Seconde.

Les élèves du Yehud Comprehensive High School passent leurs examens à Yehud le 8 juillet 2020. (Crédit : Yossi Zeliger / Flash90)

« Le monde d’aujourd’hui change rapidement et les études doivent s’adapter. Cela vaut également pour le baccalauréat », a affirmé Shasha-Biton. « Notre objectif est de donner aux étudiants des outils qui leur serviront à l’avenir dans le cadre personnel, universitaire et professionnel. Ils auront ainsi bénéficié d’apprentissages pertinents et approfondis, qui leur resteront longtemps en mémoire. »

Le Syndicat des enseignants d’Israël a indiqué ne pas s’être entendu avec le ministère de l’Éducation sur ces changements, en raison des objections du ministère des Finances.

La résistance du Trésor aux changements, précise le syndicat, témoignerait du « tort causé par la réforme aux sciences humaines et aux enseignants ».

Shasha-Biton a dit comprendre les craintes des enseignants quant à l’impact de la réforme sur leur salaire, mais les a assurés qu’il n’y aurait pas de dégradation de leurs conditions de travail ou de leurs revenus.

Dans un communiqué, la ministre s’est dite confiante qu’une fois rassuré par un engagement écrit, le syndicat apporterait son soutien à la réforme.

Ces examens peuvent avoir un impact significatif sur l’avenir d’un étudiant. Le score obtenu est en effet l’un des principaux critères examinés dans le cadre des demandes d’admission au sein d’unités militaires d’élite et d’universités.

Le certificat du bagrout est délivré aux étudiants qui réussissent les examens avec une note d’au moins 56/100 dans chaque matière.

La réforme du bagrout est le dernier changement significatif en date proposé par Shasha-Biton depuis sa nomination au poste de ministre de l’Éducation, en juin 2021.

En janvier, la ministre a annoncé des mesures visant à accorder davantage d’autonomie financière aux directeurs d’école. Selon ce dispositif, chaque directeur se verra allouer un budget compris entre 250 000 et 1 million de shekels, suivant la taille et le profil socio-économique de l’école, lui permettant de s’organiser pour atteindre ses objectifs éducatifs.

Israël centralise le processus décisionnel en matière d’éducation : les directeurs d’école sont quasiment dépourvus de toute marge de manœuvre. Avec ces mesures, qui devraient entrer en vigueur l’an prochain, ils auront davantage de flexibilité pour répondre aux besoins spécifiques de leurs élèves.

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