Le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn en Israël pour la première fois
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Le ministre des Affaires étrangères de Bahreïn en Israël pour la première fois

Arrivé à bord du premier vol de Gulf Air pour Tel Aviv, Abdullatif bin Rashid Al-Zayani participera à une réunion trilatérale avec Netanyahu et le secrétaire d'État américain

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi (à gauche) accueille son homologue du Bahreïn, Abdullatif al-Zayani, en Israël, le 18 novembre 2020. (Miri Shimonovich/MFA)
Le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi (à gauche) accueille son homologue du Bahreïn, Abdullatif al-Zayani, en Israël, le 18 novembre 2020. (Miri Shimonovich/MFA)

Le ministre des Affaires étrangères du Bahreïn a atterri à Tel Aviv mercredi matin pour une visite éclair, au cours de laquelle il rencontrera de hauts responsables israéliens et participera à une réunion trilatérale avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo.

Abdullatif bin Rashid Al-Zayani est le premier ministre de cette petite nation insulaire à visiter l’État juif. Son vol Gulf Air a atterri à l’aéroport Ben Gurion à 10h30, marquant le tout premier vol commercial sans escale de Bahreïn vers Israël. Il est rejoint par une délégation américaine de haut niveau, dirigée par le négociateur de paix de l’administration sortante, Avi Berkowitz.

La délégation d’Al-Zayani – qui comprend divers hauts fonctionnaires, dont un vice-ministre des Affaires étrangères, le chef de l’aviation civile du Bahreïn et quelques journalistes – a été accueillie à l’aéroport par le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi.

Lors d’une conversation privée devant la voiture d’al-Zayani, Ashkenazi a dit à son homologue bahreïni qu’il était très excité de l’accueillir en Israël. « C’est une visite historique », a-t-il dit.

Le ministre des Affaires étrangères Gabi Ashkenazi (à gauche) accueille son homologue du Bahreïn, Abdullatif al-Zayani, en Israël, le 18 novembre 2020. (Miri Shimonovich/MFA)

« Pour nous, c’est un événement considérable », a déclaré mardi un diplomate israélien qui s’occupe des relations avec les États du Golfe. « Il y a un grand enthousiasme de leur part pour faire avancer leur coopération avec nous – dans presque tous les domaines », a-t-il ajouté, notant que lors de la visite de M. Al-Zayani, la monarchie arabe et Israël signeront un certain nombre d’accords bilatéraux, notamment dans les domaines de l’aviation et de la coopération technologique.

« Une telle chose n’arrive pas tous les jours », a ajouté le diplomate. « Il existe un énorme potentiel économique à travers nos relations avec les EAU et le Bahreïn. Nombreux sont ceux qui, au sein du ministère des Affaires étrangères, ont travaillé à la création de ces relations pendant plus de 15 ans et qui sont aujourd’hui heureux, et c’est compréhensible, de pouvoir enfin en parler ouvertement. La visite de mercredi du ministre des Affaires étrangères de Bahreïn est le point culminant de ces efforts et ne doit pas être considérée comme acquise ».

Le mois dernier, lors d’une première visite historique à Manama, les responsables israéliens ont officiellement demandé à Bahreïn l’autorisation d’ouvrir une ambassade dans le pays. Jérusalem espère que la délégation du ministre des Affaires étrangères donnera officiellement le feu vert à Israël pour ouvrir une mission lors du voyage de mercredi.

L’agence de presse officielle du Bahreïn, BNA, a fait indiqué lundi que la visite « confirmerait la position forte et permanente du Bahreïn en faveur du soutien au processus de paix » et serait axée sur « les opportunités économiques et les accords bilatéraux avec Israël ».

Dans une certaine mesure, al-Zayani a été le visage public du processus de normalisation de Bahreïn avec Israël. Il a signé les accords dits d’Abraham et une « Déclaration de paix » avec Israël lors d’une cérémonie officielle le 15 septembre à la Maison Blanche.

Le 25 octobre, il a signé huit accords bilatéraux, dont un « communiqué conjoint sur l’établissement de relations diplomatiques, pacifiques et amicales » avec Israël lors d’une cérémonie à Manama.

« Nous saluons le gouvernement israélien pour sa réactivité dans la réalisation de cette étape historique », avait-il déclaré à l’époque.

Le ministre Bahreïni des Affaires étrangères Abdullatif bin Rashid al-Zayani, le conseiller israélien à la sécurité nationale Meir Ben Shabbat, le directeur-général du ministère israélien des Affaires étrangères Alon Ushpiz et d’autres officiels bahreïnis et israélien lors de la signature d’un accord de paix entre Israël et Bahreïn à Manama, au Bahreïn, le 18 octobre 2020. (Crédit : Matty Stern/Ambassade américaine de Jérusalem)

Après avoir quitté l’aéroport, Al-Zayani et Ashkenazi doivent participer à une réunion de travail au ministère des Affaires étrangères à Jérusalem et tenir une conférence de presse.

En début d’après-midi, le président Reuven Rivlin accueillera le haut diplomate bahreïni à sa résidence de Jérusalem, où il signera le livre d’or et prononcera une allocution devant la presse.

Peu après, M. al-Zayani se rendra au bureau du Premier ministre pour une série de réunions, dont une réunion individuelle avec Netanyahu et une réunion tripartite avec ce dernier et Pompeo. Ashkenazi assistera également à cette dernière réunion.

Le secrétaire d’État américain Mike Pompeo s’exprime lors d’une conférence de presse commune avec le premier ministre slovène (hors champ) après leur rencontre à Bled, dans les contreforts des Alpes juliennes, le 13 août 2020. (Jure Makovec/AFP)

Pompeo est actuellement en tournée dans sept pays, avec des escales en France, en Turquie, en Géorgie, en Israël, aux Émirats arabes unis, au Qatar et en Arabie saoudite.

Israël et Bahreïn signeront plusieurs accords bilatéraux.

Ashkenazi et Berkowitz, l’homme de confiance de l’administration américaine pour la normalisation israélo-arabe, se joindront à certaines des réunions. La délégation de Berkowitz comprend une poignée de hauts fonctionnaires du Conseil national de sécurité des États-Unis.

Après une nouvelle rencontre avec Ashkenazi vers 20h00, al-Zayani devrait retourner à Manama vers 22h30, après seulement 12 heures sur place.

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