Le négociateur de l’AP appelle Abbas à rejeter l’accord de paix américain
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Le négociateur de l’AP appelle Abbas à rejeter l’accord de paix américain

Pour Saeb Erekat, la proposition laisserait Israël contrôler la Cisjordanie, placerait la capitale palestinienne dans la banlieue de Jérusalem, exclurait le 'droit au retour'

Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas (à droite) et le responsable des négociations pour la paix, Saeb Erekat, signent une candidature pour intégrer les organismes de l'ONU, à Ramallah, en Cisjordanie, le mardi 1er avril 2014. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)
Le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas (à droite) et le responsable des négociations pour la paix, Saeb Erekat, signent une candidature pour intégrer les organismes de l'ONU, à Ramallah, en Cisjordanie, le mardi 1er avril 2014. (Crédit : Issam Rimawi/Flash90)

Un reportage télévisé diffusé vendredi a détaillé le plan de paix américain sur lequel le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, aurait été informé au début du mois de janvier, et auquel il répondait apparemment dans son récent discours enragé contre Israël et la Maison Blanche.

Selon le reportage de la Dixième chaîne, le principal négociateur palestinien, Saeb Erekat, a présenté à Abbas un document de 92 pages décrivant le plan de paix élaboré par l’administration Trump, qui inclurait un certain nombre de mesures précédemment rejetées par les Palestiniens. Erekat aurait exhorté Abbas à rejeter complètement le plan.

Le reportage semble correspondre à celui de Hadashot, diffusé plus tôt cette semaine, selon lequel un associé du chef de l’Autorité Palestinienne se serait rendu en Arabie Saoudite pour prendre connaissance des détails du plan de paix de Trump.

Le plan prévoit que la responsabilité globale de la sécurité en Cisjordanie reste entre les mains d’Israël, avec une présence militaire israélienne dans la vallée du Jourdain et dans les points stratégiques de la Cisjordanie. L’état palestinien serait démilitarisé avec une force de police forte, mais l’Etat juif maintiendrait le contrôle militaire ultime.

Il verrait également l’établissement d’une capitale palestinienne dans la banlieue de Jérusalem, avec Israël maintenant la liberté de culte pour toutes les religions dans les lieux saints de Jérusalem sous son contrôle.

Bien que le terme « préiphérie » ne soit pas clair, un article du New York Times du mois dernier indiquait que la proposition parlait d’une capitale palestinienne à Abu Dis, une ville de Cisjordanie à la périphérie de Jérusalem.

Les Palestiniens revendiquent Jérusalem-Est, qu’Israël a conquis à la Jordanie lors de la guerre des Six Jours en 1967, comme capitale de leur futur état.

Abu Dis (Crédit : Miriam Alster / Flash90)

Selon la chaîne de télévision, Erekat a déclaré à Abbas que, dans le cadre du plan de paix américain, Israël conserverait 10 % de la Cisjordanie, bien que les frontières définitives entre un Etat israélien et un Etat palestinien seraient élaborées entre les deux parties. Il n’est pas précisé quelles régions de la Cisjordanie Israël conserverait, bien qu’Israël ait longtemps soutenu que les blocs d’implantations devraient faire partie du pays dans le cadre de tout futur accord de paix.

Trump devrait annoncer son soutien à l’annexion israélienne de 10 % du territoire d’ici quelques mois. Israël aurait demandé 15 %, mais cela lui aurait été refusé.

Un calendrier sera établi pour les négociations, mais aucune date limite ne sera fixée pour le retrait de l’armée israélienne de la Cisjordanie une fois qu’un accord aura été conclu : le rythme d’un retrait israélien serait déterminé par la capacité des Palestiniens à maintenir la sécurité.

Dans le cadre de l’accord, les Palestiniens recevraient le contrôle de certaines parties de l’aéroport Ben Gurion et des ports d’Ashdod et de Haïfa, bien que le contrôle de la sécurité resterait entre les mains d’Israël. De plus, les parties établiraient un passage régulier entre la Cisjordanie et la bande de Gaza – sous contrôle israélien.

Les pays reconnaîtraient Israël comme « la patrie nationale du peuple juif », alors qu’un état palestinien serait « la patrie nationale du peuple palestinien », a précisé la Dixième chaîne.

La police des frontières au checkpoint de Qalandiya, le 23 octobre 2012. Illustration. (Crédit : Oren Nahshon/Flash90)

Selon la Dixième chaîne, Erekat a exhorté Abbas à rejeter l’accord d’emblée, affirmant qu’il s’agissait d’une tentative des Etats-Unis d' »imposer des diktats » concernant sa vision d’un accord de paix.

« Nous n’avons aucune raison d’attendre un plan américain qui, dans la pratique, maintiendra le statu quo et légitimera les colonies tout en établissant une autonomie éternelle « plutôt qu’un Etat à part entière, aurait écrit Erekat selon le rapport.

Les responsables de la Maison Blanche ont déclaré à la Dixième chaîne que les détails du prétendu plan de paix américain décrit par Erekat étaient inexacts. Les responsables ont ajouté qu’il était regrettable que certaines personnes cèdent à la tromperie et à la provocation en ce qui concerne le plan Trump, qui n’est même pas encore finalisé.

Les commentaires d’Erekat sont inexacts, auraient déclaré les responsables selon le reportage télévisé, et les Palestiniens ne devraient pas réagir sur le plan Trump en fonction de ces commentaires. Ils ont indiqué qu’ils continuaient à travailler sur un plan qui servirait les intérêts des deux parties.

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