Le nouveau gouvernement de l’Argentine annule l’accord sur l’AMIA avec l’Iran
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Le nouveau gouvernement de l’Argentine annule l’accord sur l’AMIA avec l’Iran

Le président Macri retire l'appel de la décision du tribunal déclarant l'accord inconstitutionnel

Buenos Aires – Le nouveau gouvernement d’Argentine a, de manière effective, rendu nul et non avenu l’accord avec l’Iran qui stipulait que les deux pays enquêteront conjointement sur l’explosion qui a détruit le centre juif dans la capitale argentine.

Dès sa première semaine à la tête de l’Etat, le gouvernement du président Mauricio Macri a retiré l’appel déposé par le gouvernement précédent, dirigé par Cristina Fernandez de Kirchner, contre une décision de la Cour fédérale de 2013 qui avait décidé que l’accord était inconstitutionnel. Macri et son gouvernement ont prêté serment jeudi.

Après son élection, le mois dernier, Macri avait promis d’annuler le pacte, qui a été critiqué par Israël et les Juifs d’Argentine, entre autres. L’Iran a été accusé d’être derrière l’attentat contre le centre AMIA, qui a tué 85 et blessé des centaines d’autres personnes en 1994.

Lundi, les avocats du ministère de la Justice ont présenté une requête pour un retrait de l’appel de la décision du tribunal déposé l’année dernière quand les juges fédéraux de l’Argentine ont déclaré que la coopération entre le gouvernement et l’Iran sur l’enquête sur l’attaque terroriste du centre de Buenos Aires était inconstitutionnelle.

Le nouveau président argentin, Mauricio Macri, s'adressant à la presse de la résidence présidentielle Olivos, à Buenos Aires, où il est arrivé pour rencontrer la présidente sortante, Cristina Fernandez de Kirchne, le 24 novembre 2015 (Crédit : Juan Mabromata / AFP)
Le nouveau président argentin, Mauricio Macri, s’adressant à la presse de la résidence présidentielle Olivos, à Buenos Aires, où il est arrivé pour rencontrer la présidente sortante, Cristina Fernandez de Kirchne, le 24 novembre 2015 (Crédit : Juan Mabromata / AFP)

L’AMIA et l’Argentine, et le groupe politique juif, DAIA, avaient déposé une requête auprès de la cour contre la coopération avec l’Iran en raison des preuves liant les anciens représentants du gouvernement iranien à l’attentat.

Le nouveau ministre de la Justice argentin, German Garavano, a informé les médias de la décision vendredi.

« Nous donnons l’instruction à nos avocats aujourd’hui de cesser l’appel lundi », a déclaré Garavano seulement un jour seulement après avoir prêté serment.

Le président du DAIA, Julio Schlosser, qui a cédé sa place lundi à Ariel Cohen Sabban au poste de leader de la communauté juive argentine, était ravi.

« Ces nouvelles sont excellentes, non seulement pour le DAIA, mais aussi pour la société argentin », a déclaré Schlosser.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a également salué l’action.

« Ceci est un changement bienvenu de direction, et je l’espère, nous allons voir une amélioration significative des relations argentino-israéliennes ainsi que d’un changement pour le meilleur dans les relations avec d’autres pays en Amérique du Sud dans les années à venir », a déclaré dimanche Netanyahu au cours de la réunion hebdomadaire de son cabinet.

Le pacte, signé par l’ancien ministre des Affaires étrangères juif de l’Argentine, Hector Timerman, et son homologue iranien, a proposé la création d’une commission mixte pour aider à résoudre l’enquête sur le bombardement.

La présidente de l'argentine Cristina Kirchner (à gauche), à Buenos Aires, le 19 septembre 2012, et le défunt procureur de la République de l'Argentine, Alberto Nisman, (à droite), à Buenos Aires, le 20 mai 2009 (Crédit : Juan Mabromata / AFP)
La présidente de l’argentine Cristina Kirchner (à gauche), à Buenos Aires, le 19 septembre 2012, et le défunt procureur de la République de l’Argentine, Alberto Nisman, (à droite), à Buenos Aires, le 20 mai 2009 (Crédit : Juan Mabromata / AFP)

En novembre 2013, le défunt procureur Alberto Nisman, qui était en charge de l’affaire de l’AMIA, a demandé à un juge fédéral de faire déclarer l’accord comme étant inconstitutionnel, affirmant que l’accord avec l’Iran « constitue une ingérence injustifiée de l’exécutif ».

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