Le Palestinien en grève de la faim depuis juin est entré dans le coma
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Le Palestinien en grève de la faim depuis juin est entré dans le coma

Mohammed Allaan, en détention administrative, sur des soupçons d'activités terroristes, a passé 59 jours sans nourriture solide

Maazouze, la mère de Mohammed Allaan, un prisonnier palestinien avait fait une grève de la faim à long terme, porte un portrait de son fils lors d'un rassemblement appelant à sa libération dans la ville israélienne de Beer Sheva, le 9 août 2015 (Crédit photo: Ahmad Gharabli / AFP)
Maazouze, la mère de Mohammed Allaan, un prisonnier palestinien avait fait une grève de la faim à long terme, porte un portrait de son fils lors d'un rassemblement appelant à sa libération dans la ville israélienne de Beer Sheva, le 9 août 2015 (Crédit photo: Ahmad Gharabli / AFP)

Mohammed Allaan, un Palestinien détenu par Israël et en grève de la faim depuis environ 60 jours, a sombré dans le coma, ont indiqué vendredi son avocat et le Club des prisonniers, une organisation palestinienne.

L’information n’a pas été confirmée côté israélien.

Aalan, accusé d’appartenir au Djihad islamique, une organisation terroriste, et d’activité terroriste, a entamé sa grève de la faim le 18 juin, selon le Club des prisonniers, et en était donc vendredi à son 58ème jour. Il est hospitalisé au Centre médical Barzilai à Ashkelon.

Allaan a entamé sa grève de la faim pour protester contre la détention sans procès qui s’applique en vertu des dispositions anti-terroristes spéciales appelées « détention administrative », qui permettent l’incarcération indéfinie d’une personne en tant que mesure préventive lorsque les renseignements tendent à faire penser que cette personne s’adonne à des activités terroristes.

Le 30 juillet, la Knesset a adopté une loi permettant l’alimentation de force des détenus en grève de la faim. Les organisations de médecins avaient annoncé qu’ils refuseraient de procéder à cette pratique, qui, selon eux contrevient à l’éthique médicale.

Allaan est actuellement sous sédation et reçoit de l’oxygène. Son état s’est détérioré au cours de la dernière journée, il a commencé à avoir des spasmes et des hallucinations, et les médecins ont dû le réanimer vendredi, selon des responsables hospitaliers.

« J’ai été informé hier soir par l’hôpital (israélien) où il est détenu qu’il est tombé dans le coma », a dit à l’AFP son avocat Jamil al-Khatib.

Allaan a été transféré à Barzilai cette semaine du centre médical Soroka de Beer Sheva après que le comité d’éthique de Soroka ait annoncé qu’il n’imposerait pas de traitement sur le prisonnier.

« Mohammed Aalan est tombé dans le coma et est désormais placé sous respirateur artificiel », a dit à l’AFP Amani Sarahneh, le porte-parole du Club des prisonniers.

Son avocat a dit que les autorités israéliennes ont l’intention de le nourrir de force. Le recours à cette mesure très controversée risque d’ajouter aux tensions entre Israéliens et Palestiniens et dans les prisons israéliennes. Il faudrait en outre que les Israéliens trouvent des médecins acceptant de nourrir de force Mohammed Allaan. Or l’Association médicale israélienne, qui représente les médecins israéliens, est fermement opposée au procédé.

Un porte-parole de l’administration pénitentiaire, interrogé par l’AFP, a dit ne pas avoir connaissance de ces informations.

Son sort devient un casse-tête de plus en plus compliqué pour les autorités israéliennes. Il suscite une mobilisation de plus en plus généralisée dans l’opinion palestinienne.

La police et l’armée israéliennes étaient en état d’alerte vendredi à travers Jérusalem et la Cisjordanie en prévision de la traditionnelle journée de mobilisation dans les Territoires palestiniens.

La députée Hanin Zoabi de la Liste arabe unie a déclaré dans un communiqué vendredi qu’elle se rendait à Barzilai pour être avec Allaan alors que son état se détériore.

Les détenus en détention administrative peuvent faire appel de leur incarcération auprès de la Haute Cour de justice, mais ne sont pas présents lors de l’audience ou n’ont pas accès aux preuves contre eux.

Plusieurs dizaines de Palestiniens en détention administrative pour des soupçons d’activités terroristes ont annoncé ces derniers jours qu’ils commenceraient aussi des grèves de la faim.

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