Le parti extrémiste Noam se retire de la course deux jours avant le scrutin
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Le parti extrémiste Noam se retire de la course deux jours avant le scrutin

La liste anti-LGBT reconnaît n'avoir que de faibles chances d'entrer au Parlement, se félicitant toutefois d'avoir attiré l'attention nationale sur ses problématiques

Des affiches de campagne du parti Noam, aux abords de Tel Aviv,. (Crédit : parti Noam)
Des affiches de campagne du parti Noam, aux abords de Tel Aviv,. (Crédit : parti Noam)

Un parti religieux d’extrême-droite a annoncé dimanche qu’il se retirait de la course électorale à la Knesset, à quarante-huit heures du scrutin, suite aux efforts intenses livrés par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, son Likud et d’autres factions de droite pour éviter que des votes précieux en faveur du bloc de droite ne soient perdus pour le compte de ce parti marginal.

Ce parti religieux conservateur et extrémiste est resté, dans les sondages, bien en-deçà du seuil électoral de 3,25 % nécessaire pour intégrer la Knesset. Il a fait de la lutte contre l’acceptation des LGBT le cœur de son programme, s’opposant de même à la zone mixte de prière au mur Occidental.

Il avait financé des campagnes d’affichage provocatrices ainsi que des vidéos avec le slogan « Israël choisit d’être normal », clamant que la communauté gay « forçait son ordre du jour » sur le reste de la société israélienne. Il avait aussi comparé les LGBT et les Juifs réformés aux nazis.

Netanyahu et le Likud ont exercé des pressions sur de plus modestes formations de droite pour qu’elles fusionnent ou se retirent du scrutin du 17 septembre pour empêcher que des votes ne soient « gaspillés » si elles échouaient à franchir le seuil électoral.

Les élections s’avèrent être très serrées.

Noam a fait savoir dans un communiqué que sa décision de quitter la course électorale avait été prise lors d’une réunion organisée à son siège dans la journée de dimanche, après que des études approfondies ont montré que le parti manquerait du soutien nécessaire pour entrer à la Knesset.

Une vidéo du parti extrémiste homophobe Noam clamant que les Juifs réformés et les homosexuels tentent de continuer le travail de destruction du peuple juif des nazis. Le texte en hébreu dit, « Ils imposent l’assimilation – pour nous faire disparaître de la carte ». (Capture écran Twitter)

Le parti a ajouté qu’il n’avait passé d’accord avec aucun autre parti et qu’il n’accordait pas son soutien à un parti en particulier. Il a ajouté qu’il n’envisageait pas de se dissoudre et qu’il continuerait à faire campagne hors de la Knesset avec pour objectif d’intensifier sa force au cours de futures élections.

« Noam est là et restera là », a commenté le président de la formation, Dror Aryeh, clamant qu’environ 70 000 personnes avaient signé une pétition en soutien au mouvement et que 250 000 personnes avaient songé à lui apporter leurs suffrages.

« Il est indubitable que c’est une réussite énorme », a-t-il ajouté. « Nous sommes parvenus, avec l’aide de Dieu, à faire figurer à l’ordre du jour l’histoire que tout le monde tente de taire. Nous avons réussi, avec des centaines de bénévoles, à révéler à la nation d’Israël la tentative de la part d’identités étrangères de prendre le contrôle du pays et de démanteler nos valeurs de base en tant que nation et en tant qu’Etat ».

« La distance que nous avons parcourue en deux mois n’est rien de moins qu’étonnante », a déclaré pour sa part le numéro deux du mouvement, Eldad Rabinowitz.

« Un nouveau parti que personne ne connaissait est devenu l’une des formations les plus débattues pour les élections. Nous avons une grande confiance dans la voie à suivre mais le temps court dont nous avons disposé ne nous a pas laissé la possibilité de convaincre nos partisans potentiels de notre capacité à franchir le seuil électoral ».

Itamar Ben-Gvir du parti Otzma Yehudit , à une conférence à Jérusalem le 2 septembre 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Selon les médias en hébreu, les conseillers de Netanyahu auraient salué cette décision, la qualifiant de « bonne nouvelle pour les électeurs de droite ».

« Les dirigeants de Noam ont compris que la seule chose qu’il risquait de se passer, si le parti restait dans la course jusqu’à la fin, serait de brûler des votes de droite », auraient-ils dit.

Le ministre de l’Education Rafi Peretz, de l’alliance Yamina, a exprimé un sentiment similaire, disant dans un communiqué : « Je salue les dirigeants de Noam pour leur sens de la responsabilité et pour avoir quitté la course électorale ».

Le départ de Noam pourrait potentiellement renforcer le soutien apporté à un autre parti d’extrême-droite, Otzma Yehudit, formation kahaniste qui, selon plusieurs sondages réalisés la semaine dernière, pourrait remporter quatre sièges à la Knesset. Le mouvement subit les pressions de Netanyahu – qui dit qu’il ne franchira pas le seuil électoral – pour qu’il se retire du scrutin.

« Le départ de Noam est un moment décisif dans ces élections », a commenté Otzma Yehudit. « Le retrait de Noam renforce Otzma Yehudit au vu de la campagne de siphonnage des votes menée par le Likud et Yamina, et garantit qu’Otzma Yehudit entrera à la Knesset. Ce départ transfère presque un siège entier d’électeurs idéologiques, qui ne voteront pas naturellement pour le [candidat de Yamina, Naftali] Bennett ou pour Netanyahu ».

« Nous attendons dorénavant du Likud et de Yamina qu’ils mettent un terme aux querelles internes et qu’ils montrent suffisamment le sens des responsabilité pour sauver le bloc de droite », a-t-il ajouté.

Raoul Wootliff et Stuart Winer ont contribué à cet article.

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