Le parti travailliste approuve le plan de retrait unilatéral de Herzog
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Le parti travailliste approuve le plan de retrait unilatéral de Herzog

Le chef de l'opposition affirme que, sans une « séparation » de la Cisjordanie, le pays perdrait son caractère juif et démocratique

Le chef de file du parti travailliste Isaac pendant une convention du parti à Tel-Aviv, le 7 février 2016. (Crédit : Flash90)
Le chef de file du parti travailliste Isaac pendant une convention du parti à Tel-Aviv, le 7 février 2016. (Crédit : Flash90)

Le parti travailliste israélien a officiellement adopté dimanche la proposition de son chef, Isaac Herzog, appelant au retrait d’Israël de la Cisjordanie.
 
Dans un geste considéré par beaucoup comme un virage à droite du chef de file du parti de centre-gauche, Herzog avait le mois dernier demandé un retrait israélien plutôt que de s’engager dans des négociations de paix. Le parti travailliste est l’un des deux partis – avec Hatnua – composant l’Union sioniste, le principal groupe parlementaire de l’opposition.

Un communiqué publié dimanche soir par le parti affirme que « pour la première fois depuis des décennies », il avait « adopté un plan complet et détaillé concernant la politique de sécurité. »

« Seule une séparation entre nous permettra de maintenir une majorité juive en Israël, » a déclaré Herzog lors de la présentation de son plan à une conférence du parti travailliste à Tel Aviv.

Un retrait israélien de Cisjordanie empêcherait l’ « infiltration de terroristes et renforcerait la sécurité, » a-t-il dit.

Selon son plan, la barrière de sécurité en Cisjordanie incluerait en Israël les grands blocs d’implantations.

Herzog a soutenu que la « vision » pour la paix et la solution à 2 Etats n’était pas morte, mais que « ça ne va pas se passer demain ».

« Israël est en guerre, Il ne s’agit pas d’une vague de terrorisme, c’est la troisième Intifada. Chaque jour, un autre Israélien est tué, et, malheureusement, la situation sécuritaire semble se détériorer. Je ne suis pas prêt à accepter cette réalité, ni à m’y habituer », a-t-il dit.

« Si l’idée de désengagement mourrait, ce sera aussi le cas de l’Etat d’Israël – il cessera d’être un Etat juif. Un Etat séparé pour les Palestiniens est la seule chance d’Israël de rester un pays juif et démocratique avec des frontières définissables. Ceci est dans notre intérêt », a poursuivi Herzog.

Fustigeant le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas comme des leaders avec lesquels aucun progrès n’est possible, il a dit : « Netanyahu et Abbas sont réticents à changer la réalité terrible que nous vivons aujourd’hui. »

Herzog a affirmé que les deux dirigeants ont repoussé au mois d’août de l’année dernière ses avertissements au sujet de la possibilité d’une troisième Intifada.

« Israël n’a pas de Premier ministre qui fonctionne, » a-t-il dit de Netanyahu. « Dans une maison de la rue Balfour vit un homme paralysé par la peur. Sous son lourd maquillage et sa coiffure soignée, se cache un Netanyahu peureux. »

Herzog a récemment proposé son plan à Tel-Aviv, lors de la conférence de l’INSS – l’Institut d’études de sécurité nationale; et à Rome, au secrétaire d’Etat américain John Kerry, à qui il a dit que la séparation est la seule façon d’avancer avec les Palestiniens.

Kerry a exprimé son intérêt pour le plan, bien que le Département d’Etat ait déclaré que le secrétaire n’avait pas de plans visant à visiter la région pour relancer les pourparlers de paix dans un proche avenir.

Shelly Yachimovich, une ancienne dirigeante du Parti travailliste qui est considérée comme une rivale potentielle pour Herzog dans la prochaine course à la direction, l’a vivement critiqué au sujet de sa proposition.

Soulignant l’importance des négociations, en particulier lors de l’actuelle vague de violence, Yachimovich à repondu au micro de la radio publique, que le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas n’est peut-être pas un « amoureux de Sion », Israël pourrait se trouver devant sa « dernière opportunité de discuter avec un dirigeant palestinien laïc, pragmatique, et nous ne pouvons pas laisser passer cette opportunité et faire le jeu du [Premier ministre Benjamin] Netanyahu ».

Egalement dimanche, dans une tentative apparente de conjurer un défi majeur pour son leadership, Herzog a réussi à repousser les élections primaires du parti à plus tard cette année.

Lors de la conférence, les membres du parti ont voté en faveur de la proposition de Herzog – de revoir la décision concernant la date de l’élection de sa direction lors d’une réunion du parti prévue en mai.

ברוב מרגש וגיבוי אמיתי עברה עכשיו תוכנית ההפרדה שלי ואושרה על ידי חברותיי וחברי למפלגה. תודה לכם חברות וחברים.זה מאבק …

Posted by ‎יצחק (בוז'י) הרצוג – Isaac Herzog‎ on Sunday, 7 February 2016

Des sources proches du parti ont déclaré au site d’information Maariv que, à la réunion de mai, l’élection risquait d’être repoussée à nouveau.

Le parti a un long passé de querelles internes pour la direction du parti, avec plus de 10 changements de direction dans les deux dernières décennies.

La proposition de Herzog vise à contrecarrer les eventuelles tentatives de le renverser par le maire Tel Aviv Ron Huldai, Yachimovich et le député Amir Peretz, dont on dit qu’ils pourraient envisager de vouloir conquérir la direction du parti.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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