Yachimovich tacle Herzog pour son virage “à droite”
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Yachimovich tacle Herzog pour son virage “à droite”

L’ancienne dirigeante du Parti travailliste dit que son successeur fait le jeu de Netanyahu en rejetant la mise en place d’un État palestinien

La députée de l'Union sioniste Shelly Yachimovich à la Knesset, le 8 juin 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
La députée de l'Union sioniste Shelly Yachimovich à la Knesset, le 8 juin 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

La députée de l’Union sioniste Shelly Yachimovich a critiqué fortement dimanche matin le dirigeant de son parti à la Knesset, Isaac Herzog, pour sa proposition de se désengager unilatéralement des territoires de Cisjordanie plutôt que de s’engager dans des négociations avec les Palestiniens.

« Avec une coalition traînée par des gens comme [le député HaBayit HaYehudi Bezalel] Smotrich et [le député Likud Oren] Hazan, le Parti travailliste doit offrir une alternative politique, pas simplement abandonner et utiliser l’affirmation classique de la droite qu’il ‘n’y a personne à qui parler’ », a-t-elle déclaré à la radio publique israélienne.

Le Parti travailliste est l’un des deux partis de centre gauche, avec Hatnua, à former l’Union sioniste.

Yachimovich, ancienne dirigeante du Parti travailliste et qui est vue comme un successeur probable de Herzog, a souligné l’importance des négociations, particulièrement pendant la vague actuelle de terrorisme, déclarant qu’alors que le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas peut ne pas être un « amoureux de Sion », Israël pourrait affronter sa « dernière opportunité de discuter avec un dirigeant palestinien laïc, pragmatique, et nous ne pouvons pas perdre cette opportunité et faire le jeu du [Premier ministre Benjamin] Netanyahu ».

Herzog a déclaré à la radio militaire mercredi que la solution à deux États n’est pas une option réaliste pour le moment.

« Il y a besoin d’initier des mesures de sécurité qui épousent la réalité du terrain, et cela signifie la séparation d’avec les Palestiniens », a-t-il déclaré. Herzog a continué en adoptant un plan comprenant de finir la barrière de sécurité de Cisjordanie et de « séparer physiquement » les villages palestiniens entourant Jérusalem de la capitale.

La solution à deux États n’est pas « une option réaliste dans un futur proche », a-t-il déclaré, ajoutant que s’il devait être élu Premier ministre, sa coalition se concentrerait sur la mise en place de mesures de sécurité plutôt que sur un accord bilatéral.

Le président français François Hollande (à droite) avec le dirigeant du parti de l'Union sioniste, Isaac Herzog après une réunion à Paris, au palais de l'Elysée, le 22 janvier 2016. (Crédit : AFP / ERIC FEFERBERG)
Le président français François Hollande (à droite) avec le dirigeant du parti de l’Union sioniste, Isaac Herzog après une réunion à Paris, au palais de l’Elysée, le 22 janvier 2016. (Crédit : AFP / ERIC FEFERBERG)

« Je ne vois pas de possibilités maintenant de mettre en place la solution à deux états, a-t-il déclaré. J’aspire à cela, je veux avancer vers cela, je veux des négociations, je signe pour cela et je suis obligé de faire ainsi, mais je ne vois pas de possibilités de le faire maintenant. »

Herzog a fait des remarques similaires la semaine dernière à la conférence de l’institut pour les études de sécurité nationale à Tel Aviv, et pendant une réunion ultérieure avec le président français François Hollande.

« Je souhaite nous séparer d’autant des Palestiniens que possible, aussi vite que possible », avait-il déclaré à la foule d’experts diplomatiques et sécuritaires. « Vous existez là-bas, et nous existons ici. »

Ces commentaires ont largement été perçus comme un virage rhétorique tranchant vers la droite du dirigeant de l’Union sioniste.

Dans son entretien de dimanche avec la radio publique israélienne, Yachimovich a également soutenu le ministre de la Défense Moshé Yaalon dans son expulsion de résidents israéliens de propriétés contestées dans la ville de Hébron, en Cisjordanie, déclarant qu’il était un dirigeant responsable et équilibré.

Raoul Wootliff a contribué à cet article.

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