Le passé politique de Chatillon ne semble pas gêner le numéro 2 du FN
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Le passé politique de Chatillon ne semble pas gêner le numéro 2 du FN

L'ex-patron du Gud est accusé d'exprimer - encore récemment - des positions antisémites, voire de vouer une admiration pour le nazisme

Florian Philippot lors de la présentation du programme présidentiel du FN, à Paris, le 19 novembre 2011. (Crédit : Gauthier Bouchet/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)
Florian Philippot lors de la présentation du programme présidentiel du FN, à Paris, le 19 novembre 2011. (Crédit : Gauthier Bouchet/CC BY-SA 3.0/WikiCommons)

Florian Philippot, vice-président du Front national, a estimé vendredi que « tout le monde pouvait évoluer dans sa vie », alors que le FN salarie pour la campagne présidentielle Frédéric Chatillon, ex-patron du Gud accusé d’exprimer encore récemment des positions antisémites.

Alors qu’on lui demandait sur franceinfo si le « passé politique » de M. Chatillon ne le « gênait pas », M. Philippot a interrogé : « Si vous parlez du Gud », syndicat d’extrême droite violent que M. Chatillon dirigeait au début des années 1990, « il y a les gentils Gud et les méchants Gud ? ».

Le numéro deux du FN faisait là une référence à Anne Méaux, responsable de la communication de François Fillon. Au début des années 1970, « elle était au Gud, elle, y’a pas de problème. D’anciens ministres sont venus de là. (Frédéric Chatillon), parce qu’il est du côté de Marine Le Pen, c’est un grand méchant. Ca s’appelle du deux poids, deux mesures », a-t-il jugé.

« Soit tout le monde est un grand méchant ; soit on estime que tout le monde peut évoluer dans sa vie, qu’on a pas forcément les mêmes engagements qu’à 20 ans », a insisté le bras droit de Marine Le Pen.

Et puis M. Chatillon « n’est pas élu, il n’est pas cadre, il est rien. Tous les ans, avant les élections, on se refocalise sur lui (…) pour ne pas parler du fond ».

Frédéric Chatillon, ami de Marine Le Pen, est salarié dans la campagne présidentielle FN, chargé de la coordination des imprimés et du web.

Il est considéré par la justice comme le personnage central du système organisé par le FN depuis 2011 pour ses campagnes électorales, ce qui lui vaut, dans deux enquêtes distinctes, un renvoi en correctionnelle et une mise en examen.

Dans un livre récent, « Marine est au courant de tout » (Flammarion), relayé par un Envoyé Spécial sur France 2, de nouveaux témoignages accusent M. Chatillon d’antisémitisme, voire de vouer une admiration pour le nazisme.

Un de ces témoins, l’eurodéputé ex-FN Aymeric Chauprade, a confirmé ces accusations à l’AFP, évoquant « l’antisémitisme viscéral » de M. Chatillon ou d’Axel Loustau, l’une de trois personnes chargées des finances de la campagne de Marine Le Pen et un conseiller régional FN en Île-de-France.

Un autre élu FN en rupture avec le parti a déclaré jeudi à l’AFP sous couvert d’anonymat qu’ils étaient « toujours néo-nazis ».

M. Chatillon et Loustau ont vigoureusement démenti ces accusations.

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