Le policier accusé d’avoir blessé un militant témoigne devant les enquêteurs
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Le policier accusé d’avoir blessé un militant témoigne devant les enquêteurs

La police nie avoir agressé physiquement le militant arabe israélien Jafar Farah après son arrestation lors d'une manifestation pro-Gaza à Haïfa

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Jafar Farah, un employé d'une ONG arabo-israélienne, allègue qu'un policier lui a cassé le genou après son arrestation. (Capture d'écran : Twitter)
Jafar Farah, un employé d'une ONG arabo-israélienne, allègue qu'un policier lui a cassé le genou après son arrestation. (Capture d'écran : Twitter)

Le policier accusé d’avoir brisé le genou d’un militant des droits de l’homme arabe israélien en garde à vue a témoigné mardi devant les enquêteurs chargés de faire la lumière sur l’incident.

L’officier, qui n’a pas été nommé, a été interrogé en tant que témoin, assisté par le Département des enquêtes internes de la police du ministère de la Justice concernant les événements entourant l’agression présumée de Jafar Farah, directeur de l’ONG Mossawa, le Centre de défense des citoyens arabes en Israël.

Farah a été arrêté avec 20 autres personnes lors d’un rassemblement de solidarité avec la bande de Gaza ce week-end à Haïfa, qui a depuis lors lancé des accusations de violence policière contre les manifestants. Il a affirmé que l’agent de police lui avait donné un coup de pied dans la jambe, lui brisant le genou, alors qu’il était incarcéré dans un centre de détention vendredi soir.

L’officier a nié avoir fait usage de la force physique contre Farah. D’autres policiers qui étaient avec Farah alors qu’il était en garde à vue ont également témoigné mardi, soutenant que l’activiste n’avait pas été blessé par l’officier en question, et suggérant plutôt qu’il s’était blessé à la jambe pendant les bagarres lors de la manifestation, a rapporté Haaretz.

La vidéo de son arrestation vendredi montre Farah en train d’être emmené menotté, marchant par ses propres moyens.

Le ministre de la Sécurité publique Gilad Erdan, qui est responsable de la police israélienne, a déclaré que « nous sommes convaincus que le département des enquêtes internes de la police terminera son enquête rapidement et de manière professionnelle, et dissipera les doutes qui planent sur l’incident ».

Le chef de la police Roni Alsheich, qui était avec Erdan lors d’une cérémonie de la police à Tirat Carmel, a déclaré mardi que « tous les contrevenants ont des réclamations contre les policiers, et les réclamations doivent être vérifiées ».

L’employé arabe israélien d’une ONG Jafar Farah arrêté par la police lors d’une manifestation contre les actions israéliennes à Gaza, à Haïfa, le 18 mai 2018 (Capture d’écran : /Twitter)

« Vous devez faire la distinction entre la manifestation, qui était violente et non légitime – et il y a des membres de la communauté arabe qui étaient gênés par ce qui se passait là-bas – et le fait que la police doit faire respecter la loi. Chaque fois qu’on prétend qu’une transgression a été commise, on fait intervenir les enquêtes internes. »

M. Alsheich a déclaré qu’il n’a pas encore reçu d’informations de la part du département des enquêtes internes qui pourraient justifier de nouvelles mesures.

La Dixième chaîne a signalé qu’au moins 10 des personnes arrêtées lors de la manifestation étaient censées déposer des plaintes contre la police.

Mardi, l’Union européenne a demandé l’ouverture d’une enquête sur l’affaire Farah. L’implication de l’UE est intervenue après que le député Youssef Jabareen de la Liste arabe unie a rencontré lundi soir l’ambassadeur de l’UE en Israël Emanuele Giaufret pour attirer son attention sur la question, a rapporté la chaîne Hadashot.

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