L’UE exhorte Israël à ne pas expulser le représentant de Human Rights Watch
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L’UE exhorte Israël à ne pas expulser le représentant de Human Rights Watch

Bruxelles a averti Jérusalem de ne pas "rejoindre la liste des pays" qui refusent la présence de HRW, et demande une enquête sur un activiste arabe d'une ONG blessé à Haïfa

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le directeur de Human Rights Watch pour Israël et la Palestine, Omar Shakir, un citoyen américain, est assis dans son bureau dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 9 mai 2018. (ABBAS MOMANI/AFP)
Le directeur de Human Rights Watch pour Israël et la Palestine, Omar Shakir, un citoyen américain, est assis dans son bureau dans la ville de Ramallah, en Cisjordanie, le 9 mai 2018. (ABBAS MOMANI/AFP)

L’Union Européenne a incité mardi le gouvernement à ne pas expulser le responsable de Human Rights Watch, avertissant Israël de ne pas « rejoindre la petite liste des pays » qui ont expulsé les activistes des droits de l’homme.

L’UE a également appelé le gouvernement israélien à enquêter sur l’événement de la semaine dernière au cours duquel un activiste arabe des droits de l’homme manifestant contre les actions israéliennes à la frontière de Gaza a été blessé, alors qu’il était en garde à vue par la police.

« Le soutien aux défenseurs des droits de l’homme fait partie intégrante de la politique de l’Union Européenne sur les droits de l’homme. Les défenseurs des droits de l’homme représentent des alliés naturels et indispensables à la promotion des droits de l’homme dans leurs pays respectifs », a déclaré la porte-parole de l’UE Maja Kocijancic.

Au nom de son possible soutien au boycott d’Israël, le ministère de l’Intérieur a annoncé plus tôt ce mois-ci qu’il révoquait le permis d’entrée d’Omar Shakir, le directeur Israël et Palestine de l’HRW, qui est citoyen américain, et lui a donné l’ordre de quitter le pays dans les 14 jours.

Shakir a contesté la décision, mais le parquet de Jérusalem a rejeté son appel, insistant pour qu’il quitte le territoire avant le 24 mai.

« L’Union Européenne attend que les autorités israéliennes changent leur décision, puisqu’autrement Israël rejoindrait une très petite liste de pays qui ont interdit d’entrée, ou expulse, du personnel de Human Rights Watch », a dit Kocijanic.

« En outre, il sera également important, avec le soutien du gouvernement israélien, de mener une enquête rapide sur les circonstances entourant les événements de la semaine dernière à Haïfa qui ont apparemment causé de graves blessures à Jafar Farah, directeur de l’ONG Mossawa, le Centre de défense des citoyens arabes en Israël », a-t-elle ajouté dans son communiqué.

Jafar Farah, un employé d’une ONG arabo-israélienne, qui prétend qu’un policier lui a cassé le genou après son arrestation, devant le tribunal le 20 mai (Capture d’écran de Hadashot).

« L’Union Européenne continue de promouvoir un environnement ouvert et favorable à la société civile, en Europe, en Israël, dans les territoires palestiniens occupés [sic] et à travers le monde ».

Des officiels israéliens ont réprimé des groupes perçus comme soutenant la campagne globale du BDS qui vise à faire pression sur Israël quant à ses politiques envers les Palestiniens.

L’année dernière, la Knesset a adopté une loi interdisant aux boycotteurs d’Israël et des implantations en Cisjordanie d’entrer dans le pays. Toutefois, la loi laisse encore au ministre de l’Intérieur une marge de manœuvre pour faire des exceptions.

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