Le président argentin exprime ses doutes sur la mort du procureur Nisman
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Le président argentin exprime ses doutes sur la mort du procureur Nisman

Le 18 janvier 2015, Alberto Nisman, qui enquêtait sur un attentat contre la communauté juive, avait été trouvé mort dans son appartement de Buenos Aires la veille d'une audition

Alberto Nisman, le procureur décédé qui enquêtait sur l'attentat à la bombe de 1994 contre le centre communautaire juif d'AMIA, s'exprime aux journalistes à Buenos Aires, en Argentine, le 29 mai 2013. (AP Photo / Natacha Pisarenko)
Alberto Nisman, le procureur décédé qui enquêtait sur l'attentat à la bombe de 1994 contre le centre communautaire juif d'AMIA, s'exprime aux journalistes à Buenos Aires, en Argentine, le 29 mai 2013. (AP Photo / Natacha Pisarenko)

Le président argentin Alberto Fernandez a déclaré jeudi avoir « du mal à croire » au suicide en 2015 du procureur Alberto Nisman – une affaire qui éclabousse la vice-présidente Cristina Kirchner – mais a observé qu’il n’y avait « pas une seule preuve » d’un meurtre.

Le 18 janvier 2015, Alberto Nisman, qui enquêtait sur un attentat contre la communauté juive, avait été trouvé mort dans son appartement de Buenos Aires, une balle dans la tête, la veille d’une audition devant le Parlement.

Il travaillait depuis plus de dix ans sur l’attentat commis le 18 juillet 1994 contre la mutuelle israélite Amia à Buenos Aires, qui avait fait 85 morts et 300 blessés.

Au cours de son enquête, le procureur avait lancé des mandats d’arrêt internationaux contre plusieurs dirigeants iraniens, en vain. Plusieurs années plus tard, Cristina Kirchner (2007-2015), alors présidente de l’Argentine, avait scellé un pacte avec l’Iran pour que les suspects soient entendus en Iran par des magistrats argentins. Cet accord est resté lettre morte.

Alberto Fernandez, qui a déjà été entendu dans cette affaire par la justice, avait été interviewé en 2017 pour un documentaire finalement diffusé cette semaine par Netflix et intitulé « Le procureur, la présidente et l’espion ».

Le président argentin Alberto Fernandez, le 10 décembre 2019. (Crédit Wikipedia CC BY 2.5)

« Jusqu’à aujourd’hui, je doute qu’il se soit suicidé », déclare dans le film M. Fernandez, qui connaissait le procureur Nisman. Jeudi, dans un entretien à la radio locale Radio 10, il a réaffirmé sa position qualifiant le procureur de personne « débordant de joie ».

« J’ai du mal à croire que quelqu’un qui vivait ce moment d’euphorie finisse par se suicider », a ajouté M. Fernandez, un ancien professeur de droit pénal à l’Université de Buenos Aires.

Mais le président argentin a également souligné que « pas une seule preuve sérieuse n’a été mise en évidence prouvant que Nisman a été tué ». Il a qualifié « d’absurde » un rapport d’expertise de la police qui a conduit la justice fédérale en juin 2018 à conclure que le procureur avait bien été assassiné.

L’ancienne présidente et la sénatrice élue de l’Argentine, Cristina Fernandez de Kirchner, s’adresse aux journalistes alors qu’elle quitte le tribunal à Buenos Aires, le 26 octobre 2017. (Crédit : AFP / Eitan Abramovich)

En 2015, au plus fort d’un conflit politique avec Cristina Kirchner, M. Fernandez avait reproché à son actuelle vice-présidente d’avoir signé le pacte avec l’Iran. Jeudi, il a déclaré que « la seule personne lésée par le crime était Cristina ».

En 2017, Mme Kirchner a été mise en examen pour entrave à l’enquête au profit de l’Iran, sur la base des accusations du procureur Nisman.

Le documentaire, réalisé par le cinéaste britannique Justin Webster, présente le cas du procureur comme une « mort suspecte ».

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