Le président israélien vote « en tant que citoyen très inquiet »
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Le président israélien vote « en tant que citoyen très inquiet »

Aryeh Deri a parlé de cinquième élection ; Netanyahu, de "fête de la démocratie" et Ben Gvir s'affiche très confiant

Le président Reuven Rivlin dépose son bulletin de vote dans un bureau de vote à Jérusalem, lors des élections pour la Knesset, le 23 mars 2021. (Olivier Fitoussi/Flash90)
Le président Reuven Rivlin dépose son bulletin de vote dans un bureau de vote à Jérusalem, lors des élections pour la Knesset, le 23 mars 2021. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Le président Reuven Rivlin a exhorté mardi les électeurs à ne pas se laisser décourager par les quatrième élections en moins de deux ans, et a appelé les citoyens à exercer leur droit pour tenter de sortir de l’impasse politique.

Pour sa part, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré qu’il espérait que cette élection serait « la dernière » de la crise politique qui dure depuis deux ans.

M. Rivlin, qui a voté dans un bureau de vote installé dans une école du quartier de Beit Hakerem à Jérusalem, a souligné l’importance du processus démocratique.

« Je le fais pour la dernière fois en tant que président, mais aussi en tant que citoyen très inquiet », a-t-il déclaré. « Même au milieu des grandes difficultés que nous connaissons, les élections à la Knesset sont le saint des saints de notre démocratie. »

Le président a déploré que les quatre scrutins qui se succèdent relativement rapidement « nuisent à la confiance du public dans le processus démocratique, mais le pouvoir de faire bouger les choses est uniquement entre vos mains. Il n’y a pas d’autre moyen ».

« Pour la dernière fois, du cœur d’un président à vos cœurs, allez voter », a-t-il déclaré.

De nombreux chefs de parti et hommes politiques de premier plan ont voté tôt et ont également exhorté le public à participer à l’élection, tandis que certains ont mis en garde contre les conséquences désastreuses d’un manque de soutien à leur parti.

Netanyahu a voté dans un autre bureau de vote dans une école de Jérusalem, où il a appelé tout le monde à voter mais a refusé de prédire les résultats.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu vote aux côtés de son épouse, Sara Netanyahu, dans un bureau de vote à Jérusalem, lors des élections pour la Knesset, le 23 mars 2021. (Marc Israel Sellem/POOL).

« C’est la fête de la démocratie », a déclaré Netanyahu aux côtés de sa femme, Sara. « C’est un pays heureux. Israël est un pays où les gens sourient. » « J’espère que c’est la dernière élection », a-t-il ajouté, faisant référence au fait qu’il s’agit du quatrième vote en deux ans.

Sara, qui a subi la semaine dernière une opération de l’appendicite, a remercié le personnel de santé qui l’a soignée et les Israéliens qui lui ont envoyé des vœux de rétablissement.

Auparavant, le Premier ministre avait parlé en direct sur Facebook avec ses partisans dans tout le pays pour inciter les électeurs du Likud à aller voter. Il a réitéré son affirmation récente selon laquelle il « manque » deux sièges à son parti Likud pour obtenir une majorité de 61 sièges.

Parmi les premiers à voter, figurait le chef du parti Shas, Aryeh Deri, dans le quartier de Har Nof à Jérusalem. Deri a appelé les électeurs à se déplacer et à « apporter un résultat décisif », ajoutant : « Nous ne pouvons pas procéder à une cinquième élection. »

Un autre député ultra-orthodoxe, Yaakov Litzman, ancien leader et actuel numéro 2 de Yahadout HaTorah, a voté à Jérusalem.

« Le judaïsme haredi et tout ce qui est sacré pour la nation d’Israël sont dans la balance », a déclaré M. Litzman, en faisant référence à la communauté ultra-orthodoxe.

Le chef du parti Shas Aryeh Deri vote à Jérusalem le 23 mars 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/FLASH90)

Le dirigeant de Yahadout HaTorah, le député Moshe Gafni, a voté dans la ville de Bnei Brak, majoritairement ultra-orthodoxe.

Le député Avigdor Liberman, chef du parti laïc et faucon Yisrael Beytenu, a voté dans son village de résidence, l’implantation de Nokdim, et a réitéré son affirmation selon laquelle les élections ont été convoquées en raison du désir de Netanyahu de « se soustraire » à son procès en cours pour corruption, fraude et abus de confiance.

D’autres dirigeants de partis de droite ont également voté dans les heures qui ont suivi l’ouverture des bureaux de vote à 7 heures du matin.

Bezalel Smotrich, du Parti sioniste religieux, votant dans l’implantation de Kedumim en Cisjordanie, a exprimé son optimisme quant à la possibilité d’un gouvernement de droite dirigé par Netanyahu.

Le dirigeant du Parti sioniste religieux Bezalel Smotrich dépose son bulletin de vote dans un bureau de vote à Kedumim, lors des élections pour la Knesset, le 23 mars 2021. (Sraya Diamant/Flash90)

Le président de Yamina, le député Naftali Bennett – qui fête également son anniversaire – a voté à Raanana, appelant le public à voter « pour qu’enfin, nous formions un gouvernement qui se soucie de nous. »

La députée Ayelet Shaked, la numéro 2 de Yamina, a voté à Tel Aviv, déclarant que le parti « peut cette fois-ci enfin mettre un terme à cette spirale électorale sans fin ».

« Je vous promets que si vous votez pour nous, il n’y aura pas de cinquième élection », a-t-elle déclaré.

Le chef du parti Yamina Naftali Bennett, en compagnie de son épouse Gilat Bennett, vote à Raanana le 23 mars 2021. (Crédit : Gili Yaari/Flash90)

Gideon Saar, qui a juré que son parti Tikva Hadasha ne rejoindrait pas un gouvernement Netanyahu, a voté à Tel Aviv entouré de ses partisans, déclarant qu’il s’agissait d’une « occasion émouvante pour moi, trois mois et demi après avoir formé Tikva Hadasha. Nous avons une ligne directrice claire et de grands espoirs pour l’avenir ».

Le membre le plus important du Likud, le parti au pouvoir de Netanyahu, qui a voté de manière anticipée est le ministre de la santé, Yuli Edelstein, qui a déposé son bulletin à Herzliya et a déclaré qu’il se rendrait dans d’autres villes pour faire campagne en faveur d’un taux de participation élevé parmi ses partisans.

Le chef du parti Yesh Atid, Yair Lapid, et son épouse Lihi déposent leur bulletin de vote dans un bureau de vote à Tel Aviv, lors des élections pour la Knesset, le 23 mars 2021. (Tomer Neuberg/Flash90)

Le leader de l’opposition, le député Yair Lapid, qui dirige le parti Yesh Atid, qui devrait être le deuxième plus grand parti après le scrutin, a voté à Tel Aviv.

« C’est le moment de vérité pour l’État d’Israël et, en fin de compte, tout se résume à deux options : un Yesh Atid fort ou un gouvernement ignorant, dangereux, raciste et homophobe qui prendra l’argent des gens qui travaillent dur pour le donner à des gens qui ne travaillent pas », a-t-il déclaré.

Le chef du parti Tikva Hadasha, Gideon Saar, et son épouse Geula déposent leur bulletin de vote dans un bureau de vote à Tel Aviv lors des élections pour la Knesset, le 23 mars 2021. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, votant à Rosh Haayin, a averti que Netanyahu instaurera un « régime différent » s’il gagne. Après les dernières élections, Gantz a formé un gouvernement d’unité avec Netanyahu qui était censé lui permettre d’accéder au poste de Premier ministre, mais la coalition s’est effondrée après avoir échoué dans l’adoption d’un budget de l’État, une situation largement considérée comme ayant été conçue par Netanyahu pour empêcher Gantz de devenir Premier ministre.

Nitzan Horowitz, chef du parti de gauche Meretz, a qualifié le vote de « choix le plus spectaculaire des élections israéliennes depuis de nombreuses années » alors qu’il votait à Tel Aviv.

La présidente du Parti travailliste de centre-gauche, Merav Michaeli, a commencé sa matinée par une visite de la place Rabin à Tel Aviv, où l’ancien Premier ministre et dirigeant du Parti travailliste Yitzhak Rabin a été assassiné en 1995. Elle devait voter plus tard dans la journée.

« Ce sont des élections très importantes, elles sont grandes ouvertes et entre nos mains », a-t-elle déclaré aux journalistes. « Je suis venue ici, à l’endroit où tout s’est arrêté, parce que je promets de revenir sur le chemin de Rabin ».

« Nous ne devons pas abandonner », a-t-elle déclaré, en faisant référence au processus de paix israélo-palestinien.

La dirigeante du Parti travailliste, la députée Merav Michaeli, dépose son bulletin dans un bureau de vote à Tel Aviv, lors des élections pour la Knesset, le 23 mars 2021. (Miriam Alster/Flash90)

Le député Ayman Odeh, qui dirige la Liste arabe unie, parti majoritairement arabe israélien, a voté à Haïfa.

Mansour Abbas, chef du parti islamiste Raam, qui s’est séparé de la Liste arabe unie, a voté dans une cour d’école tranquille de sa ville natale de Maghar, dans le nord d’Israël.

« Nous souhaitons une représentation significative des Arabes israéliens, une représentation qui puisse influencer la prise de décision », a déclaré M. Abbas aux journalistes, ajoutant qu’il n’excluait pas la possibilité de rejoindre un gouvernement dirigé par M. Netanyahu.

Itamar Ben Gvir, le candidat de la faction néo-kahaniste Otzma Yehudit au sein du Parti sioniste religieux, a voté dans un bureau de vote de l’implantation de Kiryat Arba, dans le sud de la Cisjordanie.

Il a déclaré au Times of Israel qu’il était particulièrement confiant de franchir le seuil électoral lors de ce tour de scrutin, après avoir échoué lors des trois précédents, lorsqu’il s’est présenté soit indépendamment, soit dans un conglomérat de partis d’extrême droite.

Le dirigeant d’Otzma Yehudit, Itamar Ben Gvir, vote dans la ville de Kiryat Arba en Cisjordanie, le 23 mars 2021. (Jacob Magid/Times of Israel)

Ben Gvir a déclaré que l’effort de Netanyahu pour fusionner Otzma Yehudit avec l’Union nationale de Smotrich et le parti d’extrême droite Noam avait pratiquement consolidé ses chances d’entrer à la Knesset.

« Nous allons faire la fête ce soir, si Dieu le veut », a-t-il déclaré à ses partisans en entrant dans le bureau de vote.

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