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Le projet de loi sur la Défense américaine et Israël

Adopté à une écrasante majorité, le texte prévoit la création d'un groupe interparlementaire réunissant les États-Unis, Israël, la Grèce et Chypre pour lutter contre la Turquie

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Drapeaux américains près du Capitole à Washington, DC, le 19 janvier 2021, avant la 59e cérémonie d'investiture du président élu Joe Biden et de la vice-présidente élue Kamala Harris. (Crédit : Photo : ROBERTO SCHMIDT / AFP)
Drapeaux américains près du Capitole à Washington, DC, le 19 janvier 2021, avant la 59e cérémonie d'investiture du président élu Joe Biden et de la vice-présidente élue Kamala Harris. (Crédit : Photo : ROBERTO SCHMIDT / AFP)

Le Sénat américain a adopté mercredi, à une écrasante majorité, un projet de loi sur la Défense de 768,2 milliards de dollars, qui comprend des centaines de millions de financement pour des programmes liés à Israël. La législation a été envoyée au président Joe Biden pour recueillir sa signature.

Parmi les amendements à la loi d’autorisation de la défense nationale (NDAA) figure la loi sur le renforcement de la coopération américano-israélienne en matière de cybersécurité, qui établit un programme de subventions visant à faciliter le renforcement de la coopération bilatérale en matière de cyber-sécurité.

Introduite par les sénateurs Jacky Rosen (démocrate), Susan Collins (républicaine), Todd Young (républicain) et Sheldon Whitehouse (démocrate), la mesure met 30 millions de dollars de financement à la disposition des entreprises privées, des organisations à but non lucratif, des institutions universitaires et des entités gouvernementales de l’un ou l’autre pays, à condition que les candidats acceptés s’engagent dans une co-entreprise avec une institution correspondante dans l’autre pays.

Le NDAA comprend également un amendement établissant la création d’un groupe interparlementaire réunissant les États-Unis, Israël, la Grèce et Chypre afin de combattre l’agression turque au Moyen-Orient.

La représentante démocrate du Nevada, Jacky Rosen, parle avec l’appel parlementaire dans son bureau au Capitole, le 26 octobre 2017. (Crédit : Bill Clark/CQ Roll Call)

Le projet de loi alloue par ailleurs 500 millions de dollars à la coopération israélo-américaine en matière de défense antimissile. Cet argent sera consacré à des projets d’armement bilatéraux tels que les systèmes de batteries anti-missiles du Dôme de Fer, de la fronde de David et l’Arrow.

Le texte comprend également des amendements visant à bloquer le transfert de fonds vers l’Iran.

S’adressant aux journalistes en Malaisie mercredi, le secrétaire d’État américain Antony Blinken a déclaré, que le projet de loi et l’administration dans son ensemble contribuaient à garantir l’avantage militaire qualitatif (QMA) d’Israël au Moyen-Orient, lorsqu’on lui a demandé de préciser les raisons pour lesquelles les Émirats arabes unis menaçaient de mettre fin à un contrat de F-35.

Plusieurs organisations pro-israéliennes, dont l’AIPAC, l’American Jewish Committee (AJC) et Christians United For Israel, ont salué l’adoption du projet de loi par 88 voix contre 11 au Sénat.

Le groupe de sécurité alimentaire MAZON a pour sa part déploré que le projet de loi n’aille pas assez loin pour fournir de l’aide aux familles de militaires dans le besoin. « Bien qu’une certaine aide soit préférable à l’absence d’aide, la décision du Congrès d’abandonner effectivement des milliers de familles de militaires confrontées à une insécurité alimentaire chronique est inacceptable », a déclaré la présidente du groupe, Abby Leibman.

« Néanmoins, l’adoption aujourd’hui du NDAA au Sénat marque la première fois que les deux chambres du Congrès ont au moins cherché à utiliser leur autorité législative pour fournir un soutien systémique aux familles de militaires affamées. »

On aperçoit dans le ciel nocturne des roquettes provenant de Gaza, à droite, tirées en direction d’Israël depuis Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza, le 14 mai 2021, tandis que des missiles d’interception Dome de Fer, à gauche, se dressent à leur rencontre. (Crédit : Anas Baba/AFP)

Le projet de loi annuel, qui, chaque année, a été adopté sans faute par la Chambre et le Sénat depuis des décennies, a néanmoins été retardé au Sénat par divers différends, notamment un effort distinct visant à empêcher l’entrée aux États-Unis de biens produits par le travail forcé des Ouïgours en Chine. Le département du Commerce américain a en effet annoncé jeudi avoir ajouté une trentaine de sociétés dont des firmes chinoises de biotechnologie à la liste noire des entités accusées notamment de violations des droits humains à l’encontre des Ouïghours de la province chinoise du Xinjiang.

« La recherche scientifique en biotechnologie et en innovation médicale peut sauver des vies. Malheureusement, la République populaire de Chine choisit d’utiliser ces technologies pour contrôler son peuple et réprimer les membres des groupes minoritaires ethniques et religieux », a déploré la secrétaire américaine au Commerce Gina Raimondo dans un communiqué. La liste comprend des entreprises chinoises mais aussi des firmes de Géorgie, de la Malaisie et de la Turquie, selon le document qui doit être publié au journal officiel vendredi. Concrètement, Washington a décidé de restreindre les exportations sensibles vers l’Académie des sciences médicales militaires et 11 de ses instituts de recherche en raison de ses travaux de biotechnologie, y compris « de prétendues armes de contrôle du cerveau », détaille-t-il.

Sur cette photo du 28 septembre 2021, la secrétaire américaine au Commerce Gina Raimondo s’exprime au Economic Club of Washington. (Photo AP/Alex Brandon)

La législation prévoit une augmentation de salaire de 2,7 % pour les militaires et le personnel civil du ministère de la Défense, et autorise 75,3 millions de dollars pour le fonctionnement de l’Armed Forces Retirement Home (La Maison de Retraite des Forces Armées).

Le NDAA autorise également 9,9 milliards de dollars pour les besoins de la Défense en dehors de la juridiction traditionnelle du projet de loi, ce qui porte le coût total à 777 milliards de dollars.

Un nouveau mémorial de guerre établi par le NDAA honorera ceux, qui ont servi dans la guerre mondiale lancée contre le terrorisme, en réponse aux attentats du 11 septembre 2001 menés contre les États-Unis.

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