Le propriétaire de C&A choqué par l’histoire de sa famille liée aux nazis
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Le propriétaire de C&A choqué par l’histoire de sa famille liée aux nazis

La chaîne de grands magasins a saisi des propriétés juives et bénéficié du travail d’esclave ; la famille dit avoir “perdu nos valeurs”

Un magasin C&A aux Pays-Bas. (Crédit : CC BY-SA, Erik1980 Wikipedia)
Un magasin C&A aux Pays-Bas. (Crédit : CC BY-SA, Erik1980 Wikipedia)

BERLIN – Un magnat du textile hollandais qui a lancé une enquête sur l’exploitation des concurrents et ouvriers juifs par sa famille pendant l’Holocauste s’est déclaré choqué par les conclusions.

L’entrepreneur hollandais Maurice Brenninkmeijer, de l’une des plus riches familles d’Europe, est devenu le dernier dirigeant commercial à affronter l’histoire de sa famille pendant l’époque nazie.

Pendant un entretien publié le 13 juillet avec le Zeit, Brenninkmeijer, propriétaire de la chaîne de magasins germano-hollandaise C&A, « une des compagnies les plus secrètes du monde » selon le magazine Forbes, a déclaré que les révélations de l’utilisation d’esclaves par l’entreprise sous les nazis et son profit des ventes forcées de propriétés juives étaient « perturbantes et choquantes » pour sa famille.

La recherche a été lancée en 2011 par une exposition marquant le centenaire de la compagnie, qui a révélé certains détails des accords de la firme pendant le Troisième Reich.

La famille a engagé l’historien Mark Spoerer, professeur de l’université de Regensburg, pour étudier les archives de la firme. « Nous voulions être certains que nous connaissions vraiment l’histoire de la famille », a déclaré Brenninkmeijer au Zeit.

Les conclusions de l’enquête seront publiées ces prochains jours.

Selon le Zeit, la branche allemande de la famille de Brenninkmeijer a bénéficié de « l’aryanisation » forcée des propriétés juives et du travail d’esclaves juifs et non juifs, dans le ghetto de Lodz et à Berlin.

La compagnie aurait mis en place des restitutions après la Deuxième Guerre mondiale, mais l’histoire de ses actions pendant la guerre était restée secrète.

Ces deux dernières décennies, plusieurs importantes entreprises allemandes, des banques et des ministères, dont Volkswagen, la banque Dresdner et le ministère des Affaires étrangères, ont fait venir des historiens pour creuser leurs archives et mettre sur la table leur histoire pendant la période nazie.

Des centaines de compagnies allemandes ont fait des donations plus ou moins importantes au gouvernement allemand et au Fonds de l’industrie et du gouvernement allemand, mis en place il y a 10 ans pour aider les anciens travailleurs esclaves et soutenir les programmes scolaires sur cette histoire. Quelques grandes entreprises n’ont pas ouvert rapidement leurs archives, menant certains observateurs à suspecter qu’elles aient quelque chose à cacher.

Brenninkmeijer a déclaré qu’il était particulièrement choqué par les témoignages d’expropriation de propriété. Il pensait que ses prédécesseurs « ne pensaient qu’à leurs affaires, avaient perdu la trace de leur valeur, et pris des décisions non éthiques ». Il a déclaré être certain qu’ils n’étaient pas des nazis engagés, mais se sont comportés de manière « cruelle », et a ajouté qu’il « souhaitait que cela ait pu être différent. »

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