Le Shin Bet démantèle un réseau terroriste juif en Cisjordanie
Rechercher

Le Shin Bet démantèle un réseau terroriste juif en Cisjordanie

2 mineurs et un soldat parmi les suspects arrêtés pour une série d’attaques, dont des bombes incendiaires, visant des familles palestiniennes endormies

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Graffiti sur le mur d'une maison du village de Beitillu en Cisjordanie, le 22 décembre 2015, disant «Vengeance. Salutations des prisonniers de Sion» (Crédit : Police israélienne)
Graffiti sur le mur d'une maison du village de Beitillu en Cisjordanie, le 22 décembre 2015, disant «Vengeance. Salutations des prisonniers de Sion» (Crédit : Police israélienne)

Les services de sécurité du Shin Bet ont découvert un réseau terroriste juif et arrêté ses membres, suspectés de plusieurs attaques contre des Palestiniens en Cisjordanie, dont le lancement de bombes incendiaires dans des bâtiments où se trouvaient plusieurs personnes, a annoncé mercredi dans un communiqué le service.

Parmi les suspects arrêtés figurent deux mineurs et un soldat israélien.

« Pendant la deuxième moitié de l’année 2015, il y a eu un certain nombre d’attaques terroristes et de violents incidents contre des Palestiniens dans la région du Gush Talmonim, a déclaré le Shin Bet. Deux attaques notables visaient des bâtiments où se trouvaient des Palestiniens. »

Le Shin Bet a donné la liste des principaux activistes, qui compte deux mineurs, un né en 1999 et l’autre en 2000, un soldat israélien de 19 ans, Itamar Ben Aharin, 20 ans et Michal Kaplan, 20 ans, tous originaires de l’implantation de Nahliel, ainsi que Pinhas Shandorfi, 22 ans, habitant de l’implantation de Kiryat Arba.

En raison de leur âge, le nom des mineurs n’a pas été communiqué, et une cour militaire a interdit la publication du nom du soldat.

Certains des membres du réseau se sont vus délivrer des ordres de restriction administrative avant même la fin de l’enquête afin de neutraliser le danger qu’ils posent. Les inculpations devraient avoir lieu dans les prochains jours, a annoncé le Shin Bet.

Une enquête initiale sur les attaques a rassemblé des informations qui indiquaient l’existence d’un réseau terroriste juif organisé responsable des incidents, a annoncé l’agence.

Au début du mois d’avril 2015, le Shin Bet et la police ont commencé à enquêter sur les suspects pour vérifier s’ils faisaient partie d’une organisation terroriste juive. Pendant les interrogatoires au Shin Bet, les suspects ont admis des « activités terroristes étendues » du réseau, dont des tentatives d’attaques contre des Palestiniens dans des bâtiments, des attaques contre d’autres minorités, des incendies volontaires et des actes de vandalisme de voitures palestiniennes, des jets de pierre contre des véhicules palestiniens, etc.

« Les reconstitutions sur le terrain et les aveux des suspects ont révélé un réseau violent et extrémiste, qui attaquait systématiquement des Palestiniens et leur propriété tout en étant pleinement conscients de la possibilité de tuer quelqu’un, même après l’attaque de Duma, et en ont même été inspiré », a déclaré le Shin Bet.

L’agence faisait référence à un incendie volontaire de juillet 2015 de la maison de la famille Dawabsha à Duma, un village de Cisjordanie, qui a tué trois membres de la famille palestinienne, et blessé grièvement le quatrième. Dans les mois suivant l’attaque, le Shin Bet avait lancé une enquête à grande échelle, rassemblant des douzaines d’extrémistes juifs présumés. En janvier, les procureurs ont inculpé deux suspects, Amiram Ben-Uliel, 21 ans, de Jérusalem et un mineur non identifié, pour l’incendie de Duma.

Selon le Shin Bet, le groupe est responsable de l’attaque du 20 juin 2015 contre un ouvrier agricole palestinien qui a été battu avec des bâtons et soumis à des gaz lacrymogènes.

La nuit du 20 novembre 2015, les suspects auraient jeté trois cocktails Molotov dans une maison du village d’al-Mazraa al-Qibliya pendant qu’une famille palestinienne y dormait. L’un des engins incendiaires a rebondi sur la fenêtre de la maison, et le désastre a été évité. Sur les murs de la maison, ils avaient écrit « revanche », « Mort aux arabes » et « Juifs, réveillez-vous », a annoncé le Shin Bet.

Un mois plus tard, la nuit du 22 décembre, les membres du réseau ont jeté des grenades à gaz de l’armée dans une maison occupée à Beitillu pour se venger de l’arrestation d’activistes juifs pendant l’enquête sur l’attaque de Duma. Le père, qui a été réveillé par le bruit de l’attaque et a eu des difficultés à respirer, a immédiatement évacué sa famille, dont un bébé, de la maison. Sur les murs de la maison voisine, les agresseurs avaient écrit « Revanche, salutations des prisonniers de Sion ».

De plus, nombre d’incendies de voitures des dernières années, dont la mise à feu d’une voiture à Beitillu le 2 octobre 2015, et d’une autre début juillet 2014, ont été attribués aux membres du réseau.

« L’interception du réseau a bloqué beaucoup d’attaques qui auraient pu avoir des conséquences bien plus sérieuses et même coûter des vies humaines, a déclaré le Shin Bet. Ce développement est une autre étape des efforts continus pour contrecarrer les infrastructures terroristes juives depuis un an qui a mené à une baisse significative des activités terroristes juives. »

Le Shin Bet a souligné que l’enquête avait établi des liens entre le réseau des terroristes juifs et celui du groupe extrémiste Révolte, qui a mené des attaques dans tout Israël ces dernières années, et des liens entre certains des membres de ces groupes.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...