Le Shin Bet rejette tout méfait dans l’affaire du meurtre d’un Bédouin en 2017
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Le Shin Bet rejette tout méfait dans l’affaire du meurtre d’un Bédouin en 2017

L'agence a publié un texte cinglant dans "Israel Hayom", dans lequel il est question du meurtre d'un Bédouin en 2017, dont la perte de contrôle de la voiture a tué un policier

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

La voiture de Yaqoub Abu al-Qia'an, suite à un incident initialement qualifié d'attaque terroriste par la police, dans le village bédouin d'Umm al-Hiran dans le désert du Néguev, au sud d'Israël, le 18 janvier 2017. Des preuves ont ensuite été apportées qui ont montré que l'incident n'était pas un attentat (Hadas Parush/Flash90)
La voiture de Yaqoub Abu al-Qia'an, suite à un incident initialement qualifié d'attaque terroriste par la police, dans le village bédouin d'Umm al-Hiran dans le désert du Néguev, au sud d'Israël, le 18 janvier 2017. Des preuves ont ensuite été apportées qui ont montré que l'incident n'était pas un attentat (Hadas Parush/Flash90)

Le service de sécurité du Shin Bet a publié mercredi un démenti rare et catégorique en réponse à un article publié dans le journal Israel Hayom qui affirmait que le chef de l’agence avait interdit à un officier de témoigner dans une enquête sur le tir fatal sur un Bédouin qui a ensuite été faussement accusé d’être un terroriste.

Le service de sécurité du Shin Bet nie – en tous points – l’affirmation fallacieuse selon laquelle le chef du Shin Bet aurait interdit au « fonctionnaire chargé de l’enquête sur l’incident » à Umm al-Hiran de « comparaître devant le département des enquêtes internes de la police », a déclaré le service dans une déclaration citant l’article du journal.

En janvier 2017, Yaqoub Abou al-Qia’an a été abattu par la police lorsque des officiers sont arrivés pour superviser la démolition de maisons dans son village d’Umm al-Hiran, un village bédouin non reconnu que l’État rasait pour ouvrir la voie à une nouvelle ville juive.

Alors que les officiers convergeaient vers le village, Abou al-Qia’an, un enseignant de 47 ans et père de 12 enfants, a mis quelques affaires dans son 4×4 et a quitté sa maison en voiture, disant qu’il ne pouvait pas supporter de voir sa maison être rasée. Peu après, Abou al-Qia’an a essuyé des tirs de la la police sans raison apparente. Après les tirs, il a apparemment perdu le contrôle de sa voiture, qui a accéléré en descente et a percuté un groupe d’officiers, tuant l’un d’entre eux, Erez Levi, comme on peut le voir sur les images vidéo de la scène.

Après l’incident, le chef de la police israélienne de l’époque, Roni Alsheikh, et le ministre de la Sécurité publique de l’époque, Gilad Erdan, ont à plusieurs reprises qualifié Abou Al Qia’an de terroriste et insinué qu’il appartenait à l’État islamique, sur la base de preuves de piètre qualité.

Yaqoub Moussa Abou al-Qia’an. (Autorisation)

Le service de sécurité du Shin Bet a rejeté ces conclusions, déterminant dans le mois que l’attaque à la voiture bélier n’était pas une attaque délibérée et qu’Abou al-Qia’an n’était pas un terroriste.

Le Département des enquêtes internes de la police (PIID) du ministère de la justice, connu sous son acronyme hébreu Mahash, a été appelé à enquêter sur la fusillade et a finalement décidé de classer l’affaire contre les officiers impliqués, les absolvant de toute bavure.

Selon l’article d’Israel Hayom, le chef du Shin Bet, Nadav Argaman, a empêché l’enquêteur en chef du Shin Bet de parler au PIID et de réfuter les conclusions de la police selon lesquelles l’attaque à la voiture bélier avait été une attaque délibérée et non – comme il a été déterminé plus tard – un accident tragique et mortel causé par la police elle-même.

Le sergent de police Erez Levi, 34 ans, tué lors d’un prétendu attentat à la voiture bélier à Umm al-Hiran, le 18 janvier 2017. (Autorisation)

Dans sa déclaration, le Shin Bet a rejeté catégoriquement les accusations centrales de l’article, affirmant que le service de sécurité avait travaillé en étroite collaboration avec le PIID tout au long de l’enquête et n’avait « refusé aucune demande des enquêteurs ».

« Le Shin Bet condamne avec fermeté tous les efforts visant à attribuer à l’agence des intentions qui ne sont pas appropriées tout en faisant un usage cynique des cas passés », a déclaré le service de sécurité.

« Nous rejetons – avec dégoût – toutes les tentatives de diffamation [contre le Shin Bet] », a déclaré le communiqué.

La police israélienne se tient à côté d’un véhicule qui a percuté des policiers dans le village bédouin d’Umm al-Hiran, dans le désert du Néguev, le 18 janvier 2017. (Police israélienne)

L’affaire Umm al-Hiran est revenue dans le débat national cette semaine, après que le journaliste de la Douzième chaine Amit Segal a diffusé un reportage révélant que Shai Nitzan, le procureur d’Etat de l’époque, avait supprimé des preuves qui auraient contesté l’affirmation d’Alsheich selon laquelle Abou al-Qia’an était un terroriste.

Dans un courriel datant de 2018, Nitzan a déclaré que le fait de souligner les différences entre le bureau du procureur et la police « ne fera que du bien à ceux qui veulent nuire au système répressif », une référence apparente aux attaques du Premier ministre Benjamin Netanyahu et de ses partisans contre le système de justice pénale dans le cadre des enquêtes menées contre lui.

Le Premier ministre Netanyahu s’est servi du reportage de Segal dans le cadre de sa campagne contre la police et le bureau du procureur général, qui ont inculpé le Premier ministre pour fraude, corruption et abus de confiance.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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