Le silence de Nemmouche, signe « d’une incroyable lâcheté » selon les victimes
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Le silence de Nemmouche, signe « d’une incroyable lâcheté » selon les victimes

Plusieurs avocats ont raillé la stratégie de "victimisation" de l'accusé, dont la défense évoque régulièrement l'enfance chaotique

Le musée juif de Bruxelles - lundi 2 juin 2014 (Crédit : Surya Jonckheere/Times of Israel)
Le musée juif de Bruxelles - lundi 2 juin 2014 (Crédit : Surya Jonckheere/Times of Israel)

Les avocats des parties civiles au procès de la tuerie au musée juif de Bruxelles ont fustigé mercredi le « narcissisme » et l' »incroyable lâcheté » du tueur présumé Mehdi Nemmouche, qui refuse depuis cinq ans de s’expliquer sur les faits.

Depuis ce quadruple assassinat, le 24 mai 2014, « il a fait preuve d’une incroyable lâcheté (…) Au lieu d’assumer ses actes, il a imposé une ignoble stratégie du silence », a dénoncé Me Vincent Bodson, un des conseils de la famille Riva.

L’avocat a rappelé que pendant le témoignage le 31 janvier des deux filles orphelines des époux Riva, un des moments forts du procès, l’accusé n’avait « même pas eu le courage de les regarder ».

Miriam et Emmanuel Riva, un couple d’Israéliens en visite à Bruxelles pour leur anniversaire de mariage, avaient été abattus les premiers au musée juif ce samedi du printemps 2014 en plein après-midi.

Le tueur avait ensuite exécuté froidement dans le hall d’accueil un Belge de 26 ans employé du site et une bénévole française de 66 ans, le tout en moins d’une minute et demie.

Six jours après la tuerie, Mehdi Nemmouche, un délinquant multirécidiviste qui s’est radicalisé en prison et qui est passé par la Syrie, avait été arrêté à Marseille (sud de la France) en possession des armes utilisées, un revolver et un fusil d’assaut de type kalachnikov.

Mais le jihadiste français de 33 ans nie être le tueur. Selon ses avocats, l’attaque n’est pas un attentat de l’organisation Etat islamique (EI), mais « une exécution ciblée d’agents du Mossad » – les services secrets israéliens – ayant visé les époux Riva.

Dans leurs plaidoiries entamées lundi, les avocats des victimes se sont à nouveau insurgés contre cette thèse « complotiste », qui est selon eux battue en brèche par les preuves « accablantes » réunies contre Mehdi Nemmouche (empreintes, vidéos de revendication, vêtements retrouvés sur lui, etc.).

« Il ne reconnaît pas sa responsabilité, donc la dangerosité est toujours là, la radicalisation aussi », a fait valoir l’un d’eux, Me Vincent Lurquin, en demandant aux jurés de condamner l’accusé.

Citant les témoignages de journalistes français ex-otages de l’EI en Syrie ayant reconnu en lui un geôlier, cet avocat a souligné qu’il n’y avait dans le comportement du jihadiste « pas la moindre référence religieuse ». « La seule référence de M. Nemmouche, c’est lui », a-t-il lancé.

Plusieurs avocats ont raillé la stratégie de « victimisation » de l’accusé, dont la défense évoque régulièrement l’enfance chaotique. Ce fils d’immigrés algériens a été élevé dans une famille d’accueil où il aurait été maltraité.

« Tout ça aurait pu être pris en considération si M. Nemmouche nous avait expliqué ce qu’il était, il ne l’a pas fait », a déploré Me Lurquin.

Les plaidoiries des parties civiles doivent se poursuivre jeudi. Le réquisitoire est prévu pour lundi et le verdict attendu pour début mars.

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