Le Soudan, un pays déchiré par des conflits
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Le Soudan, un pays déchiré par des conflits

En proie depuis un mois à une contestation, le pays est ravagé par des décennies de conflits et dirigé d'une main de fer depuis près de 30 ans par Omar el-Béchir

Le président soudanais Omar el-Béchir. (Crédit : ASHRAF SHAZLY / AFP)
Le président soudanais Omar el-Béchir. (Crédit : ASHRAF SHAZLY / AFP)

Le Soudan, en proie depuis un mois à une contestation, est un pays déchiré par des décennies de conflits et dirigé d’une main de fer depuis près de 30 ans par Omar el-Béchir.

Entre Moyen-Orient et Afrique noire

Situé entre l’Afrique subsaharienne et le Moyen-Orient, le Soudan partage ses frontières avec sept pays -Soudan du Sud, Centrafrique, Tchad, Libye, Egypte, Erythrée et Ethiopie – et dispose d’une façade sur la mer Rouge.

Avant la sécession du Sud en 2011, c’était le plus grand pays d’Afrique. Sa superficie est désormais de près de 1,88 million de Km2, en partie désertique.

Sa population de 40,5 millions d’habitants (Banque mondiale 2017), majoritairement musulmane, se caractérise par une forte diversité ethnique. L’arabe est la langue officielle et la charia (loi islamique) est en vigueur depuis 1983.

Les mariages forcés, notamment de mineures, sont dénoncés par des ONG et militants des droits humains.

Au pouvoir depuis 1989

Cet ancien condominium anglo-égyptien, indépendant depuis 1956, est dirigé par Omar el-Béchir depuis 1989, après un coup d’Etat militaire soutenu par les islamistes. Il est élu président en 2010 et 2015 lors de scrutins boycottés par l’opposition.

En 2013, des manifestations sans précédent contre une hausse de plus de 60 % des carburants font officiellement des dizaines de morts, plus de 200 selon Amnesty International. Début 2018, des manifestations contre l’inflation des denrées alimentaires sont rapidement contenues, mais la contestation reprend en décembre après le triplement du prix du pain.

Guerres civiles et rébellions

Après une première guerre civile (1955-1972), un second conflit entre le Nord et le Sud fait deux millions de morts entre 1983 et 2005.

En 2005, un accord de paix accorde au Sud une autonomie jusqu’à la tenue d’un référendum en 2011, à l’issue duquel le Soudan du Sud proclame son indépendance le 9 juillet.

Au printemps 2012, les relations entre Nord et Sud s’enveniment dans des zones frontalières riches en pétrole, et des combats opposent les deux armées.

Depuis 2003, la région du Darfour (ouest), vaste comme la France, est secouée par un conflit opposant les forces soudanaises à des rebelles de minorités ethniques s’estimant marginalisées. Le conflit a fait plus de 300 000 morts et 2,5 millions de déplacés, selon l’ONU.

Un village du Darfour (Capture d’écran YouTube)

La Cour pénale internationale (CPI) a lancé des mandats d’arrêt contre le président soudanais, pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide au Darfour.

Inflation et pénuries

En 2011, la sécession du Soudan du Sud a porté un coup dur à l’économie soudanaise, la privant des trois quarts de ses réserves de pétrole et de l’essentiel des revenus de l’or noir.

Le Soudan a également été affecté par 20 ans d’embargo économique américain en raison de violations présumées des droits humains et de liens avec le terrorisme. Cet embargo a été levé en 2017, mais le Soudan reste sur la liste noire américaine des pays soutenant le « terrorisme », entraînant une frilosité des investisseurs étrangers.

Le pays connaît une inflation de près de 70 % et une grave crise monétaire. Plusieurs villes connaissent des pénuries de pain et de carburant, ce qui a provoqué le mouvement de protestation actuel.

L’agriculture et l’élevage représentent entre 35 et 40% du PIB, selon la Banque mondiale. Le pays compte de nombreuses mines d’or illégales.

C’est un des pays les plus pauvres au monde, classé 165e sur 188 par le Pnud (rapport 2016).

Trésors archéologiques inexplorés

Les civilisations anciennes du Soudan ont érigé plus de pyramides que celles d’Egypte mais elles restent encore largement méconnues.

Le site archéologique de l’île de Méroé (220 km au nord de Khartoum), classé par l’Unesco au patrimoine mondial de l’humanité, a fait l’objet d’une exposition au Louvre en 2010.

Cette civilisation (IIIe siècle avant J.-C. au IVe siècle après J.-C.) avait emprunté des traits culturels à l’Egypte pharaonique, à la Grèce puis à Rome, s’ajoutant à un substrat africain. Son écriture reste mystérieuse.

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