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Le statut de résident israélien de Salah Hamouri révoqué

Membre du groupe terroriste du Front populaire de libération de la Palestine, il dénonce une "décision raciste qui fait partie du plan israélien de nettoyage ethnique de Jérusalem"

Salah Hamouri, avocat franco-palestinien, le 1er octobre 2020. (Crédit : ABBAS MOMANI / AFP)
Salah Hamouri, avocat franco-palestinien, le 1er octobre 2020. (Crédit : ABBAS MOMANI / AFP)

Le ministère israélien de l’Intérieur a annoncé lundi la révocation du statut de résident permanent du Franco-palestinien Salah Hamouri, une décision qui pourrait l’obliger à terme à quitter Israël et à ne plus pouvoir vivre dans les Territoires palestiniens.

Il a été emprisonné en Israël entre 2005 et 2011 après avoir été jugé coupable de tentative d’assassinat contre le feu rabbin Ovadia Yossef, ancien grand rabbin d’Israël et fondateur du parti ultra-orthodoxe Shas, et pour appartenance à des organisations politiques illégales.

Avocat œuvrant auprès des prisonniers palestiniens pour le compte de l’ONG palestinienne Addameer, il avait été libéré en 2011 peu avant le terme de sa peine dans le cadre d’un échange de prisonniers libérant le soldat franco-israélien Gilad Shalit.

Hamouri est accusé d’être membre du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), organisation marxiste dotée d’une branche armée et considérée comme terroriste par l’Etat hébreu et l’Union européenne.

Début octobre, la ministre de l’Intérieur, Ayelet Shaked avait signé la révocation du statut de résident permanent de M. Hamouri, qui a ensuite fait appel contre cette décision.

Son appel a été rejeté, a indiqué lundi à l’AFP un porte-parole du ministère.

« Les actions de Salah Hamouri constituent une violation grave de l’essentiel de son engagement en tant que résident israélien, et un abus de confiance vis-à-vis de l’Etat d’Israël », avait indiqué Mme Shaked dans un communiqué pour justifier sa décision.

Né d’une mère française et d’un père palestinien à Jérusalem-Est, M. Hamouri n’a pas la nationalité israélienne mais un permis de résidence qui lui permet de circuler sur l’ensemble du territoire israélien et en Cisjordanie.

M. Hamouri a dénoncé auprès de l’AFP une « décision raciste qui fait partie du plan israélien de nettoyage ethnique (des Palestiniens, ndlr) de Jérusalem ».

« Concrètement cette décision signifie qu’à terme je ne pourrai pas rester ici », a-t-il ajouté lors d’un entretien téléphonique.

M. Hamouri est marié à une Française, Elsa Lefort, fille de l’ex-député communiste Jean-Claude Lefort, qui a été interdite de rentrer en Israël en 2016, pour une période de 10 ans.

Ces dernières années, le Parlement israélien a adopté des amendements à la « loi sur l’entrée en Israël » dont celui de révoquer le statut de résidence à des Palestiniens de Jérusalem-Est en cas « d’abus de confiance » à l’égard d’Israël, terme employé dans la procédure contre M. Hamouri.

En septembre 2020, à la « demande » du Quai d’Orsay, l’ambassadeur de France en Israël, Eric Danon, avait effectué « une démarche » auprès du ministère des Affaires étrangères israélien afin de « demander » à ce que Hamouri puisse « demeurer à Jérusalem » et aussi « permettre à sa famille de le rejoindre ».

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