L’enquête sur la mort du procureur argentin renvoyée à une cour fédérale
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L’enquête sur la mort du procureur argentin renvoyée à une cour fédérale

La cour d'appel de la chambre criminelle a décidé que la mort d'Alberto Nisman pourrait « être le résultat d'une activité d'un tiers »

Alberto Nisman pendant une conférence de presse à Buenos Aires, le 20 mai 2009. (Crédit : Juan Mabromata/AFP)
Alberto Nisman pendant une conférence de presse à Buenos Aires, le 20 mai 2009. (Crédit : Juan Mabromata/AFP)

BUENOS AIRES, Argentine – L’enquête sur la mort du procureur spécial Alberto Nisman sur l’affaire de l’AMIA devrait être présentée à une cour fédérale, a statué un tribunal de Buenos Aires.

En Argentine, les tribunaux fédéraux traitent des affaires qui concerne les meurtres politiques.

La décision qui a été prise unanimement par les trois juges de la Cour d’appel de la chambre pénale de la ville de Buenos Aires a été rendue mardi.

« Il est plausible de donner crédit à l’hypothèse suggérée par les accusateurs, aussi bien publics que privés, qui affirme que la mort d’Alberto Natalio Nisman pourrait aussi être le résultat de l’activité d’un tiers », ont écrit deux des trois juges.

Vendredi, lors d’une audience du tribunal d’appel sur l’affaire, l’ex-femme de Nisman, Sandra Arroyo Salgado, une ancienne juge fédérale, a pleuré quand elle a expliqué que la mort de Nisman « était l’événement institutionnel le plus grave qui a affecté l’Argentine depuis le retour de la démocratie ».

L’un des avocats de Salgado, Manuel Romero Victorica, a lu à haute voix les menaces que Nisman a reçues par courriel dans les semaines avant sa mort.

« Nous tiendrons notre promesse de vous tuer vous et votre famille mais avant cela, nous allons vous faire passer comme de la merde en public et dans les médias », indiquait l’un des messages. « Nous avons déjà réussi à vous séparer de l’affaire AMIA et nous avons obtenu à l’Argentine un accord avec l’Iran sans vous ».

Une avocat de la mère de Nisman, Sara Garfunkel, a demandé au tribunal de renvoyer l’affaire Nisman à la Cour fédérale.

« Nisman a été assassiné de manière à entraver la progression de son travail au nom de l’Etat », a déclaré Pablo Lanusse. « Cette affaire est flagrante et doit être transférée aux tribunaux fédéraux car il faut reconnaître que Nisman a été assassiné ».

Nisman a été retrouvé mort dans son appartement de Buenos Aires en janvier 2015 quelques heures avant qu’il ne présente des preuves aux législateurs argentins démontrant que la présidente Cristina Fernandez de Kirchner a couvert le rôle de l’Iran dans l’attentat du centre juif AMIA, qui a fait 85 morts et des centaines de blessés. Aucune cause officielle du décès n’a été donnée.

Plus tôt ce mois-ci, un juge du tribunal de la ville s’est déclaré « inapte » à poursuivre l’affaire et a ordonné que l’affaire soit transféré à un tribunal fédéral 10 heures après qu’un ancien espion argentin ait accusé le gouvernement Kirchner d’être responsable de la mort de Nisman.

La décision rendue par Fabiana Palmaghini a été contestée par l’avocat qui représente l’expert informatique, Diego Lagomarsino, un employé du bureau du procureur de Buenos Aires qui a reconnu qu’il avait prêté un « très vieux » pistolet de calibre 22 à Nisman, qui a été utilisé dans sa mort.

À la fin du mois de février, Ricardo Saenz, le procureur général de la cour d’appel de la chambre pénale de l’Argentine, a écrit dans une lettre adressée aux juges des cours d’appel qu’un magistrat fédéral « a une plus grande compétence pour clarifier laquelle de toutes les hypothèses » sur la mort de Nisman est exacte.

Un tirage au sort déterminera quel juge fédéral entendra l’affaire.

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