L’envoyé d’Israël aux USA achèvera son mandat après le scrutin de septembre
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L’envoyé d’Israël aux USA achèvera son mandat après le scrutin de septembre

Ron Dermer va finir son mandat après six ans à Washington, malgré l'intervention de Netanyahu et de Katz pour prolonger son mandat

Ron Dermer, l'ambassadeur d'Israël aux Etats-Unis, s'exprime lors d'un Club économique de Détroit à Détroit, dans le Michigan, le 4 juin 2018. (AP Photo/Paul Sancya)
Ron Dermer, l'ambassadeur d'Israël aux Etats-Unis, s'exprime lors d'un Club économique de Détroit à Détroit, dans le Michigan, le 4 juin 2018. (AP Photo/Paul Sancya)

Le Commissaire à la fonction publique d’Israël a rejeté la demande du Premier ministre Benjamin Netanyahu de prolonger le mandat de l’ambassadeur d’Israël à Washington, Ron Dermer.

Netanyahu avait demandé de prolonger le mandat de Dermer d’un an dans cette fonction à l’approche des prochaines élections de septembre, la deuxièmes élection en Israël en l’espace de six mois, a annoncé la Douzième chaîne samedi.

Le Premier ministre considère Dermer comme un proche qui a établi un lien de confiance avec la Maison Blanche.

Le ministre des Affaires étrangères Israël Katz aurait soutenu la demande de Netanyahu, mais sans succès.

Dermer doit donc achever son mandat à Washington à la fin septembre après avoir passé six ans comme ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis.

Dermer a commencé son service comme ambassadeur d’Israël à Washington en 2013, peu après que l’ancien président Barack Obama a commencé son second mandat.

On pourrait décrire certaines périodes de son mandat sous l’administration Obama comme tendues, dans la mesure où Dermer était un opposant virulent à l’accord sur le nucléaire iranien, signé en 2015 entre Téhéran et six autres puissances mondiales, y compris les Etats-Unis.

Il est connu pour avoir organisé, dans le dos d’Obama, l’invitation de Netanyahu à s’exprimer au Congrès afin de critiquer l’accord, un moment qui a été largement perçu comme ayant renforcé la division bipartite sur Israël à Washington.

Plus tôt cette année, Dermer, un ancien membre du parti Républicain, a déclaré à une foule de 18 000 personnes lors la conférence annuelle de l’AIPAC que le discours de Netanyahu ce jour-là a été « le jour le plus fier que j’ai eu en tant qu’ambassadeur d’Israël aux Etats-Unis ».

Le président Donald Trump a retiré les Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, ou JCPOA, et a réimposé des sanctions contre la République islamique.

Le mois dernier, un discours non officiel de Dermer soulignant un fossé dans le soutien pour Israël entre les Républicains et les Démocrates a entraîné des critiques de la part de l’aile libérale de la communauté pro-Israël, qui l’a accusé de politiser le soutien pour Israël.

Dermer s’exprimait lors d’une réunion de la Coalition juive républicaine à Washington, DC. La Coalition juive républicaine a tweeté des passages paraphrasés de son discours.

« Il y a, depuis 40 ans, un fossé entre les Républicains et les Démocrates au sujet du soutien pour Israël », pouvait-on lire dans un tweet. « Il a noté que cela précède, de décennies, Trump, Netanyahu, Obama et toute autre raison que les Démocrates pourraient citer ».

Ces dernières années, les Démocrates ont été plus directs dans leur critique de Netanyahu, en partie à cause de ses tensions avec Obama et de sa proximité avec Trump. Le discours de Netanyahu au Congrès en 2015 pour s’opposer à la politique d’Obama sur l’Iran, que Dermer a aidé à organiser sans consulter les Démocrates, a correspondu au pic des tensions.

Dans un autre tweet, Dermer a dit qu’une « raison importante pour cela a été l’énorme montée du soutien pour Israël parmi les Républicains. Pourtant, il y a aussi une montée au sein de la gauche américaine d’un sentiment anti-Israël. Ce sont les mêmes gens qui ne pensent pas que l’Amérique soit une force du bien… »

Lors d’un autre discours tenu plus tôt en juin au Comité juif américain, Dermer a souligné que le soutien Démocrate pour Israël est resté stable alors que celui des Républicains est grimpé en flèche.

Dermer a cité un sondage du groupe Gallup à la fin des années 1980 qui montre que le soutien pour Israël parmi les électeurs démocrates se situait de manière constante autour de 40 %, pour la valeur basse, et de 50 %, pour la valeur haute, alors que les Républicains sont passés d’une même valeur à la fin des années 1980, et sont maintenant autour des 70 à 80 %.

Pourtant, un sondage Gallup publié en mars montrait que le soutien pour Israël parmi le public américain était à son point le plus bas sur une décennie, avec une baisse très forte parmi les Républicains qui ont déclaré se sentir plus proches des Israéliens que des Palestiniens.

Alors que 65 % des Américains ont déclaré qu’ils se sentaient « plus proches » d’Israël que des Palestiniens en 2018, 59 % ont dit la même chose en 2019, soit une baisse de six points. Ce déclin est le plus important sur un an dans l’histoire du sondage, qui a débuté en 2001.

L’enquête de 2019 a mis en évidence que la baisse dans la sympathie pour Israël s’observait dans les deux principaux partis américains. Alors que le soutien pour Israël parmi les Démocrates a chuté de 6 %, le soutien Républicain a baissé de 13 %, un chiffre énorme à la lumière de la relation très proche que Trump cultive avec Netanyahu.

« Le pourcentage des Républicains déclarant qu’ils se sentent plus proches d’Israël dans le conflit est passé d’un niveau record de 87 % en 2018, à 76 % aujourd’hui », pouvait-on lire dans le sondage.

Le pourcentage de soutien parmi les gens s’identifiant comme des indépendants politiques est resté le même au fil du temps, avec 60 % des personnes qui se sentent plus proches d’Israël.

JTA a contribué à cet article.

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