Les adolescents juifs israéliens penchent à droite, beaucoup soutiennent le « Prix à payer »
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Les adolescents juifs israéliens penchent à droite, beaucoup soutiennent le « Prix à payer »

Seulement 9 % des adolescents se considèrent de gauche considèrent ; 45 % disent qu'ils n’étudieront pas dans une classe avec des Arabes

Des étudiants au lycée de Kiryat Sharet à Holon (Crédit : Yossi Zeliger/Flash 90)
Des étudiants au lycée de Kiryat Sharet à Holon (Crédit : Yossi Zeliger/Flash 90)

Les adolescents juifs israéliens sont de plus en plus polarisés dans leurs convictions politiques, avec plus de la moitié s’identifiant avec la droite et moins de 30 % prêts à condamner les attaques contre les Arabes, selon un sondage publié mardi.

Quatre cents adolescents âgés de 12 et 18 ont été interrogés, d’un éventail de milieux religieux, politiques et nationaux, Juifs et Arabes confondus, a rapporté NRG.

Selon le sondage, 52 % des adolescents israéliens se définissent comme de droite, 30 % se considèrent comme centristes, et seulement 9 % se considèrent de gauche.

Sur le caractère juif et démocratique d’Israël, 41 % des étudiants juifs ont répondu que le caractère juif de l’Etat est plus important que son caractère démocratique, tandis que 25 % ont répondu le contraire.

Parmi les étudiants arabes, 96 % ont répondu qu’ils croient qu’Israël devrait être démocratique en premier et juif en second.

Les divisions entre Juifs et Arabes étaient manifestes tout au long de l’enquête. Quarante-cinq pour cent des adolescents juifs ont affirmé ne pas être prêts à s’asseoir dans la même classe que leurs camarades arabes, tandis que 39 % des étudiants arabes ont dit la même chose de leurs pairs juifs.

Trente-cinq pour cent des étudiants juifs et 27 % des Arabes ont également dit qu’ils n’ont jamais interagi avec leurs pairs de l’autre groupe, tandis que 20 % des adolescents juifs israéliens traditionnels et laïcs n’ont jamais eu de conversation avec un ultra-orthodoxe.

Alors que 76 % des Israéliens laïcs étaient disposés à vivre dans le même immeuble que des Arabes, seulement 37 % des Juifs religieux et 11 % des adolescents ultra-orthodoxes ont dit la même chose. Soixante-huit pour cent des adolescents arabes ont dit qu’ils étaient prêts à avoir des voisins juifs.

De nombreux répondants arabes et haredis ont transmis leurs inquiétudes au sujet de leur place dans la société, avec 40 % des adolescents arabes disant être préoccupés par la place de leur secteur dans la société israélienne, tandis que près d’un tiers des adolescents haredis a répondu de même.

Fait alarmant, seulement 28 % des répondants ont déclaré qu’ils condamnent les attaques juives du « Prix à payer », associées à des groupes religieux d’extrême-droite. Les élèves des maisons traditionnelles étaient étonnamment plus susceptibles de dénoncer ces attaques que leurs pairs laïcs.

Ces incidents de violence ou de vandalisme visent les Palestiniens ou les forces de sécurité israéliennes et sont des actes de revanche pour des actions contre les implantations.

Parmi les élèves qui se sont identifiés comme de droite, 48 % ont dit comprendre le raisonnement derrière ces attaques.

Ce soutien des attaques du « Prix à payer » semble aller à l’encontre de la condamnation générale de l’activité qui a été exprimé par de hauts responsables israéliens de tout le spectre politique.

L’enquête a également examiné la volonté des adolescents d’exprimer leurs opinions politiques, avec un écrasant 84 % notant qu’ils évitent diffuser leurs points de vue en ligne. Parmi ceux qui se sont exprimés, un tiers ont déclaré avoir été harcelés pour leurs croyances sur le net.

Les résultats ont été présentés lors d’une conférence ​​sur l’état de l’éducation en Israël mardi, avec le président Reuven Rivlin entre autres orateurs. Co-parrainée par l’Institut de démocratie Israël et l’Université ouverte, la conférence a examiné les tendances de l’enseignement public et l’évolution démographique de l’Etat juif.

Le sondage a été réalisé par l’Institut Rafi Smith. Une marge d’erreur n’a pas été fournie.

« À une époque où nous assistons à une augmentation des cas d’intolérance, de racisme, de discrimination et de violence, l’éducation doit jouer un rôle clé dans le façonnement de la société israélienne comme une société démocratique, ouverte et éclairée, » a déclaré le professeur Kobi Metzer, le président de l’Université ouverte.

« [C’est une égalité] qui devrait être conférée aux membres de divers groupes, indépendamment de leur étiquette ou statut », a déclaré Metzer.

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