Les autorités du nord d’Israël appellent au calme face aux tensions avec l’Iran
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Les autorités du nord d’Israël appellent au calme face aux tensions avec l’Iran

Les abris antiaériens sont restés fermés et les résidents doivent continuer à vivre normalement malgré les craintes liées à d'éventuelles frappes ou infiltrations iraniennes

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman,  deuxième à droite, lors d'une conférence de presse au cours d'une visite à Kiryat Shmona, dans le nord du pays, le 13 février 2018 (Crédit :  Judah Ari Gross/Times of Israel)
Le ministre de la Défense Avigdor Liberman, deuxième à droite, lors d'une conférence de presse au cours d'une visite à Kiryat Shmona, dans le nord du pays, le 13 février 2018 (Crédit : Judah Ari Gross/Times of Israel)

Les autorités locales du nord d’Israël ont cherché à apaiser les résidents, lundi, après une mise en garde des responsables de la Défense, vingt-quatre heures plus tôt, que l’Iran pourrait être en train de préparer une attaque de représailles contre Israël, notamment d’éventuelles frappes de missiles contre des cibles militaires.

Aucune instruction de sécurité particulière n’a été donnée aux habitants du nord d’Israël malgré la menace mais les chefs des gouvernements locaux ont affirmé être d’ores et déjà prêts à toute éventualité.

Dimanche, des responsables militaires israéliens ont expliqué que l’Iran pourrait être en train de préparer des frappes à l’aide de missiles contre des cibles militaires dans le nord du pays en représailles aux bombardements israéliens présumés de sites iraniens en Syrie.

Lundi, la Deuxième chaîne a fait savoir que les autorités se préparaient également à la possibilité d’une incursion au sein d’une base militaire ou d’une communauté du nord.

Le directeur-général municipal de Kiryat Shmona, Eshkol Shukrun, a vivement recommandé aux habitants de conserver leur calme, a rapporté la Dixième chaîne.

« L’armée nous a demandé d’envoyer un appel au calme », a-t-il dit, ajoutant que certaines démarches d’ores et déjà entreprises seraient étroitement coordonnées avec les militaires.

« Nos habitants sont curieux et ils écoutent les informations transmises dans les médias, et certains d’entre eux nous téléphonent et nous demandent pourquoi nous n’avons pas ouvert les abris antiaériens ou ourdi des plans pour les évacuer », a-t-il ajouté. « Nous donnons des réponses responsables, principalement pour les apaiser. Nous les assurons que les responsables municipaux sont en contact direct avec l’armée ».

Il a également indiqué que la municipalité avait investi dans l’installation de climatiseurs dans les abris antiaériens et qu’elle s’assurait qu’ils répondaient aux normes. « Nous sommes entraînés, nous avons fait des simulations et le centre d’opérations est prêt », a-t-il expliqué.

Le ministre de la Défense Avigdor Liberman a indiqué qu’il n’y avait aucune raison de céder à la panique.

« Il y a de nombreux défis et de nombreuses menaces mais nous savons comment gérer toutes ces menaces et relever tous ces défis », a-t-il déclaré lundi depuis la Knesset. « Il n’y a aucune raison d’être euphorique ou fier mais le fait est que nous sommes prêts pour tous les scénarios ».

Il a également souligné le fait qu’Israël n’était pas intéressé par une escalade de la situation.

Lundi, le centre médical Rambam de Haïfa a inauguré un centre de commandement renforcé pour servir aux responsables de l’hôpital à l’occasion d’une éventuelle attaque aux missiles dans la ville. Ils ont également été préparés à la possibilité d’un transfert des patients dans un hôpital d’urgence souterrain de 2 000 lits si cela devait s’avérer nécessaire.

Yona Yahav, maire de Haïfa, pendant une conférence à l’université hébraïque de Jérusalem, le 22 mars 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le maire de Haïfa, Yona Yahav, a indiqué que la ville côtière se préparait au scénario d’un épisode de conflit.

« Nous sommes préparés 365 jours par an à ce qu’un fou commette un acte irresponsable, comme le lancement de missiles vers Haïfa », a dit Yona Yahav, des propos repris par le site Walla.

Il a vivement recommandé aux résidents de continuer à vivre normalement, donnant l’assurance que les responsables de la ville contrôlent la situation et que tous les abris antiaériens ont été bien conservés.

Les systèmes de défense antiaérienne du pays ont été placés en état d’alerte élevé dans le nord mais l’armée a préféré préciser qu’un exercice militaire programmé dans la région, comprenant des explosions et des fusées éclairantes, n’a aucun lien avec les tensions.

Cet entraînement doit durer toute la nuit, a fait savoir l’armée.

L’Iran a accès à une variété de missiles sol-sol, depuis des roquettes Fajr-5 à courte portée en passant par les missiles Fateh 110, à moyenne portée, qui peuvent parcourir approximativement 300 kilomètres, jusqu’aux missiles balistiques Shehab qui peuvent atteindre des cibles à plus de 1 300 kilomètres.

Un missile longue portée Shahab-3 exposé pendant la Journée d’Al-Qods à Téhéran, le 23 juin 2017. (Crédit : Stringer/AFP)

« Nous avons des systèmes anti-missiles très avancés : Le dôme de fer, la fronde de David, Arrow », a commenté le général de division réserviste Yaakov Amidror, ancien chef des renseignements militaires et ex-conseiller à la sécurité nationale du Premier ministre Benjamin Netanyahu, auprès des journalistes, se référant aux batteries de défense antiaérienne de l’Etat juif, conçus respectivement pour abattre les missiles à courte, moyenne et longue portée.

« J’espère que la plupart des missiles seront interceptés par nos systèmes de défense, et les cibles militaires sont supposées encaisser de telles attaques de temps en temps », a-t-il dit.

Un tank Merkava de l’armée israélienne tire lors d’un exercice au plateau du Golan en 2008 (Crédit : Neil Cohen/Porte-parole de l’armée israélienne via Wikimedia Commons)

Si ces batteries actives de défense aérienne échouent, il y a toutefois des craintes que la protection passive d’Israël contre les missiles – les abris antiaériens – ne soient pas une solution appropriée.

« L’hypothèse de travail est qu’il sont en train de se préparer à frapper des cibles militaires mais que nous pouvons connaître une escalade à n’importe quel moment, et que nous nous trouverons alors dans une situation d’un type totalement différent », a expliqué le maire de Kiryat Bialik, Eli Dukorsky, à Walla. « Cela exige qu’Israël répare rapidement les failles dans sa défense mais cela exige également de la part de chacun de nous de comprendre que les préparations doivent s’effectuer à un niveau personnel ainsi qu’à un niveau communautaire ».

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