Les chercheurs de Ben-Gurion n’ont pas peur de nettoyer les biofilms
Rechercher

Les chercheurs de Ben-Gurion n’ont pas peur de nettoyer les biofilms

Une nouvelle étude montre que des nano-métaux pourraient empêcher la formation de biofilm sur des surfaces métalliques et empêcher les contaminations

Les surfaces contrôles, non traitées, montre une colonisation bactérienne dense (en haut), alors que le revêtement FMC-Cu empêche la formation de biofilm, en bas. (Crédit : autorisation)
Les surfaces contrôles, non traitées, montre une colonisation bactérienne dense (en haut), alors que le revêtement FMC-Cu empêche la formation de biofilm, en bas. (Crédit : autorisation)

Les biofilms sont un poison de l’existence pour quiconque aime le propre et l’hygiène. Pour se débarrasser de ces films dans la cuisine, un bon nettoyant et une serpillère suffiront en général. Mais dans le corps, les colonies sous forme de film ne sont pas faciles à nettoyer. Les implants de titane dans la bouche ou d’autres parties du corps qui sont utilisés pour remplacer les os ou d’autres composants peuvent se recouvrir de biofilms et être contaminés.

Pour les enlever, un médecin doit les frotter avec un nettoyant (si le composant est atteignable), ou les traiter avec des antibiotiques. Parfois, comme dans le cas d’une infection sévère chez un patient qui a un composant en titane inséré dans le corps, une chirurgie peut être nécessaire pour enlever, nettoyer, et réinsérer ce composant.

Mais si les chercheurs de l’université Ben-Gurion ont raison, les patients pourraient bientôt ne plus avoir à souffrir de contamination au biofilm.

Dans une étude publiée dans le numéro de mars d’Advanced Materials Interfaces, les chercheurs du département d’ingénierie biotechnologique décrivent une technique prometteuse sur laquelle ils ont travaillé pour empêcher la formation des biofilms.

Plus précisément, il s’agit d’un revêtement formé de métal nano-travaillé qui aurait, selon les études, un effet délétère sur le biofilm, empêchant les bactéries qui le forment d’être accueillies sur les composants métalliques.

Les biofilms se forment quand des bactéries trouvent de l’eau, qui leur fournit un environnement leur permettant de coller à une surface.

La technologie sera également utile dans l’industrie, comme dans les usines agroalimentaires, les navires de haute mer, les ponts, tous les endroits où une bactérie peut entrer en contact avec de l’eau, et créer un biofilm potentiellement nuisible qui peut entraîner une maladie, de la rouille, ou une autre détérioration.

Selon les chercheurs, leur solution traite un « besoin pénétrant de concevoir des matériaux qui ne nuisent pas à l’environnement pour empêcher la dangereuse croissance bactérienne en surface ». Elle a un potentiel énorme pour empêcher la formation des biofilms par des bactéries ancrées à la surface et pourrait avoir un très fort impact.

Quand les bactéries rencontrent du métal et de l’eau, elles ont tendance à « s’installer », ont montré les études.

Comme les humains, les bactéries tendent à former des communautés pour survivre. Guidées génétiquement, les bactéries suivent un processus ordonné quand elles colonisent une surface : de l’attachement initial jusqu’à un attachement irréversible (quand les bactéries se sont fermement établies et adhèrent les unes aux autres, créant ainsi le film), puis à la dispersion, quand le film envoie des agents aux surfaces voisines et les colonise aussi.

Alors que la colonisation continue, les bactéries se multiplient et acquièrent des résistances, rendant ces colonies plus résistantes aux antibiotiques ou à d’autres formules utilisées pour les détruire.

La recherche a montré que certains matériaux, comme des films métalliques complexes (FMC) qui sont des films métalliques très fin, de l’ordre du nanomètre, traités avec certains agents chimiques, tendent à empêcher la formation de biofilms, mais peu d’études approfondies de ce phénomène ont déjà été réalisées. Les chercheurs de l’université Ben-Gurion ont examiné différents matériaux, comme le FMC-Zn (zinc) et le FMC-Cu (cuivre), et ont réussi avec ce dernier.

« Les complexes FMC-CU sont fabriqués dans des conditions de température et de pression constantes pout empêcher une fuite d’ion métallique, et tiennent leur promesse pour un large spectre d’application anti-biofilm industrielles et médicales », ont déclaré les chercheurs.

La présence de FMC-Cu sur les surfaces « n’est pas encore prouvée », est-il écrit dans l’étude. Néanmoins, les chercheurs sont très optimistes sur le futur de cette technologie.

« L’antiadhésif peut être utilisé sur des implants médicaux, des outils et équipements chirurgicaux où les bactéries peuvent contribuer à des maladies chroniques, résister aux traitements antibiotiques et par conséquent compromettre le système de défense du corps », ont déclaré les chercheurs.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...