Les douloureuses questions de la deuxième génération post-Shoah
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Les douloureuses questions de la deuxième génération post-Shoah

Selon Nathalie Zajde, responsable d'une cellule d'aide psychologique des survivants de la Shoah explique comment l'ethnopsychiatrie aide à penser le traumatisme

Nathalie Zajde en décembre 2017 lors d'une conférence sur la mémoire organisée par l'ECUJE (Crédit: capture d'écran Youtube/Ecuje)
Nathalie Zajde en décembre 2017 lors d'une conférence sur la mémoire organisée par l'ECUJE (Crédit: capture d'écran Youtube/Ecuje)

Dans un long entretien accordé à Actualité juive, Nathalie Zajde revient sur les problèmes psychologiques auxquels fait face les enfants de victimes de la Shaoh.

Auteur prolifique d’une oeuvre consacrée aux enfants de survivants, elle anime également la cellule d’aide psychologique des survivants de la Shoah et leurs descendants du centre Georges Devereux. Nathalie Zajde revient sur les difficultés initiales rencontrées par la psychiatrie et la psychologie de rendre compte du mal-être habitant la deuxième génération.

« Cette question préoccupe les psychiatres et les psychologues depuis les années 1970 (…). Or, force est de constater qu’ils ne sont parvenus à isoler aucun invariant. Autrement dit, du point de vue psy, quelles que soient les différentes approches, aucun symptôme ni aucun fonctionnement psychologique systématique n’a pu être repéré à la seconde génération ».

Heureusement une nouvelle discipline, l’ethnopsychiatrie, est apparue porteuse d’outils adaptés pour cerner et qualifier ces syndromes post-traumatiques ayant sauté une génération.

« L’ethnopsychiatrie est une approche de la psychologie qui prend en compte non seulement le sujet, son identité, sa lignée, sa culture, ses attachements, ses dieux, mais également son groupe politique, son histoire, son contexte et son parcours de vie, » détaille Zajde.

Ainsi, cette discipline a ainsi permis de cibler les souffrances psychiques des patients qui s’incarnent dans la non-résolution actuelle de certaines questions fondamentales :

« Pourquoi la Shoah ? », « Comment se fait-il que la mort soit passée tout près de mes parents et in fine tout près de moi, et nous ait épargnés ? », « Pour vivre quelle existence ? », « Pour avoir quelle descendance ? », « Que réclament nos morts disparus dans la Shoah ? », « Une nouvelle Shoah est-elle possible ? » « Comment faire cette fois-ci pour l’empêcher ?  »

Des questions rationnelles qui méritent des réponses étayées.

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