Les émeutes à Chemnitz menacent la démocratie – Groupes juifs allemands
Rechercher

Les émeutes à Chemnitz menacent la démocratie – Groupes juifs allemands

"C'est un moment difficile pour les Juifs qui vivent en Allemagne", a déclaré Deidre Berger

Des manifestants de droite allument des fusées le 27 août 2018 à Chemnitz, dans l'est de l'Allemagne, suite à la mort d'un Allemand de 35 ans qui aurait été tués par deux migrants du monde musulman (Crédit : AFP Photo/Odd Andersen)
Des manifestants de droite allument des fusées le 27 août 2018 à Chemnitz, dans l'est de l'Allemagne, suite à la mort d'un Allemand de 35 ans qui aurait été tués par deux migrants du monde musulman (Crédit : AFP Photo/Odd Andersen)

Les émeutes contre les étrangers qui ont eu lieu dans l’ancienne ville d’Allemagne de l’Est de Chemnitz suscitent l’inquiétude auprès des leaders et activistes juifs, qui s’interrogent sur la stabilité de la démocratie allemande.

Ces émeutes sont survenues durant des manifestations anti-migrants, après que deux hommes d’origine arabe ont été arrêtés pour le meurtre, le 26 août, d’un Allemand à Chemnitz, dans la Saxe.

Des activistes d’extrême-droite ont rallié leurs soutiens en quelques heures et, pendant deux jours, certains extrémistes présents lors des manifestations ont pourchassé et agressé des personnes qu’ils considéraient comme des étrangers. Des journalistes auraient également été attaqués. De plus, certains manifestants de droite s’en seraient aussi pris à la police, qui a fini par utiliser des canons à eau et des gourdins pour contrôler les participants.

Les excès des manifestants et l’impuissance apparente de la police ont poussé les responsables juifs à rejoindre les politiciens de tout le spectre politique traditionnel, faisant part de grandes inquiétudes.

Josef Schuster, chef du comité central des Juifs d’Allemagne, a expliqué dans une déclaration, le 28 août, qu’il était extrêmement préoccupant que des extrémistes de droite soient devenus plus radicaux et plus professionnels dans leurs activités.

Il a accusé le parti de l’extrême-droite allemande, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), de tenter de tirer profit de la tragédie d’un meurtre. Au mois de septembre dernier, l’AfD est devenu le premier parti d’extrême droite dans l’Allemagne de l’après-guerre à siéger au Bundestag.

Schuster a expliqué qu’il était alarmant que tant de personnes n’hésitent pas « à traquer certains groupes d’individus sur la base de rumeurs et appellent à une justice d’auto-défense ».

Nora Goldenbogen, à la tête de la communauté juive de Dresden et de l’association régionale des communautés juives de Saxe, a expliqué être « très effrayée » par l’apparente « escalade et radicalisation » de l’extrême-droite.

Dans une tribune écrite pour l’hebdomadaire juif allemand, le Juedische Allgemeine, elle a noté « la rapidité avec laquelle des radicaux de droite peuvent s’organiser » et elle a vivement recommandé à la société civile de s’associer au gouvernement pour défendre les valeurs démocratiques.

« Plus longtemps ces manifestations continueront, en attirant des membres de l’extrême-droite de toute l’Allemagne, plus fort sera le sentiment de malaise de voir réapparaître l’antisémitisme à n’importe quel moment », a commenté Deidre Berger, dirigeant à Berlin du bureau de l’AJC (American Jewish Committee).

« C’est un moment difficile pour les Juifs qui vivent en Allemagne ».

Pour leur part, des dizaines de milliers de manifestants pro-démocratie se sont rassemblés lundi pour un concert organisé sous la bannière « Nous sommes plus nombreux encore ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...