Les Émiratis se réjouissent de l’arrivée d’Israéliens dans leur pays
Rechercher

Les Émiratis se réjouissent de l’arrivée d’Israéliens dans leur pays

Au centre commercial, Rafi et Nissim savourent un café tandis qu'un vendeur d'origine syrienne de Sephora, d’abord perplexe, se réjouit de la venue d’Israéliens

Rafi Revach (à gauche) et Nissim Arush, deux Israéliens de Dimona visitant le Dubai Mall, le 9 décembre 2020. (Crédit : Shoshanna Solomon / Times of Israël)
Rafi Revach (à gauche) et Nissim Arush, deux Israéliens de Dimona visitant le Dubai Mall, le 9 décembre 2020. (Crédit : Shoshanna Solomon / Times of Israël)

DUBAI, Émirats arabes unis – Rafi Revach et Nissim Arush se trouvent assis dans un café d’un centre commercial, des sacs de provisions à leurs pieds, discutant joyeusement en hébreu. Rien d’inhabituel à cela, mis à part le fait qu’ils se trouvent au Dubai Mall, aux Émirats arabes unis – une destination vers laquelle les Israéliens affluent désormais, alors que la normalisation des liens entre les deux pays a déclenché un brusque bourdonnement d’activités.

« Nous sommes ici pour envisager la possibilité d’emmener les employés d’Israel Chemicals ici en congés », explique Revach en souriant. Israel Chemicals Ltd. est un fabricant de produits chimiques et d’engrais en Israël.

Revach et Arush, tous deux originaires de la ville de Dimona, dans le sud d’Israël, font partie du syndicat de l’entreprise, ont-ils expliqué, et se sont rendus à Dubaï pendant quatre jours pour découvrir son potentiel touristique.

Dubaï s’avère être une destination prisée de leurs compatriotes. « Il y a beaucoup d’Israéliens ici, c’est en plein boom », dit l’un d’eux, faisant référence à une délégation de chefs de municipalité ainsi qu’à des membres du Likud en visite en même temps.

Les deux hommes ont acheté des chaussures et des cadeaux pour leurs enfants. « C’est plus cher ici qu’en Israël », a déclaré Revach. « Nous avons payé 144 dirhams (39,21 $) juste pour deux cafés et deux sodas. »

Un passager israélien d’un vol Flydubai au départ de Tel Aviv brandit son passeport israélien à son arrivée à l’aéroport international de Dubaï aux Émirats arabes unis, le 26 novembre 2020. (Crédit : AP Photo / Jon Gambrell)

Les accords d’Abraham, qui ont normalisé les liens entre Israël et les Émirats arabes unis, signés en septembre, ont apporté de nouvelles opportunités en termes de tourisme et d’affaires, la pandémie de coronavirus ayant mis fin à la plupart des autres projets de voyage.

Quelque 5 000 Israéliens ont visité Dubaï en novembre et, sur la base des réservations de billets, environ 50 000 devraient visiter la ville la plus peuplée des Émirats arabes unis en décembre, a déclaré Aymen Baccouche, né en Tunisie, directeur des ventes pour le Moyen-Orient, l’Afrique et l’Inde pour l’hôtel de villégiature cinq étoiles Atlantis.

L’hôtel dispose de deux suites sous-marines et sa suite royale de 1 000 mètres carrés à 27 000 $ la nuit a accueilli Jennifer Lopez et Kim Kardashian. 48 des 1 548 chambres de l’hôtel sont actuellement occupées par des Israéliens, a-t-il déclaré, Israël représentant son plus récent – et déjà son troisième – plus grand marché, le plus important étant le Royaume-Uni.

L’hôtel Atlantis à The Palm, Dubaï, le 9 décembre 2020. (Crédit : Shoshanna Solomon / Times of Israël)

Echangeant avec des journalistes israéliens qui ont dîné à son hôtel, Baccouche a demandé à apprendre quelques mots en hébreu et s’est renseigné sur les traditions de Hanoukka. Pourquoi mange-t-on des beignets lors de cette fête, voulait-il savoir.

Quelque 1 000 Israéliens, des visiteurs et des exposants, ont assisté à la Semaine de la technologie de la Gulf Information Technology Exhibition (Gitex), l’un des plus grands sommets technologiques annuels au monde, cette semaine à Dubaï, a déclaré Trixie LohMirmand, vice-présidente exécutive événementielle, dans une brève interview avec le Times of Israël.

C’était la première fois que des Israéliens participaient à la conférence – une évolution qui faisait suite à l’accord de normalisation.

« C’est une occasion mémorable », a déclaré LohMirmand. Il y a une « immense volonté » de la part de toutes les parties de s’engager, a-t-elle ajouté, et les nouvelles relations diplomatiques annoncent une « grande ère de nouveaux partenariats ».

L’événement était d’une bien moindre ampleur que les années précédentes en raison de la pandémie, mais la participation d’Israël et plusieurs événements axés sur la collaboration Israël-Emirats ont donné un coup de pouce à Gitex.

La conférence comprenait deux événements centrés sur Israël : un premier sommet sur l’économie numérique du futur entre les Émirats arabes unis et Israël lundi, et une journée de découverte de l’innovation israélienne mardi.

« Le fait que nous soyons ici cette année est historique », a déclaré Moshiel Biton, PDG d’Addionics, une start-up israélienne qui redessine l’architecture des batteries.

Sur son stand de l’exposition, il a déclaré que les EAU étaient « ouverts à nos technologies. Nous voulons que notre idée atteigne de nouveaux objectifs ; il y a un énorme potentiel ».

De même, Gil Elgrably de RightHear, une startup qui aide les personnes handicapées visuelles à s’orienter dans les espaces publics, a déclaré qu’il se sentait ému de se trouver à Dubaï. « C’est la première fois pour moi », a-t-il dit.

Idan Meir, à gauche, et Gil Elgrably de RightHear, assistent pour la première fois à l’exposition Gitex de Dubaï, le 9 décembre 2020 (Crédit : Shoshanna Solomon / Times of Israël)

Pendant ce temps, au centre commercial, deux Israéliens étaient occupés à retirer de l’argent à un guichet automatique, tandis qu’un couple parlant hébreu a déclaré être venu à Dubaï pour promouvoir des projets immobiliers, à la fois commerciaux et résidentiels. « Nous nous sommes associés à une grande entreprise de Dubaï », a déclaré l’homme, qui a préféré ne pas révéler son nom.

Les Israéliens se promènent parmi les boutiques de luxe au milieu des autres acheteurs, plus rares que d’habitude à cause de la pandémie. Des hommes de grande taille avec des robes blanches traditionnelles et des coiffes attachées avec une corde noire se trouvent dans les cafés ; des femmes vêtues de robes noires, portant le voile et arborant des sacs à main dispendieux font les magasins avec leurs amies, ou parlent au téléphone. Tous sont masqués. À un moment donné, l’enregistrement d’un appel musulman à la prière a retenti dans tout le centre commercial.

Un résident émirati prenant une photo avec Fathlla Mreih, à droite, journaliste israélien à Dubaï, le 9 décembre 2020. (Crédit : Shoshanna Solomon / Times of Israël)

Une Israélienne de 30 ans a déclaré au Times of Israël qu’elle avait commencé à travailler il y a une semaine sur un stand installé par une entreprise américaine, Earth Scientific, dans le centre commercial. « Je suis formatrice en vente », a-t-elle indiqué. « Je leur apprends à vendre les produits. » Elle venait d’expliquer à ses collègues le sens des mots en hébreu « Ma koreh ? » – « Quoi de neuf ? »

Dans le magasin Sephora, un vendeur de maquillage né en Syrie, à Dubaï depuis 16 ans, a déclaré que la première fois qu’il avait rencontré des clients israéliens dans le magasin, quelques jours plus tôt, il avait « grincé des dents », son corps se recroquevillant pour montrer ce qu’il avait ressenti. « Puis ça a été », dit-il. « Ils sont très gentils. » Oui, a-t-il dit en rigolant, en emballant des rouges à lèvres dans un sac, il y a beaucoup d’Israéliens à venir dans le magasin, et ils achètent beaucoup !

Mercredi soir, devant l’hôtel Maydan, également à Dubaï, un résident émirati vêtu d’une robe blanche attendait une voiture. Il a commencé à discuter avec un groupe de journalistes, et quand ils ont dit qu’ils venaient d’Israël, il a souri chaleureusement et déclaré : « Bienvenue, bienvenue ! » Puis a suivi une vague de selfies, de sourires et de pouces levés. Avant que chacun ne se sépare, tous ravis de ce moment.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...