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Les Emirats lancent un fonds de 10 mds USD pour des investissements en Turquie

Cette visite devrait ouvrir un nouveau chapitre des relations entre les rivaux régionaux d'hier, alors que la livre turque est en plein marasme économique

Le président turc Recep Tayyip Erdogan (à droite) pose avec le prince héritier d'Abou Dhabi, le cheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan, lors d'une cérémonie officielle au complexe présidentiel à Ankara, le 24 novembre 2021. (Crédit : Adem ALTAN / AFP)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan (à droite) pose avec le prince héritier d'Abou Dhabi, le cheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan, lors d'une cérémonie officielle au complexe présidentiel à Ankara, le 24 novembre 2021. (Crédit : Adem ALTAN / AFP)

Les Emirats arabes unis ont annoncé mercredi un fonds de 10 milliards de dollars (près de 9 milliards d’euros) pour des investissements en Turquie, où se trouve en visite le prince héritier d’Abou Dhabi, Mohammed ben Zayed Al-Nahyane.

« Les Emirats ont annoncé l’établissement d’un fonds de 10 milliards de dollars pour soutenir les investissements en Turquie », a indiqué l’agence de presse officielle Wam.

L’agence a évoqué un « soutien à l’économie turque et un renforcement des relations bilatérales », ajoutant que le fonds se concentrera sur des « investissements stratégiques », en particulier dans les secteurs de la logistique, de l’énergie, de la santé et l’alimentation.

Mohammed ben Zayed Al-Nahyane, dirigeant de facto des Emirats, a été accueilli mercredi avec les honneurs à Ankara par le président turc Recep Tayyip Erdogan, une visite qui devrait ouvrir un nouveau chapitre des relations entre les rivaux régionaux d’hier.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan (à droite) pose avec le prince héritier d’Abou Dhabi, le cheikh Mohammed bin Zayed Al Nahyan, lors d’une cérémonie officielle au complexe présidentiel à Ankara, le 24 novembre 2021. (Crédit : Adem ALTAN / AFP)

Cette première visite en Turquie d’un responsable émirati de ce rang depuis 2012 intervient au lendemain d’un nouveau plongeon historique de la livre turque en plein marasme économique. La monnaie a perdu plus de 43 % de sa valeur face au dollar depuis le début de l’année, et des observateurs redoutent que la chute se poursuive.

A rebours des théories économiques classiques, le président Erdogan estime que les taux d’intérêt élevés favorisent l’inflation.

Conformément au souhait du président, la Banque centrale turque – officiellement indépendante – a ainsi abaissé de nouveau son taux directeur la semaine dernière (de 16 à 15%) pour la troisième fois en moins de deux mois, sousle niveau d’inflation qui frôle les 20% sur un an.

M. Erdogan a limogé depuis juillet 2019 trois gouverneurs de la Banque centrale et remplacé son ministre des Finances à deux reprises depuis novembre 2020. Des décisions qui ont à chaque fois fait chuter la livre.

Le président Erdogan balaie cependant toute responsabilité dans la chute de la livre : « Je rejette les politiques qui condamneront notre peuple au chômage, à la faim et à la pauvreté », a-t-il déclaré lundi pour justifier sa politique de croissance à tout prix.

La chute de la livre nourrit aussi l’inflation, la Turquie étant très dépendante des importations, pour l’énergie et les matières premières notamment. L’inflation annuelle officielle était de 19,89 % en octobre, un taux quatre fois supérieur à l’objectif initial du gouvernement.

La rencontre des dirigeants émirati et turc devrait permettre de réparer la relation entre deux acteurs majeurs de la région, opposés notamment sur le conflit en Libye ou l’exploration gazière en Méditerranée orientale.

Les liens s’étaient encore lors du blocus du Qatar, proche allié d’Ankara, décrété de 2017 à 2021 par l’Arabie saoudite et les Emirats.

Et les Emirats sont partisans d’une ligne dure à l’égard de l’islam politique, dont est issu M. Erdogan, qu’ils considèrent comme une menace pour leur stabilité. Ils reprochent notamment au dirigeant turc son soutien aux Frères musulmans, classés comme un groupe terroriste par Abou Dhabi.

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