Les enfants de la Shoah ont presque deux fois plus de risque d’être schizophrène
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Les enfants de la Shoah ont presque deux fois plus de risque d’être schizophrène

Une étude renforce l’hypothèse de survivants portant la souffrance toute leur vie, plutôt que de devenir plus fort et plus sain

Les élèves ont planché autour du thème de "la négation de l’Homme dans l’univers concentrationnaire nazi". Ici, un mirador le long d'une clôture de barbelés sur le site du mémorial de l'ancien camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau, à la veille du 70e anniversaire de la libération du camp d'extermination nazi à Oswiecim, le 26 janvier 2015. (Crédit : Odd Andersen/AFP)
Les élèves ont planché autour du thème de "la négation de l’Homme dans l’univers concentrationnaire nazi". Ici, un mirador le long d'une clôture de barbelés sur le site du mémorial de l'ancien camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau, à la veille du 70e anniversaire de la libération du camp d'extermination nazi à Oswiecim, le 26 janvier 2015. (Crédit : Odd Andersen/AFP)

Les Israéliens qui, pendant qu’ils étaient des enfants de plus de deux ans, ont été exposés aux traumatismes et à la souffrance pendant l’Holocauste, ont presque deux fois plus de risques de développer une schizophrénie que les autres Israéliens nés en Europe qui n’ont pas affronté cette expérience, selon une étude l’université de Haïfa.

Alors que les survivants de l’Holocauste en général ont 27 % de risques en plus de développer le handicap que leurs pairs non survivants, ceux dont la mère était enceinte d’eux pendant la Seconde Guerre Mondiale et a expérimenté les horreurs de l’Holocauste après l’âge de deux ans ont 41 % plus de risques de présenter la maladie.

« L’exposition à différents traumas pendant de longues périodes et la souffrance que les survivants ont expérimenté pendant l’Holocauste ont augmenté le risque de développer une schizophrénie », a déclaré le professeur Stephen Levine, du département de la santé mentale communautaire de l’université de Haïfa, citant « une combinaison d’influences pendant la grossesse et après la naissance », a rapporté lundi le site d’informations de Haaretz.

La schizophrénie est une maladie mentale sévère chronique qui affecte environ une personne sur 100, touchant les capacités de la personne à penser, ressentir, se comporter, qui semble parfois avoir perdu le contact avec la réalité. Les scientifiques sont toujours loin de comprendre cette maladie.

La génétique joue probablement un rôle, alors que l’influence des facteurs environnementaux et épigénétiques – des variations génétiques causées par des facteurs environnementaux plutôt que par des modifications de l’ADN – est toujours un sujet de débat.

« Exposition au génocide et risque de schizophrénie » (Exposure to Genocide and the Risk of Schizophrenia) est basée sur des données démographiques et médicales recensant des informations sur 114 000 Israéliens qui sont nés entre 1928 et 1945 dans des pays européens où a eu lieu l’Holocauste.

Ils ont immigré en Israël jusqu’en 1965. Les sujets ont été suivis pour schizophrénie dans le registre national des cas psychiatriques entre 1950 et 2014.

« Dans la littérature scientifique, il y a un débat sur les influences de l’exposition à l’Holocauste », a déclaré Levine, qui a codirigé l’étude avec le professeur Yitzhak Levav et avec d’autres chercheurs de l’université de Haïfa et du ministère de la Santé.

« Il y a ceux qui affirment que les survivants de l’Holocauste en sont sortis plus forts et plus sains et l’on pourrait donc supposer qu’ils sont moins sujets au développement de la schizophrénie. De l’autre côté, il y a ceux qui disent qu’après une exposition à long terme à des traumatismes extrêmes, les survivants de l’Holocauste ont un risque plus élevé de développer cette maladie, et cette étude renforce cette [dernière] affirmation. »

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