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Les États-Unis suspendent l’assistance au Soudan liée aux Accords d’Abraham

Washington somme Israël d'appeler à la démocratie au Soudan ; Jérusalem n'a jamais réagi au coup d'état de l'année dernière, quand l'armée avait pris le pouvoir

Des manifestants soudanais se rassemblent dans le quartier al-Daim de la capitale Khartoum, le 2 janvier 2022, sur fond d'appels à des rassemblements pro-démocratie en "mémoire des martyrs" tués lors des récentes manifestations. (Crédit : AFP)
Des manifestants soudanais se rassemblent dans le quartier al-Daim de la capitale Khartoum, le 2 janvier 2022, sur fond d'appels à des rassemblements pro-démocratie en "mémoire des martyrs" tués lors des récentes manifestations. (Crédit : AFP)

WASHINGTON (JTA) — L’administration Biden a suspendu l’assistance versée au Soudan, et notamment celle liée à son accord de normalisation avec Israël. Elle souhaite par ailleurs qu’Israël dénonce le coup d’état sanglant qui avait renversé le gouvernement civil du pays, l’année dernière.

« A ce stade, les États-Unis ne vont pas continuer à apporter l’assistance qui avait été à l’origine affectée au gouvernement de transition, avec à sa tête des civils, au Soudan – une assistance qui était en lien avec les efforts visant à améliorer les relations bilatérales entre le Soudan et Israël », a déclaré un porte-parole du Département d’État dans un courriel, vendredi, écrit en réponse à une requête. « Ce qui comprend des livraisons de blé et certaines aides au développement, au commerce et aux investissements ».

Cette information avait été initialement transmise par le Jewish Insider.

Le porte-parole a aussi souligné que les États-Unis avaient suspendu l’assistance étrangère sans lien avec les Accords d’Abraham, ces accords de normalisation qui avaient été conclus entre Israël et quatre pays arabes, à cause du coup d’État. Il a précisé que l’administration Biden attendait d’Israël un appel en faveur du retour d’un gouvernement démocratiquement élu au Soudan.

« Toute initiative prise à cet effet par les dirigeants militaires du Soudan ne serait pas crédible aux yeux du peuple soudanais », a-t-il dit. « Nous encourageons avec force l’État d’Israël à se joindre à nous et nous encourageons la communauté internationale plus largement à demander à haute voix aux leaders militaires soudanais de laisser le pouvoir à un gouvernement de transition crédible qui serait dirigé par des civils ».

L’armée soudanaise s’était saisie du pouvoir à l’automne dernier, arrêtant le Premier ministre du pays. Des mouvements de protestation massifs avaient eu lieu et des dizaines de personnes avaient été tuées par les forces de sécurité dans le cadre de ces manifestations.

Le président américain Donald Trump s’entretient au téléphone avec les dirigeants du Soudan et d’Israël, tandis que le secrétaire d’État Mike Pompeo, à gauche, le conseiller principal de la Maison Blanche Jared Kushner et le conseiller à la sécurité nationale Robert O’Brien, applaudissent dans le bureau ovale, le 23 octobre 2020. (Crédit : AP Photo/Alex Brandon)

L’État juif n’a fait aucun commentaire sur cette situation, et un ministre de l’ancien gouvernement civil a déclaré à Haaretz, le mois dernier, que cette absence de réaction pouvait être considérée comme une forme de soutien au coup d’état.

L’administration Trump, au cours des derniers mois de son mandat, avait négocié des accords de normalisation entre Israël et les Émirats arabes unis, Maroc et Bahreïn, ainsi qu’avec le Soudan. L’accord final avec le Soudan doit encore être finalisé en raison de l’instabilité qui règne dans le pays.

L’administration Biden s’est engagée à développer encore les Accords d’Abraham – l’un des rares points d’entente avec l’administration Trump.

« Concernant les Accords d’Abraham, comme nous l’avons dit, ils sont une avancée positive qui a entraîné des bénéfices évidents pour Israël et pour la région », a ajouté le porte-parole, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat, comme c’est la coutume au sein du département d’État. « Les États-Unis continueront à chercher des opportunités qui permettront à Israël et à d’autres pays de normaliser leurs relations et d’élargir leur coopération ».

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