Les familles des trois jeunes assassinés en 2014 attaquent le Hamas en justice
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Les familles des trois jeunes assassinés en 2014 attaquent le Hamas en justice

Les parents de Naftali Fraenkel, Gil-ad Shaar et Eyal Yifrach affirment qu'ils mènent une action pour bloquer le transfert d'argent de l'AP vers le groupe terroriste

Eyal Yifrah, 19 ans, Gilad Shaar, 16 ans et Naftali Fraenkel, 16 ans, les trois adolescents  israéliens kidnappés le 12 juin 2014 et dont les dépouilles avaient été retrouvées le 30 juin 2014 (Crédit : Armée israélienne/AP)
Eyal Yifrah, 19 ans, Gilad Shaar, 16 ans et Naftali Fraenkel, 16 ans, les trois adolescents israéliens kidnappés le 12 juin 2014 et dont les dépouilles avaient été retrouvées le 30 juin 2014 (Crédit : Armée israélienne/AP)

Les familles de trois adolescents assassinés par un membre du Hamas en 2014 ont poursuivi le groupe terroriste palestinien dimanche, déposant une plainte auprès du tribunal de district de Jérusalem pour plus d’un demi-milliard de shekels.

Les familles de Naftali Fraenkel, Gil-ad Shaar et Eyal Yifrach disent qu’elles portent l’affaire en justice pour tenter d’empêcher l’Autorité palestinienne (AP) de transférer de l’argent au Hamas.

« Si l’accusation a le pouvoir de dissuader, même légèrement, ces forces maléfiques, ce sera notre récompense », ont expliqué les familles dans un communiqué.

Naftali Fraenkel, 16 ans, Gil-ad Shaar, 16 ans, et Eyal Yifrach, 19 ans, avaient été kidnappés par des terroristes du Hamas dans la nuit du 12 juin 2014, à une station d’auto-stop en Cisjordanie, au sud de Jérusalem.

Leurs corps avaient été découverts le 30 juin à Halhul, près de Hébron, après 18 jours de recherches. Il s’est avéré qu’ils avaient été assassinés quelques heures après leur enlèvement.

Les tensions se sont encore accrues après le meurtre de l’adolescent palestinien Mouhammed Abou Kdheir par des extrémistes juifs dans un acte présumé de vengeance. Ces événements ont été un catalyseur majeur de la guerre de 50 jours entre Israël et le Hamas à Gaza qui a commencé le 8 juillet.

Selon la plainte, le Hamas est directement responsable des enlèvements et des meurtres et devrait donc verser 520 millions de shekels (environ 130 millions d’euros) en compensation.

Les parents des trois garçons enlevés Gil-ad Shaar, Eyal Yifrach et Naftali Fraenkel (Crédit : Flash 90)

La plainte indique que selon une étude réalisée pour leur équipe par Alon Eviatar, un ancien haut fonctionnaire du COGAT – l’unité du ministère de la Défense chargée de la liaison avec les Palestiniens – l’Autorité palestinienne transfère entre 50 et 100 millions de dollars par mois au Hamas.

« [L’argent va] aux bureaux du gouvernement du Hamas à Gaza, et à divers organismes de Gaza qui sont sous le contrôle du Hamas, et en fait, tout l’argent va à l’une des parties de l’organisation du Hamas », affirment les familles, selon les informations de la Treizième chaîne.

Il n’y a pas de chiffre officiel sur le montant de l’argent transféré par l’AP au Hamas et on ne sait toujours pas comment ces transferts ont été affectés par la pandémie de coronavirus.

Nitsana Darshan-Leitner, présidente de Shurat HaDin, centre de droit israélien (Crédit: Shurat HaDin)

Les familles des adolescents israéliens assassinés sont représentées par Nitsana Darshan-Leitner de l’ONG Shurat HaDin, qui a expliqué à la chaîne Kan que l’action en justice était nécessaire parce que le gouvernement israélien n’avait pas réussi à arrêter le financement du Hamas. Elle a ajouté que si nécessaire, l’argent serait récupéré sur les transferts fiscaux qu’Israël effectue à l’AP.

« Ce que l’État d’Israël ne fait pas – arrêter le financement du terrorisme par l’argent que l’Autorité palestinienne transfère au Hamas – les victimes du terrorisme réussiront à le faire », a soutenu Mme Darshan-Leitner.

« C’est un procès qui crée un précédent. Pour la première fois, des fonds de l’Autorité palestinienne seront confisqués pour un attentat terroriste perpétré par le Hamas. Si l’Autorité palestinienne refuse d’honorer l’ordre de saisie, et continue à financer le Hamas malgré l’ordre, nous demanderons le montant de la compensation à partir de l’argent des impôts que l’État d’Israël transfère à l’Autorité palestinienne », a averti l’avocate.

En 2019, les recettes fiscales transférées à l’Autorité palestinienne par Israël représentaient environ 60 % du budget palestinien.

Visant à faire pression sur Israël pour protester contre le plan d’annexion de certaines parties de la Cisjordanie, apparemment mis en suspens ce mois-ci dans le cadre de l’accord de normalisation avec les Émirats arabes unis, l’AP a commencé à refuser les recettes fiscales fin mai, la laissant dans une crise fiscale profonde. Vendredi, l’AP rejetait toujours les recettes qu’Israël perçoit en son nom.

En outre, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et des responsables politiques de droite en Israël ont par le passé accusé le Premier ministre Benjamin Netanyahu de fournir au Hamas l’argent avec lequel il finance les attaques contre les Israéliens en permettant l’entrée dans la bande de Gaza de millions de dollars de fonds qataris par tranches, dans le cadre d’un accord non officiel entre Israël et le groupe terroriste basé à Gaza.

La récente montée de la violence le long de la frontière serait liée aux demandes d’augmentation des transferts de fonds du Qatar vers la bande de Gaza, où environ 60 % de la population est au chômage.

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