Les Femmes du mur soumises à des fouilles corporelles lors des prières
Rechercher

Les Femmes du mur soumises à des fouilles corporelles lors des prières

Le groupe progressiste juif explique que les autorités ultra-orthodoxes ‘continuent l’escalade de la violence à notre encontre’ sur le site du mur Occidental

Des manifestantes s'opposent aux membres de l'organisation  Women of the Wall sur le site du mur occidental à Jérusalem, le 12 décembre 2016. (Crédit Hadas Parush/Flash90)
Des manifestantes s'opposent aux membres de l'organisation Women of the Wall sur le site du mur occidental à Jérusalem, le 12 décembre 2016. (Crédit Hadas Parush/Flash90)

Les membres et les partisanes de l’organisation des Femmes du mur (Women of the Wall) ont subi des fouilles au corps, jeudi, alors qu’elles tentaient de pénétrer sur la place du mur Occidental.

Les femmes ont également été perturbées durant leur service mensuel de prière marquant le début du nouveau mois juif par de forts sifflets émanant de femmes ultra-orthodoxes présentes sur le site.

Au cours des fouilles corporelles, qui ont pour objectif d’empêcher le passage de rouleaux de Torah dans la section réservée aux femmes, certaines d’entre elles ont été contraintes d’ôter leurs manteaux et leur foulard et une femme au moins a dû enlever une couche de ses vêtements pour se soumettre à une recherche poussée, a fait savoir le quotidien Haaretz.

L’organisation des Femmes du mur prône l’égalité des sexes lors des services sur ce lieu saint du judaïsme en défiance aux règlements ultra-orthodoxes imposés par l’état sur le site du mur occidental.

Le renforcement en termes de sécurité a été ordonné par la Western Wall Heritage Foundation, fondation qui gère le patrimoine exceptionnel du mur Occidental dirigée par le rabbin Shmuel Rabinovitch. L’organisme détermine les usages sur le site, qui sont strictement orthodoxes.

Il a été interdit à l’association des Femmes du mur d’apporter des rouleaux de Torah au sein de la section réservée aux femmes depuis sa création, il y 25 ans.

“Le fait que le rabbin du mur Occidental et ses représentants refusent de mettre un terme à la profanation du Kotel par les sifflets des ultra-orthodoxes leur donne le feu vert pour une escalade continue de la violence à notre encontre”, a expliqué Lesley Sachs, directrice des Femmes du mur, dans une déclaration.

Un post publié jeudi sur la page Facebook du groupe a rapporté que des femmes ultra-orthodoxes avaient agressé physiquement Rachel Cohen Yeshurun, membre du bureau de Women of the Wall, au cours du service de prière mensuel.

L’institution rabbinique orthodoxe israélienne garde le monopole sur certains aspects essentiels de la vie religieuse dans le pays, comme les mariages, le divorce et les enterrements tandis que les rabbins issus des mouvements conservateur ou de la réforme ne sont pas reconnus et que leurs initiatives sont largement marginalisées. Contrairement aux Etats Unis, la majorité des juifs en Israël, tout en étant laïcs, suivent la tradition orthodoxe.

חברת הנהלת נשות הכותל נחנקת על-ידי מתנגדת חרדית

מידי ראש חודש מגיעות מפגינות חרדיות לעזרת הנשים בכותל על מנת להפריע את תפילת נשות הכותל.הן עושות זאת באמצעות שלטי מחאה בהם הן מתעטפות ועל ידי שריקות במשרוקיות מחרישות אוזניים שבאמצעותן הן מפריעות למתפללות.היום אחת מהן הגדילה לעשות וחנקה את חברת הנהלת נשות הכותל Rachel Cohen Yeshurun שביקשה ממנה להפסיק לשרוק.עצוב שבחברה כ"כ מגוונת אנשים לא מבינים שיש לתת ביטוי לכל אחת ואחד ובמקום זאת רואים את הדרך שלהן/ם כדבר הנכון והבלעדי.הקליקו לצפייה ושתפו.

Posted by ‎נשות הכותל‎ on Thursday, 1 December 2016

Le mur Occidental, qui est un vestige du complexe juif du mont du Temple, est le site le plus saint sur lequel les Juifs peuvent se recueillir.

Il est actuellement administré par les autorités rabbiniques ultra-orthodoxes. Des sections réservées aux femmes et aux hommes y ont été établies et la prière non-orthodoxe y est interdite, tout comme le sont les services mixtes et les prières dirigées par les femmes.

Les Femmes du mur a suscité la controverse pour avoir organisé des prières non-orthodoxes sur le lieu.

La police a déjà procédé à l’arrestation de femmes qui transportaient des rouleaux de Torah et qui portaient des artefacts religieux traditionnellement réservés aux hommes, des pratiques auxquelles s’opposent les Juifs ultra-orthodoxes et qu’ils considèrent comme une provocation.

Des femmes ultra-orthodoxes protestent contre le mouvement Women of the Wall au cours d'un service de prière sur le site du mur occidental le 1er décembre 2016 (Crédit :  Hadas Parush/Flash90)
Des femmes ultra-orthodoxes protestent contre le mouvement Women of the Wall au cours d’un service de prière sur le site du mur occidental le 1er décembre 2016 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Il y a presque un an, les mouvements Conservateur et de la Réforme, l’organisation des Femmes du mur, l’Agence juive et le gouvernement avaient trouvé un accord portant sur l’établissement d’une zone consacrée à la prière mixte.

Selon les termes de ce compromis approuvé par le Cabinet au mois de janvier, un petit périmètre situé à proximité de l’Arche de Robinson serait élargi et placé sous l’autorité d’un comité pluraliste. Le plan appelait à renforcer le contrôle des Haredim sur la section orthodoxe traditionnelle du lieu.

Mais la zone multi-confessionnelle et égalitaire de culte, située directement au sud de la place du mur Occidental, destinée à l’origine à apaiser les tensions sur le site, est devenue au contraire un point de discorde attisant les querelles internes au sein du gouvernement.

Lundi, le parti ultra-orthodoxe Shas a expliqué qu’il proposerait un projet de loi devant la Knesset pour interdire les services de prière pluralistes sur la place.

La formation a indiqué que cette législation avait pour objectif d’empêcher les actions, notamment les “cérémonies religieuses”, qui ne “sont pas adaptées aux usages de l’endroit, ce qui serait susceptible d’offenser la congrégation qui prie là-bas”.

La loi proposée pénaliserait également ceux qui veulent défier ses restrictions, dont ceux qui organisent des services mixtes, la lecture de la Torah par les femmes ou les femmes portant un châle de prière ou des phylactères, introduisant des sanctions allant de six mois d’emprisonnement à une amende de 10 000 NIS.

Si ce projet de loi devait être adopté, il rendrait nul l’accord de compromis trouvé au mois de janvier et les services de prière se trouveraient limités à la seule pratique orthodoxe approuvée par l’état.

Au mois de septembre, la Haute Cour de Justice avait appelé le Premier ministre Benjamin Netanyahu à mettre en oeuvre l’accord de compromis, notant qu’il est d’ores et déjà passé en tant que décision prise par le cabinet.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...