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Les fidèles parlent d’une prière « réparatrice » à Jérusalem après les heurts à Tel Aviv

Nombreux ont été les participants à ce vaste événement organisé au mur Occidental à évoquer une expérience curative

Des fidèles juifs prient au mur Occidental, lieu de prière le plus sacré du judaïsme, dans la Vieille Ville de Jérusalem, lors de la bénédiction sacerdotale Birkat HaKohanim lors de la fête de Souccot, le 2 octobre 2023. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)
Des fidèles juifs prient au mur Occidental, lieu de prière le plus sacré du judaïsme, dans la Vieille Ville de Jérusalem, lors de la bénédiction sacerdotale Birkat HaKohanim lors de la fête de Souccot, le 2 octobre 2023. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Pour les dizaines de milliers de Juifs qui ont afflué lundi à la traditionnelle bénédiction sacerdotale près du mur Occidental, à Jérusalem, l’idée était de se connecter à Dieu et à l’ensemble du peuple juif.

C’est bien ce qu’avaient à l’esprit ces quatre sœurs d’âge moyen qui se tenaient devant la partie féminine du mur Occidental. Pour elles aussi, cette bénédiction, connue en hébreu sous le nom de Birkat Kohanim, avait vocation à leur permettre de renouer les unes avec les autres. Elles font le déplacement deux fois par an depuis Tel Aviv pour assister aux prières de masse qui ont lieu au moment de Souccot et Pessah.

« C’est notre moment à nous », explique Malka Hasson à propos de ce déplacement semestriel que les sœurs effectuent sans mari ni enfants.

Cette année, il y avait clairement une dimension « correctrice », estime Malka Hasson. Comme beaucoup d’autres fidèles massés au mur Occidental lundi, Hasson dit que la prière lui a rappelé le caractère essentiel du judaïsme pour un grand nombre d’Israéliens en dépit de ce qu’elle qualifie de manifestations sans précédents de sentiments antireligieux.

« Le mois dernier, j’ai été choquée de voir un groupe de Juifs en empêcher d’autres de prier au moment de Yom Kippour à Tel Aviv. Cela n’a fait que renforcer notre détermination à venir ici, où la solidarité et l’unité que je vois sont réconfortantes », analyse pour le Times of Israel Malka Hasson, qui vit dans l’implantation de Beit Aryeh, en Cisjordanie.

Les événements auxquels elle fait allusion se sont produits place Dizengoff, à Tel Aviv, les 24 et 25 septembre derniers. Le 24, des manifestants laïcs ont interrompu des prières publiques, mécontents de la volonté de leurs organisateurs d’en faire un espace non-mixte, à l’encontre des consignes de la municipalité et des tribunaux. Les autorités municipales avaient en effet expliqué que la séparation impliquait une ségrégation entre les sexes dans un espace public, ce qui n’était pas autorisé. Les militants ont à nouveau perturbé les prières le lendemain, alors même que plusieurs personnes présentes sur place ont assuré que la séparation physique n’était plus là.

Les sœurs Malka Hasson, à gauche, Mazal Gvili, Esther Yizdi et Osnat Hasson assistent au Birkat Kohanim au mur Occidental à Jérusalem, en Israël, le 2 octobre 2023. (Crédit : Canaan Lidor/Times of Israel)

Pour beaucoup, la contre-offensive laïque et l’activisme contre certaines formes du judaïsme orthodoxe sont liés au conservatisme du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, composé du Likud et de cinq partis religieux.

Les militants laïcs parlent d’une coercition religieuse endémique à divers niveaux de la vie publique et voient en ces prières de masse, sur une place du cœur de Tel Aviv, bastion de la laïcité israélienne, une tentative d’imposer plus de religiosité dans l’espace public. L’organisateur des prières, Rosh Yehudi, ne se cache pas de vouloir rapprocher les Israéliens laïcs de la religion.

Comme des millions d’Israéliens, Hasson et ses sœurs se disent traditionalistes, terme vague pour désigner une personne religieuse ou avec une sensibilité religieuse, et qui respecte des points clés de la Halakha sans pour autant pratiquer strictement le judaïsme ou prier tous les jours, comme le font les Juifs orthodoxes ou les Haredim.

Eliezer Moshia, rabbin âgé de 39 ans qui partage sa vie entre Jérusalem et le New Jersey, a un mode de vie plus pieux qui le situe quelque part entre le mode de vie haredi et celui de la sensibilité séfarade moderne-orthodoxe, dit-il. Le Birkat Kohanim lui a fait penser, lui aussi, à ce qui s’est passé à Yom Kippour à Tel Aviv.

Le rabbin Eliezer Moshia se prépare pour Birkat Kohanim au mur Occidental à Jérusalem, en Israël, le 2 octobre 2023. (Crédit : Canaan Lidor/Times of Israel)

« J’essaie de ne pas trop y penser parce que ça me rend triste », confie Moshia. « On peut être sûr d’une chose, ici, c’est que personne ne vous empêchera de prier », dit-il en souriant.

Ce n’est pas toujours exact, car les fidèles orthodoxes sèment régulièrement la zizanie lors des prières des femmes réformées et conservatrices au mur Occidental, mais ce que dit Moshia reflète le sentiment de plusieurs personnes interrogées par le Times of Israel au moment de la prière, qui disent en avoir tiré un grand réconfort à un moment de tensions religieuses sans précédents entre Juifs israéliens.

Le rabbin du mur Occidental Shmuel Rabinowitz, le 21 mai 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le rabbin du Mur occidental, Shmuel Rabinowitz, a lui aussi évoqué les conflits internes lors d’une courte allocution devant une foule de quelque 50 000 personnes. « Cette année, nous avons reçu plus que tout la bénédiction de ‘Et il vous donnera la paix’. C’est une prière que nous aimons tous, dédiée à notre Père céleste, pour lui demander de nous délivrer de la haine infondée et de répandre sur nous la soucca de la paix ».

Le grand rabbin séfarade d’Israël, Yitzhak Yosef, et le grand rabbin ashkénaze, David Lau, ont également assisté à l’événement. Yossef a fait l’objet de vives critiques cette semaine pour avoir dit lors d’un sermon enregistré qu’une alimentation non-casher rendait les Juifs « stupides ». Aucun des deux grands rabbins n’a pris la parole lors de l’événement.

Des fidèles juifs prient au mur Occidental, lieu de prière le plus sacré du judaïsme, dans la Vieille Ville de Jérusalem, lors de la bénédiction sacerdotale Birkat HaCohanim lors de Souccot, le 2 octobre 2023. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Les femmes qui se recueillaient dans la partie féminine du mur Occidental détournaient leur regard des hommes à certains moments de la prière, afin de ne pas voir les Kohanim, les descendants de ce qui fut la caste sacerdotale des Juifs et qui ont donné leur nom à ces prières. Du côté masculin du mur, les descendants des Kohanim ont béni les fidèles, qui ont levé la main pour recevoir les bénédictions.

Des fidèles juifs prient au mur Occidental, lieu de prière le plus saint du judaïsme, dans la Vieille Ville de Jérusalem, pendant la bénédiction sacerdotale des Cohen pour Souccot, le 2 octobre 2023. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Nombreux sont les fidèles, dont les quatre sœurs, à être restés en retrait, derrière la section des hommes et des femmes, pendant toute la durée de la prière. Malka Hasson explique qu’il y avait foule dans la section des femmes. La section masculine, plus grande, était également bondée lundi.

Les fidèles, la plupart vêtus de châles de prière blancs, étaient au coude à coude dans la section des hommes. Ils étaient nombreux à se balancer d’avant en arrière, au rythme de la prière, tout en brandissant leur lulav – les feuilles de palmier – qui tremblaient au-dessus de leurs têtes comme des antennes. Chants et prières cantoriales étaient diffusés par de puissants haut-parleurs.

Des fidèles juifs brandissent les quatre espèces – myrte, etrog, saule et palmier – au mur Occidental, à Jérusalem, en Israël, lors de Birkat HaKohanim, le 2 octobre 2023. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

« Cela procure un sentiment d’élévation et de connexion », explique David Abergil, un touriste originaire de Toronto, au Canada, qui a assisté à la prière avec ses quatre garçons. Le cadet, âgé de quatre ans, était assis au pied d’une bibliothèque pour les livres de prières, observant confortablement ce qui se passait depuis sa cachette. La femme d’Abargil priait dans la section des femmes avec leurs trois filles.

« C’est quelque chose d’extrêmement puissant, nous nous trouvons dans un lieu saint avec des milliers de Juifs de tous types : hassidim, ashkénazes, séfarades, litvaks, des religieux, des gens qui aspirent à le devenir, des gens qui le sont devenus. C’est assez unique », confie Abergil, juif orthodoxe moderne âgé d’une trentaine d’années.

Le fait que la bénédiction soit donnée par les Kohanim a rendu le moment plus solennel encore aux yeux d’Abergil. « Ce sont des gens saints, les plus proches qui soient de Hachem », dit-il.

« On ne peut pas être plus proche de Hachem, » s’exclame-t-il.

Birkat Kohanim a été pour Chaim Bleich, touriste juif américain originaire de Brooklyn, la seconde occasion en un mois de « se sentir béni », comme il l’a lui-même dit. La première fois, c’était pour Rosh Hashanah à Ouman, en Ukraine, sur la tombe de Rabbi Nachman, sommité du judaïsme du 18ème siècle dont la tombe est la destination du plus important pèlerinage juif en dehors des frontières d’Israël.

Chaim Moskowitz, à gauche, Chaim Bleich et Joshua Krauss posent devant le mur Occidental à Jérusalem, en Israël, le 2 octobre 2023. (Crédit : Canaan Liphshiz/Times of Israel)

Vêtu de vêtements colorés et de lunettes à monture blanche, Bleich annonce la couleur sur son voyage à Ouman avec son bonnet rouge sur lequel on peut lire « Na Nach Nachma Nachman Meuman ». Pour lui, ces bénédictions « prolongent l’expérience sainte vécue à Ouman ».

Bleich et son ami, Chaim Moskowitz, sont venus assister à Birkat Kohanim « presque par hasard », explique Bleich, puisque c’est un autre ami, Joshua Krauss, qui leur en a parlé.

Debout dans la section masculine, les trois amis ont apporté une touche de couleur avec leurs châles de prière colorés, portés sur leur t-shirt blanc.

« Tout est question de chiffres », résume Krauss. « Nous nous trouvons à l’endroit le plus saint de la terre, près des vestiges du Grand Temple, et nous sommes bénis par des milliers de personnes. Tout ceci s’additionne et nous porte! »

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