Les Frères musulmans participeront aux législatives en Jordanie
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Les Frères musulmans participeront aux législatives en Jordanie

La Cour de cassation a dissous la branche locale du mouvement islamiste transnational, opposée à Israël et dans le collimateur de plusieurs pays arabes

La police jordanienne en mission alors que les manifestants brandissent des drapeaux palestiniens et des Frères musulmans lors d'une manifestation contre la décision du président américain de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, dans la capitale jordanienne d’Amman, le 29 décembre 2017. (Khalil Mazraawi / AFP)
La police jordanienne en mission alors que les manifestants brandissent des drapeaux palestiniens et des Frères musulmans lors d'une manifestation contre la décision du président américain de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, dans la capitale jordanienne d’Amman, le 29 décembre 2017. (Khalil Mazraawi / AFP)

Le Front de l’action islamique (FAI), la branche politique du mouvement des Frères musulmans et première force d’opposition en Jordanie, a annoncé lundi son intention de participer aux législatives prévues le 10 novembre.

Cette décision survient deux mois après que la Cour de cassation a dissous la branche locale des Frères musulmans, un mouvement islamiste transnational dans le collimateur de plusieurs pays arabes.

Selon la décision de justice, la confrérie a perdu son statut juridique en Jordanie, celui-ci n’ayant pas été rectifié selon les critères de la loi de 2014 sur les partis et associations.

Le FAI reste toléré par les autorités jordaniennes et avait remporté 16 sièges sur 130 au Parlement lors des élections de 2016.

En Jordanie, les Frères musulmans disposent d’une large base au sein de la population et sont actifs dans l’organisation de manifestations supposées être en soutien aux Palestiniens.

Les relations entre le mouvement et les autorités se sont détériorées après que le gouvernement eut approuvé en 2015 la création d’une formation dissidente, née d’une scission au sein de la confrérie et baptisée Association des Frères musulmans.

Cette nouvelle formation voulait couper les liens avec la confrérie en Egypte, berceau du mouvement, classé « terroriste » par Le Caire et par Abou Dhabi.

« Le (…) FAI a décidé de participer aux prochaines législatives », a annoncé lundi le parti dans un communiqué, dénonçant les « tentatives claires de s’en prendre au mouvement islamiste, à son rôle patriotique et à ses efforts bienveillants ».

La formation a ainsi voulu « affirmer très clairement que son absence du Parlement équivaudrait à abandonner la lutte et fuir ses responsabilités, et à répondre aux souhaits de ceux qui cherchent à monopoliser la scène pour pouvoir faire passer tous leurs projets ».

Elle a affirmé sa détermination à « faire face à tous les complots visant la Jordanie en tant que nation, en particulier dans un contexte de normalisation des liens entre des régimes arabes et l’occupant sioniste », en référence à la normalisation récente des relations entre Israël et les Emirats arabes unis et Bahreïn, sous l’égide des Etats-Unis.

Le FAI a appelé dans son communiqué les Jordaniens « à se rendre aux urnes pour le soutenir et soutenir la patrie », promettant de « continuer à oeuvrer pour les causes nationales, la défense de leurs droits, leur dignité et leur gagne-pain, pour faire face à la corruption et protéger la patrie des dangers ».

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