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« Les gratte-ciel de la Muette », la nouvelle exposition du Mémorial de Drancy

À l’époque symboles de modernité, l'histoire de ces tours est devenue étroitement liée à celle du camp d’internement installée à leurs pieds

"Les gratte-ciel oubliés de la Muette", la nouvelle exposition du Mémorial de Drancy, du 10 novembre au 6 mars 2022. (Crédit : Mémorial de la Shoah de Drancy)
"Les gratte-ciel oubliés de la Muette", la nouvelle exposition du Mémorial de Drancy, du 10 novembre au 6 mars 2022. (Crédit : Mémorial de la Shoah de Drancy)

Le Mémorial de la Shoah de Drancy inaugurera ce 10 novembre sa nouvelle exposition, « Les gratte-ciel oubliés de la Muette (1931-1976) ». Entre histoire et architecture, elle sera proposée gratuitement du dimanche au vendredi jusqu’au 6 mars 2022.

L’évènement est organisé à l’occasion des 90 ans de la construction de ces cinq tours de quatorze étages, situées cité de la Muette, à Drancy (Seine-Saint-Denis). Il propose de restituer le rôle majeur joué par celles-ci.

« Cette ‘cité-jardin’ se distingue à plus d’un titre des précédentes : les procédés de fabrication industrielle pour l’édification des premiers gratte-ciel de la région parisienne d’une part, et d’autre part, son utilisation comme camp d’internement et de transit vers la déportation, qui en fait un des lieux de mémoire de la Shoah », écrit le Mémorial de la Shoah.

À l’époque symboles de modernité, conçues par les architectes Eugène Beaudouin et Marcel Lods avec les ingénieurs Vladimir Bodiansky et Jean Prouvé, gérées un premier temps par l’Office public d’habitations à bon marché du département de la Seine, ces tours sont néanmoins vite devenues un fiasco immobilier, n’attirant pas de locataires en raison de l’effroi qu’elles ont provoqué.

Puis, en 1940, elles ont vu s’installer à leurs pieds le camp d’internement de Drancy, et l’histoire des tours est devenue étroitement liée à celle du camp – les gendarmes du camp et la Wehrmacht logent dans les tours.

NOUVEAU ! A partir du 10 novembre 2021 et jusqu’au 6 mars 2022Exposition « Les gratte-ciel oubliés de la cité de la…

Posted by Mémorial de la Shoah on Monday, November 8, 2021

L’exposition revient ainsi sur le destin individuel de ceux qui ont conçu les gratte-ciel, mais aussi sur celui des prisonniers qui les ont dessinés et décrits, contribuant ainsi à en fixer l’image. Pour les internés, ces constructions sont restées associées aux exactions des gendarmes et elles figurent sur les plans et dessins d’internés et sur les rares photographies clandestines du camp.

Des maquettes, le film « Construire », des cartes postales et photographies seront présentés dans le cadre de l’exposition, ainsi que des fac-similés et originaux d’ouvrages et de revues d’architecture qui compléteront l’iconographie des tours disparues de Drancy.

Shelomo Selinger. (Crédit : Brut / capture d’écran YouTube)

Après la guerre, le camp est devenu un temps une prison pour les « suspects de collaboration avec l’ennemi ». Les tours ont elles finalement été détruites en 1976, année de l’inauguration du Mémorial de Drancy, conçu par Shelomo Selinger.

La cité a été classée Monuments historiques le 25 mai 2001 en tant que « réalisation architecturale et urbanistique majeure du XXe siècle […] et en raison également de son utilisation durant la Seconde Guerre mondiale d’abord comme camp d’internement, puis comme camp de regroupement avant la déportation, qui en fait aujourd’hui un haut lieu de la mémoire nationale ».

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