Les groupes LGBT critiquent le nouveau chef de la police israélienne
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Les groupes LGBT critiquent le nouveau chef de la police israélienne

Les organisations ont fustigé le choix de Moshe Edri, qui était le premier policier de la ville lorsque Shira Banki, 16 ans, avait été poignardée à la gay pride de Jérusalem

Le chef de la police de Jérusalem Moshe Edri  sur la scène de l'attaque au couteau perpétrée pendant la Gay pride de Jérusalem, le 30 juillet 2015 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef de la police de Jérusalem Moshe Edri sur la scène de l'attaque au couteau perpétrée pendant la Gay pride de Jérusalem, le 30 juillet 2015 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les groupes de défense des droits LGBT ont vivement critiqué, vendredi, l’annonce de la nomination de Moshe « Chico » Edri au poste de prochain chef de la police israélienne, rappelant une attaque au couteau meurtrière perpétrée lors de la gay pride de Jérusalem alors que ce dernier était à la tête des forces de l’ordre de la ville.

Edri, qui a également été dans le passé commandant de la police de Tel Aviv, avait écopé d’une réprimande en raison de l’attaque commise lors de la marche de Jérusalem, en 2015, au cours de laquelle l’extrémiste ultra-orthodoxe Yishai Schlissel avait mortellement poignardé Shira Banki, âgé de 16 ans, et fait cinq autres blessés.

Malgré les mises en garde des services de renseignements, qui avaient averti que Schlissel et d’autres prévoyaient des actions violentes contre les marcheurs, la police de Jérusalem qui était alors placée sous le commandement d’Edri n’avait pris aucune mesure pour surveiller l’attaquant au couteau, qui avait été emprisonné avant cela pour une agression similaire lors de la gay pride de 2015 qui n’avait pas entraîné de morts.

Schlissel avait été libéré de prison quelques jours avant la marche.

L’organisation Jerusalem Open House, un groupe de défense des droits des gays, a exprimé son inquiétude suite à la nomination d’Edri au vu des « défaillances graves » survenues pendant la marche LGBT de 2015, alors qu’il était chef de la police de la ville.

Un portrait de Shira Banki au défilé annuel de la gay pride à Jérusalem, le 2 août 2018. (Crédit : Luke Tress / Times of Israel)

« Le numéro un de la police doit servir d’exemple personnel. L’échec des forces de l’ordre lors du défilé, alors qu’elles étaient placées sous la responsabilité d’Edri, est une souillure profonde qui plane sur sa nomination », a estimé Eran Globus, chef du groupe, dans un communiqué.

Globus a expliqué que la Jerusalem Open House allait se réunir en urgence pour débattre de la réponse à apporter à la désignation d’Edri.

« Notre sécurité doit être assurée par ceux qui sont le plus à même de le faire », a-t-il ajouté.

Même son de cloche au sein du groupe LGBT l’Agudah, qui a expliqué être déçu du choix d’Edri, décidé par le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, disant qu’il oeuvrerait à empêcher cette nomination « absurde ».

« La communauté LGBT et ses membres méritent la sécurité tout comme c’est le cas de tous les citoyens israéliens. Il est difficile de dire que dans son ancienne fonction, Edri a protégé notre sécurité », a-t-il fait savoir dans une déclaration.

Ces différentes réactions ont été rendues publiques alors que la Dixième chaîne a fait savoir que les personnes qui avaient été blessées dans l’attentat commis lors de la marche réfléchissaient à différentes mesures susceptibles de bloquer la désignation d’Edri, et notamment à un appel devant la Haute-cour de justice.

Malgré cela, la nomination a été largement saluée par les politiciens israéliens.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a estimé que ce choix était « adapté », qualifiant le nominé « d’officier expérimenté et compétent ».

Le chef de la coalition David Amsalem, député du Likud, qui avait âprement critiqué la police dans le contexte d’une série d’enquêtes de corruption impliquant le Premier ministre, s’est lui aussi réjoui de la désignation d’Edri au poste, lui souhaitant « beaucoup de réussite ».

Le ministre israélien de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, à droite, et le chef de la police Jérusalem de l’époque Moshe “Chico” Edri, à gauche, lors d’une conférence de presse au complexe russe de Jérusalem, le 7 octobre 2015 (Crédit : Marc Israel Sellem/POOL)

Dans ses premiers commentaires publics depuis sa nomination, Edri a remercié Erdan et a indiqué qu’il ferait « tout ce qui est en mon pouvoir pour faire avancer la police israélienne ».

Edri, 51 ans, l’a emporté sur le chef de la police de Jérusalem, Yoram Halevi, qui était pourtant considéré comme le favori, et sur le chef actuel de la police de Tel Aviv David Bitan.

L’annonce d’Erdan concernant la désignation au poste d’Edri est survenue quelques heures après que le procureur général Avichai Mandelblit a établi qu’il n’y avait aucun obstacle légal empêchant de poursuivre le processus de nomination du prochain chef de la police israélienne, après avoir examiné un document émanant de la police qui aurait contenu des informations sensibles et « embarrassantes » concernant Edri et Halevi.

Ce document qui, selon la chaîne israélienne Hadashot et le journal Haaretz, avait été fourni à Mandelblit par le chef de la police sortant Roni Alsheich, aurait détaillé les comportements problématiques du candidat Yoram Halevi, actuel chef de la police de Jérusalem, relatifs à un test au détecteur de mensonges auquel il a été soumis au mois de mars.

Cette note avait été élaborée par la conseillère juridique de la police, Ayelet Elisher. Les forces de l’ordre avaient indiqué qu’elle avait été transmise à Mandelblit conformément à la loi.

Un haut responsable du service juridique avait toutefois indiqué à Hadashot que le document contenait des informations qui s’apparentaient à des « bavardages et à des on-dit ».

La nomination d’Edri doit encore être approuvée par une commission de contrôle, ainsi que par le cabinet.

Le chef de la police israélienne Roni Alsheich s’exprime lors d’une conférence de presse au quartier général de la police à Jérusalem, le 17 avril 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

Alsheich doit achever son mandat au mois de décembre après quatre années passées à son poste. Erdan, qui s’était querellé avec le commissaire sortant, a refusé de prolonger son mandat d’un an supplémentaire.

Vendredi, Alsheich a félicité Edri pour sa nomination, promettant de l’aider de toutes les manières possibles.

Erdan devait, à l’origine, donner à la commission de contrôle le nom de son candidat préféré dès jeudi, mais cette date-limite avait été reportée en raison du document.

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