Les haredim ont 2,5 fois plus de risques d’être testés positifs, selon Gamzu
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Les haredim ont 2,5 fois plus de risques d’être testés positifs, selon Gamzu

Gamzu a déclaré aux ministres que 28,6 % des tests effectués dans les villes haredies sont revenus positifs, contre 13,4 % dans les régions arabes et 11,9 % dans le reste du pays

Des policiers ferment des synagogues et donnent des amendes aux Juifs ultra-orthodoxes dans le quartier de Mea Shearim à Jérusalem, suite aux restrictions gouvernementales imposées dans le cadre des efforts pour contenir la propagation du coronavirus, le 6 avril 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)
Des policiers ferment des synagogues et donnent des amendes aux Juifs ultra-orthodoxes dans le quartier de Mea Shearim à Jérusalem, suite aux restrictions gouvernementales imposées dans le cadre des efforts pour contenir la propagation du coronavirus, le 6 avril 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les Israéliens ultra-orthodoxes ont 2,5 fois plus de risques d’être testés positifs au coronavirus, aurait déclaré Ronni Gamzu, responsable de la lutte contre le coronavirus, aux ministres lors de la réunion du cabinet du coronavirus mercredi.

Environ 28,6 % des tests de dépistage du virus administrés dans les communautés ultra-orthodoxes ont donné un résultat positif ces derniers jours, contre 13,4 % des tests effectués dans les communautés arabes et 11,9 % des tests effectués dans le reste du pays, selon les données présentées par Gamzu aux ministres, rapporte la Douzième chaîne.

Le nombre croissant et disproportionné de cas parmi la population ultra-orthodoxe survient alors que cette minorité religieuse est de plus en plus accusée de ne pas respecter les directives du gouvernement.

L’un des facteurs qui aurait conduit à la dernière épidémie est la réouverture des yeshivot, ou séminaires religieux, à des dizaines de milliers d’étudiants mi-août. En effet, les chiffres cités par la Douzième chaîne mercredi ont montré que la majorité des cas dans les villes ultra-orthodoxes concernaient les jeunes hommes entre 17 et 24 ans, suivis par leurs pairs plus jeunes entre 10 et 16 ans.

Des étudiants d’une yeshiva de Rishon Lezion dansent après la fin du Yom Kippour, 28 septembre 2020 (capture d’écran sur Twitter)

Les responsables de la Santé, en coopération avec des grands rabbins de la communauté ultra-orthodoxe, ont cherché à empêcher une recrudescence des infections, en formulant un plan permettant à quelque 25 000 étudiants de yeshiva de passer les Grandes Fêtes juives ensemble dans des « capsules » isolées.

Cependant, le site d’information Ynet a rapporté mercredi que 6 000 de ces étudiants étaient testés positifs au COVID-19.

En outre, le rapport a indiqué qu’en plus des 25 000 étudiants de yeshiva dont les établissements d’enseignement ont respecté la méthode des “capsules”, des dizaines d’autres établissements – abritant quelque 16 000 élèves – ont refusé de coopérer avec le ministère de la Santé et ont passé les Fêtes sans prendre de précautions similaires.

Parce que ces yeshivot opéraient « sous le radar », aucun test à grande échelle n’y a été effectué, ont déclaré les responsables de la santé.

Le site national d’informations religieux Srugim a rapporté que des milliers de Haredim sont rentrés chez eux lundi soir après avoir passé Yom Kippour en groupe, en violation des directives. Des dizaines de bus ont ramené les fidèles dans les quartiers ultra-orthodoxes à la fin des Fêtes, qui prétextaient se rendre à des manifestations, actuellement autorisées par la loi, a rapporté le site.

Le quotidien Haaretz a rapporté que des dizaines de milliers d’étudiants de yeshiva ont été renvoyés chez eux en congé mardi, après des semaines d’études communes, sans avoir reçu de résultats de tests montrant qu’ils étaient négatifs au coronavirus – comme l’avait exigé le gouvernement dans le cadre du programme des « capsules ».

Le directeur général du ministère de la Santé, Chezy Levy, a déclaré mercredi aux journalistes que bien que le taux de mortalité dans la communauté ultra-orthodoxe reste relativement faible par rapport à la population générale et à la communauté arabe – probablement en raison de l’âge relativement jeune d’un grand nombre de personnes infectées – il connaît une « forte augmentation ».

Il a déclaré que 34 % des personnes contaminées par le virus en Israël étaient ultra-orthodoxes, alors que la communauté ne constitue qu’environ 12 % de la population.

« La communauté ultra-orthodoxe, en raison de la surpopulation et des prières qui enfreignent parfois les règles de conduite, a atteint un niveau de morbidité élevé. Elle doit être traitée et une solution doit être trouvée, car elle affecte la société ultra-orthodoxe, le taux d’infection en général et les hôpitaux », a déclaré Levy, sans donner de précisions sur le calendrier de ses statistiques d’infection.

Alors que les dirigeants de la communauté haredie insistaient sur le fait que leurs résidents respectaient les restrictions de la fermeture, la Douzième chaîne a rapporté que cinq immenses souccot communales avaient été bâties dans le quartier haredi de Jérusalem, à Mea Shearim.

Les cabanes semi-aérées pourront accueillir chacune des milliers de personnes pendant la fête de Souccot, qui commence vendredi soir.

Il n’y avait aucune présence policière sur les lieux, a déclaré la chaîne.

Roi Waldman, un officier de police de haut rang, a promis à la Douzième chaîne que les forces de l’ordre « seront là » à partir de jeudi pour faire respecter les restrictions.

Les directives sanitaires actuelles interdisent à plus de 20 personnes de se rassembler à l’extérieur à plus de 1 000 mètres de leur domicile.

Un certain nombre d’incidents au cours desquels les restrictions dues au coronavirus ont été bafouées dans diverses villes et quartiers ultra-orthodoxes ont été rapportés mardi.

Dans un cas précis, la police est arrivée dans une synagogue de Modiin Illit, où elle a trouvé des dizaines de fidèles priant ensemble sans masques ou sans respecter les règles de distanciation sociale. Les policiers ont dispersé le rassemblement et ont emmené cinq fidèles pour interrogatoire.

Un autre événement ultra-orthodoxe, dispersé par la police, s’est tenu lundi soir dans la ville de Bnei Brak, avec un grand rassemblement de la secte hassidique Vizhnitz. Dans des vidéos de l’événement, l’on peut voir de nombreuses personnes proches les unes des autres sans masques.

Au niveau national, les chiffres du ministère de la Santé concernant les coronavirus, mis à jour mercredi soir, montrent que le nombre total de décès dans le pays est passé à 1 552, avec 17 nouveaux décès depuis la veille.

Israël affiche un total de 243 895 cas confirmés depuis le début de la pandémie, avec 68 110 cas actifs, dont 821 graves et 255 dans un état modéré. Selon les chiffres du ministère de la Santé, 5 443 Israéliens ont été testés positifs depuis mardi minuit.

Selon les chiffres du ministère de la Santé, 34 557 tests ont été effectués mardi, alors que le gouvernement cherche progressivement à revenir au nombre de tests – 50 000-60 000 tests quotidiens – d’avant Yom Kippour. Cependant, le pourcentage de tests positifs reste élevé, se situant à 13,4 % mardi.

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