Les Israéliens d’Amérique du Sud fêtent le prix Nobel du président colombien
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Les Israéliens d’Amérique du Sud fêtent le prix Nobel du président colombien

Malgré le rejet de l'accord de paix par la population appelée à se prononcer par référendum, le Comité Nobel norvégien affirme que le processus de paix est encore bien vivant

Juan Manuel Santos, président de Colombie. (Crédit : Agencia Brasil/CC BY SA 3.0)
Juan Manuel Santos, président de Colombie. (Crédit : Agencia Brasil/CC BY SA 3.0)

Les Juifs latino-américains vivant en Israël ont uni leurs voix au concert de félicitations envoyées au président colombien Juan Manuel Santos à l’occasion de son prix Nobel.

Santos a remporté cette éminente distinction vendredi, qui est venue récompenser ses efforts en faveur de la fin de la guerre civile qui déchire le pays depuis cinq décennies.

Le président colombien “a amplement mérité la remise de ce Prix non seulement pour sa promotion de la paix avec les militants rebelles mais aussi pour les avancées réalisées dans son pays et au sein de la société et pour avoir su renforcer ses alliances internationales, avec Israël notamment”, a commenté Leon Amiras, président de l’Association des Olim d’Amérique Latine, d’Espagne et du Portugal, des propos rapportés par JTA.

Cette distinction survient seulement quelque jours après que les électeurs aient rejeté à peu de voix un accord de paix que Santos avait aidé à élaborer pour mettre un terme à la guerre qui a d’ores et déjà coûté la vie à plus de 200 000 personnes.

Le Comité Nobel norvégien a expliqué que ce rejet ne signifiait pas pour autant la disparition du processus de paix.

“Le référendum n’était pas un vote pour ou contre la paix”, a-t-il indiqué. « Ce que la partie ayant voté pour le ‘non’ a rejeté, ce n’est pas le désir de paix mais bien un protocole de paix spécifique ». Le Comité n’a pas cité l’homologue de Santos lors des négociations, Rodrigo Londono, leader des Forces armées révolutionnaires en Colombie.

Santos et Londono, mieux connu sous son nom de guerre de Timochenko, ont signé l’accord de paix le mois dernier, mettant un terme à un demi-siècle d’hostilités. Ce protocole a toutefois connu un revers majeur, rejeté par référendum six jours plus tard lors d’un vote stupéfiant.

Le Comité Nobel norvégien a déclaré penser que Santos, “malgré la majorité acquise au ‘non’, a su faire avancer ce conflit sanguinaire de manière significative vers une résolution pacifique. Le ministre norvégien des Affaires étrangères Boerge Brende a pour sa part félicité Santos sur Twitter : « Cela réclame beaucoup de courage de poursuivre la paix et de sécuriser une issue qui puisse mettre un terme au conflit », a-t-il posté.

Amiras a déclaré que “seul le temps dira si la paix poursuivie par Santos aura lieu”, tout en notant la qualité de “pacificateur modèle” du président colombien qui, selon lui, a “probablement réalité plus de progrès que quiconque” dans la résolution du conflit. “Ses résultats sont quelque chose que nous ne pouvons ignorer ni en tant que Juifs latino-américains, ni en tant qu’Israéliens aspirant à la paix”, a ajouté Amiras.

Sous la direction de Santos, la Colombie, dès l’année 2011, s’est distinguée des politiques mises en oeuvre dans un grand nombre des pays de sa région en déclarant qu’il ne reconnaîtrait pas un Etat palestinien déclaré de manière unilatérale.

“Les relations entre Israël et la Colombie se sont approfondies de manière significative sous la direction de Santos, dont la politique a servi de contrepoids important contre les effets déstabilisateurs de Hugo Chavez,” a conclu Amiras, en référence au président du Vénézuéla aujourd’hui disparu – critique historique d’Israël et personnalité politique qui avait été accusée en son temps de poursuivre des politiques antisémites tout en apportant son aide aux terroristes.

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