Les « Jeunes des Collines » invitent les Israéliens à mieux les connaître
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Les « Jeunes des Collines » invitent les Israéliens à mieux les connaître

Les activistes d'extrême-droite, associés aux attaques anti-palestiniennes affirment agir par amour pour la Terre et le peuple d'Israël

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

De gauche à droite : Yedidya Schlissel, Yehoshua Lambiasi, et Yitzhak Ettinger, des "Jeunes des Collines". (Crédit : YouTube)
De gauche à droite : Yedidya Schlissel, Yehoshua Lambiasi, et Yitzhak Ettinger, des "Jeunes des Collines". (Crédit : YouTube)

Il n’y a pas de prix à payer pour être traités équitablement. Dans une nouvelle campagne, les membres du célèbre groupe d’activistes d’extrême-droite connu sous le nom de « Jeunes de Collines » tendent une main vers le public israélien et demandent une chance de prouver qu’ils ne sont pas aussi mauvais que ça.

« Vous entendez parler de nous dans les journaux, dans les médias, de la part de politiciens, et vous devez peser que nous avons des cornes, une queue, un gros nez, que nous sentons mauvais – oh ! quelle odeur ! Vous nous avez vomi. Vous nous avez marginalisé, et vous ne nous avez même pas donné une chance de nous expliquer », clame Yehoshua Lambiasi au début de la vidéo en hébreu publiée par « Jeunesse des Collines – apprendre à nous connaître », sur leur page Facebook jeudi.

Lambiasi fait partie des quelques jeunes qui ont reçu une injonction d’éloignement, leur interdisant d’entrer en Cisjordanie, en raison d’un certain nombre de confrontations entre les Palestiniens et les forces de sécurité israéliennes durant leurs séjours dans l’avant-poste de Baladim.

Yedidya Schlissel et Yitschak Ettinger, deux militants qui ont également reçu une injonction par le passé, leur interdisant de se rendre au-delà des limites de la Ligne Verte.

Yehoshua Lambiasi et Yitzhak Ettinger, des "Jeunes des Collines". (Crédit : YouTube)
Yehoshua Lambiasi et Yitzhak Ettinger, des « Jeunes des Collines ». (Crédit : YouTube)

Sous couvert d’anonymat, l’un des organisateurs de la campagne a déclaré au Times of Israel que l’objectif de cette campagne était de créer « une voie de communication directe avec le public, pour contourner les médias et inviter les gens à rencontrer ces jeunes pionniers ».

« Nous n’avons pas tenté d’embellir ni de faire semblant, mais nous invitons tous ceux qui veulent entendre ce que nous avons à dire », a ajouté l’organisateur.

Les Jeunes des Collines ont la réputation d’être des délinquants qui se rendent dans des avant-postes isolés, résistent aux ordres d’évacuation des soldats, et commettent parfois des crimes racistes contre les Palestiniens. Les jeunes activistes veulent également mettre en lumière leur travail architectural et agricole en Cisjordanie, qui, disent-ils, émanent d’un amour profond envers la terre.

« Il est clair que nous ne sommes pas classiques. Il y a quelque chose de différent à notre sujet, quelque chose d’inconventionnel », poursuit Lambiasi dans la vidéo. « Nous avons des amis qui sont en prison pour des attaques « Prix à payer. »

Des Jeunes des Collines de l'avant-poste Oz Zion en Cisjordanie, après leur évacuation par les forces de sécurité, le 30 décembre 2012. Illustration. (Crédit : Flash90)
Des Jeunes des Collines de l’avant-poste Oz Zion en Cisjordanie, après leur évacuation par les forces de sécurité, le 30 décembre 2012. Illustration. (Crédit : Flash90)

« À Dieu ne plaise ! » souffle Schlissel sur le ton de la plaisanterie à la mention des attaques contre les Palestiniens et autres non-juifs, parce qu’elles sont perpétrées en représailles aux actions palestiniennes et aux politiques israéliennes jugées hostile aux résidents des implantations.

« Mais attendez un instant », poursuit Lambiasi. « Que voulons-nous ? Nous voulons aller dormir dans la boue froide, nous faire frapper… Au lieu de travailler, de jouer, d’aller à la plage, nous sommes ici, à construire notre terre, encore et encore, encore et encore… »

À chaque « encore », la caméra montre Lambiasi devant les poteaux de trois avant-postes que les Jeunes des Collines ont créé et qui ont été rasés par les forces de sécurité à plusieurs reprises au cours des 10 dernières années.

« Alors que la situation se dégrade », dit-il, « nous préférons quitter nos maisons… Pour chercher et exiger un changement. Non, nous ne cherchons pas la sympathie, nous croyons en ce que nous faisons et sommes prêts à en payer le prix, même s’il est lourd ».

« Nous ne pensons pas nous plus que quiconque pourrait survivre à ce que nous faisons sans y croire réellement, si ce n’est pas fait avec un sentiment de responsabilité et de préoccupation pour le peuple d’Israël. Par amour », déclame Lambiasi.

Meir Ettinger, dirigeant d'un groupe extrémiste juif, devant la cour de justice israélienne à Nazareth Illit le 4 août 2015. (Crédit : Jack Guez/AFP)
Meir Ettinger, dirigeant d’un groupe extrémiste juif, devant la cour de justice israélienne à Nazareth Illit le 4 août 2015. (Crédit : Jack Guez/AFP)

« Même si vous pensez que nous sommes jeunes, imprudents, et que nous avons parfois tort, souvenez-vous de ce que nous cherchons. Nous ne vous demandons pas de nous rejoindre, ni d’être d’accord avec nous. Juste de nous parler comme à des (êtres humains) … Nous sommes prêts à nous doucher, à nous coiffer, à nous habiller joliment. Êtes-vous prêts à venir ? »

Un court message accompagnait la vidéo sur le site du groupe et sur sa page Facebook. Le message proposait aux personnes intéressées de se renseigner sur des visites des avant-postes des Jeunes des Collines.

Le groupe a fait de nouveau les gros titres ces derniers mois après que le ministre de la Défense Avigdor Liberman a signé une trentaine d’ordres administratifs, coupant court à la procédure établie. Il s’agissait de mises en garde à vue, d’interdictions d’entrer en Cisjordanie, de prises de contact avec certaines personnes, d’assignations à résidence. Ces ordres avaient été imposés après que certains activistes ont été accusés d’avoir commis des attaques contre des villages palestiniens voisins.

Avigdor Liberman, ministre de la Défense, pendant la réunion du groupe parlementaire de Yisrael Beytenu à la Knesset, le 23 octobre 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Avigdor Liberman, ministre de la Défense, pendant la réunion du groupe parlementaire de Yisrael Beytenu à la Knesset, le 23 octobre 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

« Certains d’entre eux sont des anarchistes et des idiots », avait expliqué le ministre de la Défense, pour expliquer son geste aux journalistes en août.

« Quand une famille ou un enfant palestinien est brûlé… cela délégitime tout l’activité implantatoire », avait ajouté Liberman, en référence à une attaque terroriste de 2015, au cours de laquelle des extrémistes juifs auraient brûlé vifs un enfant de 18 mois et ses parents dans le village palestinien de Duma.

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