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Les leaders ultra-orthodoxes critiquent le plan d’aide économique du gouvernement

Les membres de l’opposition et de la coalition ont fustigé le plan Bennett et Liberman, affirmant qu’il néglige certains groupes

Des Israéliens attendent à un arrêt de bus du quartier ultra-orthodoxe de Méa Shéarim, à Jérusalem, le 11 mars 2021. (Crédit : MENAHEM KAHANA / AFP)
Des Israéliens attendent à un arrêt de bus du quartier ultra-orthodoxe de Méa Shéarim, à Jérusalem, le 11 mars 2021. (Crédit : MENAHEM KAHANA / AFP)

Les partis d’opposition et au moins un député de la coalition ont critiqué le plan d’aide économique présenté par le gouvernement mercredi, affirmant qu’il négligeait la communauté ultra-orthodoxe et ne bénéficiait qu’à un groupe limité de personnes.

Lors d’une conférence de presse tenue à une heure de grande écoute ce mercredi, le Premier ministre Naftali Bennett, le ministre des Finances Avigdor Liberman et la ministre de l’Économie et de l’Industrie Orna Barbivai ont évoqué leur plan composite pour faire face à la hausse du coût de la vie en Israël. Ils ont promis une série de mesures destinées à réduire les impôts des familles de travailleurs tout en abaissant les prix de l’énergie et des denrées alimentaires de base.

Bennett a présenté le plan de 1,4 milliard de dollars comme « un nouveau contrat entre le gouvernement et des citoyens, un contrat pragmatique » qui concentrera ses efforts sur les familles de travailleurs. Il a ajouté que « les citoyens qui travaillaient et supportaient la charge la plus lourde devaient être davantage aidés ».

La décision a été annoncée dans un contexte de grogne populaire face à la hausse des coûts, des prix de l’essence et de l’électricité. Plusieurs grands fabricants et importateurs ont d’ailleurs préféré reporter ou revoir leur projet de hausse des prix des marchandises.

Les propos de Bennett ont suscité des réactions négatives de la part des membres de l’opposition et de la coalition à la Knesset, qui ont fait valoir que le plan ignorait les problèmes systémiques de la communauté ultra-orthodoxe, ou haredi, et récompensait les familles les plus riches par des exonérations fiscales et ne concerne donc pas de nombreux ménages dont le revenu se situe déjà du niveau fiscal requis pour bénéficier de tels avantages.

Le Premier ministre Naftali Bennett (C), le ministre des Finances Avigdor Liberman (d) et la ministre de l’Économie et de l’Industrie Orna Barbivai révèlent le plan du gouvernement pour faire face au coût de la vie lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le 9 février 2022. (Bureau de presse du gouvernement)

Le chef du parti d’opposition Haredi Shas, Aryeh Deri, a fait valoir que le plan « comprenait des mesures déroutantes destinées aux « bonnes familles » – un terme suggérant a contrario l’existence de discriminations envers d’autres communautés dont celle des haredim, qui continueront à souffrir du coût élevé de la vie ».

Il a déclaré que le plan n’était qu’une « mascarade destinée à faire retomber la pression de la rue », critiquant Bennett pour la « cruelle » distinction opérée entre « bons » et « mauvais » ménages.

« Aucun enfant ne devrait avoir faim en Israël. Vous avez perdu votre empathie, votre honneur et tout lien avec le peuple israélien », a déclaré Deri à propos de Bennett.

Deri a accepté un arrangement pour infractions fiscales la semaine dernière et démissionné de la Knesset, mais n’a pas été condamné. Il demeure politiquement actif.

Le député Moshe Gafni, président du parti d’opposition Yahadout HaTorah, a déclaré que le plan n’était pas assez ambitieux et arrivait trop tard.

Le leader de Yahadout HaTorah, Moshe Gafni, à gauche, le dirigeant du Shas Aryeh Deri et le député de Yahadout HaTorah, Yaakov Litzman, lors d’une conférence de presse à la Knesset, le 8 juin 2021. (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)

« Pendant des mois, vous avez causé des dommages inimaginables – vous avez augmenté les impôts, émis des directives, des projets de loi et des règlements, adopté un mauvais budget et nui aux familles de travailleurs de la classe moyenne, aux travailleurs indépendants et aux petites entreprises », a déclaré Gafni à propos du gouvernement.

« Vous avez causé beaucoup de torts, et maintenant vous essayez de réparer les choses, en vous attendant à être félicité. Il ne fallait pas détruire pour réparer derrière. Défaites plus tôt tout ce que vous avez fait jusqu’à présent, les torts que vous avez causés au peuple et à l’économie israéliens. Ensuite vous pourrez essayer de parler des avantages. »

Le député de Yahadout HaTorah, Yaakov Asher, a déclaré que « la seule annonce faite par Bennett et Liberman au peuple israélien a été : ‘Ça va continuer à être difficile pour vous, mais rassurez-vous, la communauté haredi et les franges les plus faibles de la société souffriront encore plus. »

Des enfants Haredi de l’école ultra-orthodoxe Bnei Moshe Kretchnif portent des masques faciaux dans leur école de la ville de Rehovot, le 24 mai 2020. (Yossi Zeliger/Flash90)

Le plan a également essuyé des critiques de la part de certaines partis de la coalition.

Le député de Kakhol lavan et président de la commission des affaires économiques de la Knesset, Michael Biton, a déclaré jeudi que le plan ne bénéficierait qu’à un petit groupe de personnes, les prestations n’étant pas réparties équitablement entre les familles.

Certaines familles avec enfants seront moins aidées que d’autres avec des enfants plus jeunes, et certains parents qui jouissent d’un revenu élevé pourront recevoir des allocations importantes, a-t-il déclaré.

Il a également relevé que le plan ne prévoyait rien pour les petites entreprises, pourtant lourdement affectées par la pandémie de COVID.

« Vous ne pouvez pas vous contenter d’aider les employés sans penser aux entrepreneurs », a-t-il déclaré.

Biton a déclaré que ses commentaires reflétaient l’opinion de son chef de parti, le ministre de la Défense Benny Gantz.

Répondant aux critiques jeudi, Liberman a déclaré qu’il n’y avait tout simplement pas assez d’argent pour satisfaire tout le monde.

« Notre but est principalement d’aider les familles avec enfants d’âge scolaire. Il est impossible de satisfaire tout le monde. Où prendrait-on l’argent ? », a-t-il relevé.

Il a indiqué que le ministère des Finances souhaitait faire adopter les différentes mesures du plan pour le mois d’avril.

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