Israël en guerre - Jour 232

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Les manifestants anti-réforme appellent à une « journée de résistance » mardi

Les organisateurs déclarent que Netanyahu "mène Israël à l'abîme" ; les militants pro-refonte ont bloqué les entrées de 2 kibboutzim et appellent à un rassemblement le 23 juillet

Des manifestants contre la réforme judiciaire du gouvernement rassemblés devant l'ambassade des États-Unis, à Tel Aviv, le 13 juillet 2023. (Crédit : Yoram Shpirer)
Des manifestants contre la réforme judiciaire du gouvernement rassemblés devant l'ambassade des États-Unis, à Tel Aviv, le 13 juillet 2023. (Crédit : Yoram Shpirer)

Les dirigeants du mouvement national de protestation contre le remaniement judiciaire du gouvernement ont déclaré jeudi qu’ils organiseraient une nouvelle journée de manifestations dans tout le pays mardi prochain.

Cette journée, qualifiée de « journée de résistance », fait suite à la « journée de perturbation » de mardi dernier, au cours de laquelle des milliers de manifestants anti-gouvernement ont bloqué les rues du pays en réaction à l’adoption par la Knesset, en première lecture, d’un projet de loi controversé visant à réduire les pouvoirs de contrôle de la Cour suprême.

Selon les organisateurs, des actions de protestation et des blocages de routes se dérouleront à nouveau mardi dans tout le pays, et d’autres actions de perturbation auront lieu tout au long de la semaine.

« Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son gouvernement de destruction mènent Israël vers l’abîme », ont déclaré les organisateurs.

« C’est le moment d’intensifier la résistance. »

Les manifestants ont organisé des rassemblements jeudi soir à des endroits clés, notamment devant les résidences de Netanyahu à Jérusalem et à Césarée, ainsi que devant l’ambassade des États-Unis à Tel Aviv.

Des manifestants contre la réforme judiciaire du gouvernement rassemblés devant l’ambassade des États-Unis, à Tel Aviv, le 13 juillet 2023. (Crédit : Rony Levinson)

Ce dernier événement visait à envoyer un message à Washington pour qu’il « continue à soutenir les manifestants israéliens qui luttent sans relâche pour la démocratie israélienne », ont déclaré les organisateurs.

Les manifestations au domicile du Premier ministre visaient à « lui faire comprendre que la détérioration des relations entre Israël et les États-Unis est de sa faute ».

« Il conduit Israël sur une voie très dangereuse. »

Des manifestants contre la réforme judiciaire protestant près de la résidence du Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Jérusalem, le 13 juillet 2023. (Crédit : Chaïm Goldberg/Flash90)

Les organisateurs ont déclaré plus tôt dans la journée que d’autres manifestations auraient lieu en même temps aux États-Unis et ailleurs dans le monde entier, sans préciser où.

Dans le même temps, jeudi, des manifestants favorables à la réforme ont bloqué les entrées de deux kibboutzim dans le centre d’Israël, expliquant qu’il s’agissait d’une réponse aux manifestants hostiles à la réforme qui bloquaient les routes dans tout le pays.

Les manifestants ont utilisé des véhicules pour empêcher les voitures d’entrer ou de sortir de Yakum et de Shefayim.

« Nous bloquons l’entrée des kibboutzim de Yakum et de Shefayim, sont [les communautés] responsables du plus grand nombre de blocages », a déclaré Yigal Malka, militant du Likud.

« Puisque la procureure générale a déclaré ‘qu’il n’y a pas de protestation efficace sans troubles de l’ordre public’, nous ne faisons que suivre ses instructions », a-t-il ajouté.

Les partisans de la réforme judiciaire ont également déclaré jeudi qu’ils prévoyaient un grand rassemblement pour soutenir les efforts législatifs rue Kaplan à Tel Aviv le 23 juillet.

La manifestation est prévue pour dimanche soir, à l’endroit même où des manifestations hebdomadaires contre la réforme ont eu lieu tous les samedis au cours des six derniers mois.

Des manifestants s’opposant au projet de réforme judiciaire du gouvernement rue Kaplan ,à Tel Aviv, le 1er juillet 2023. (Crédit : Gilad Furst)

Les organisateurs de cette manifestation ont déclaré que son objectif était d’envoyer un message à la coalition – « la nation est avec vous » – exhortant ses membres à « aller au bout de la réforme » et ajoutant que ceux qui ont voté pour le gouvernement actuel « ne sont pas des citoyens de seconde zone ».

Le rassemblement a été programmé pour coïncider avec les derniers jours du processus législatif du gouvernement, qui cherche à faire passer ses limitations de la clause de « raisonnabilité » avant la fin du mois.

La législation annulant la notion juridique du « caractère raisonnable » utilisée par les tribunaux pour évaluer les décisions des hommes politiques est l’un des nombreux projets de loi proposés par la coalition du Premier ministre, qui comprend son parti, le Likud, et ses alliés ultra-nationalistes et ultra-orthodoxes. Le projet de réforme a provoqué plus de six mois de protestations consécutives de la part des opposants, qui estiment qu’il pousse le pays vers un régime autoritaire.

La semaine dernière, la première lecture du projet de loi sur le « caractère raisonnable » a été la première approbation par la Knesset de l’un des projets de loi de la réforme judiciaire depuis que Netanyahu a suspendu le vaste programme législatif à la fin du mois de mars.

La police a arrêté 77 manifestants au cours de la « journée de perturbation » organisée mardi à l’échelle nationale, qui ont tous été libérés, mais pour certains avec des assignations à résidence. La plupart des personnes arrêtées ont été accusées d’avoir bloqué des routes et d’avoir commis d’autres violations de l’ordre public, bien que la police ait également affirmé que certains des suspects avaient agressé des membres des forces de l’ordre et leurs chevaux.

Il y a également eu quelques incidents de violence policière apparente à l’égard des manifestants, les policiers ayant été accusés d’avoir utilisé de manière inappropriée un dispositif acoustique à longue portée (LRAD).

Des images ont montré un policier qui aurait utilisé un LRAD à quelques mètres seulement des manifestants dans la ville de Pardesiya. Selon les instructions de la police, le dispositif controversé ne peut être activé qu’à une distance minimale de 20 mètres des individus, et seulement après que l’intention de l’utiliser a été annoncée.

Des sources policières anonymes et d’anciens officiers ont déclaré à Haaretz qu’il s’agissait bien d’un LRAD, mais une réponse officielle de la police israélienne au média a indiqué que l’appareil vu sur les images était un mégaphone standard.

Le LRAD est un puissant dispositif sonore utilisé pour le contrôle des foules qui peut causer des dommages auditifs graves et d’autres problèmes de santé. Un tel dispositif est utilisé à seulement un mètre de la cible et émet un son entre 135 et 150 décibels à une fréquence de 2 500 à 3 000 Hz.

Les médecins se sont indignés face à son utilisation, mettant en garde contre des lésions permanentes pouvant entraîner une forte perte de l’audition.

Jeudi soir, Haaretz a rapporté que les forces de police cesseraient d’utiliser le système après avoir reconnu qu’il ne s’agissait pas d’un outil de police officiel avec un protocole opérationnel défini. L’article non sourcé a ajouté que l’entreprise américaine qui a développé ce système affirme qu’il est uniquement destiné à faire des annonces publiques, et non à disperser les manifestations.

Les protestations nationales ont secoué Israël depuis que le ministre de la Justice, Yariv Levin, a annoncé le paquet de réformes en janvier, moins d’une semaine après l’entrée en fonction de la coalition.

Depuis l’échec des négociations de compromis en juin, la coalition a concentré ses efforts législatifs sur l’adoption du projet de loi sur le « caractère raisonnable » avant la clôture de la session parlementaire estivale, le 30 juillet.

Il reste à venir un élément plus central du paquet de réformes de Levin – un projet de loi visant à remodeler le système de nomination des juges en les transférant en grande partie sous contrôle politique.

Netanyahu a déclaré qu’il prévoyait de faire avancer la législation sur la commission de sélection des juges lors de la session d’hiver de la Knesset, qui s’ouvrira en octobre.

Michael Bachner a contribué à cet article.

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