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Analyse

Les manifestations anti-Hamas réapparaissent à Gaza, mais tiendront-elles ?

Des manifestations ont de nouveau éclaté contre le groupe terroriste palestinien qui dirige l'enclave appauvrie, mais de tels mouvements ont été de courte durée par le passé

Des manifestants palestiniens scandant des slogans lors d'une manifestation contre le Hamas, selon eux responsable des coupures d'électricité chroniques et des conditions de vie difficiles, lors d'un rassemblement dans les rues de Khan Younis, dans le sud de la Bande de Gaza, le 30 juillet 2023. (Crédit : AP Photo)
Des manifestants palestiniens scandant des slogans lors d'une manifestation contre le Hamas, selon eux responsable des coupures d'électricité chroniques et des conditions de vie difficiles, lors d'un rassemblement dans les rues de Khan Younis, dans le sud de la Bande de Gaza, le 30 juillet 2023. (Crédit : AP Photo)

Le 30 juillet, des milliers d’habitants de la Bande de Gaza sont descendus dans les rues pour réclamer de meilleures conditions de vie, dans une rare manifestation publique de colère contre le régime du groupe terroriste palestinien du Hamas. Le vendredi suivant, le 4 août, des centaines de personnes se sont de nouveau rassemblées dans différentes parties de l’enclave.

Les manifestants se sont rassemblés sous le slogan « Nous voulons vivre » – le même slogan utilisé lors de la dernière série de manifestations en mars-avril 2019. Les manifestations ont été organisées via un compte Instagram anonyme sous le nom de « al-Virus al-Sakher », ou « Le virus moqueur », qui compte 160 000 abonnés. Divers militants anti-Hamas en exil se sont joints à la campagne, exhortant les habitants de Gaza à descendre dans les rues pour réclamer de meilleures conditions de vie.

Compte tenu de l’absence quasi-totale de médias libres dans la Bande de Gaza, il est difficile pour les analystes extérieurs d’évaluer le nombre de personnes ayant participé à la dernière série de manifestations. D’après les vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux, le nombre de personnes semblait beaucoup plus important lors de la première manifestation que lors de la seconde, lorsque les forces de sécurité du Hamas ont adopté des mesures.

Des manifestations devaient à nouveau avoir lieu lundi dans toute la Bande de Gaza. Toutefois, le Hamas s’était préparé à les déjouer.

« Dans tous les endroits où nous avons annoncé que des rassemblements auraient lieu, il y avait une forte présence de la sécurité civile et militaire, et des voitures de police partout », a déclaré une source à l’intérieur de la Bande de Gaza au Times of Israel.

« Chaque fois que deux personnes marchaient ensemble, il leur était interdit de faire une halte dans la rue. Au bout d’une minute, les forces de sécurité s’approchaient d’elles et leur disaient ‘partez d’ici ou nous vous embarquons' », a-t-il ajouté.

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Mais sur les réseaux sociaux, au moins, il semble que le mouvement de protestation maintienne son élan.

« Les gens s’expriment beaucoup plus ouvertement contre le Hamas sur les réseaux sociaux aujourd’hui qu’il y a cinq ou dix ans », a déclaré Rami Aman, un important militant pacifiste gazaoui vivant au Caire et critique du groupe terroriste qui dirige l’enclave.

« À l’époque, les gens n’osaient pas exprimer leur opinion en ligne par crainte de représailles. »

Aman, 42 ans, fondateur du Comité pour les jeunes de Gaza, une ONG locale, et d’autres civils palestiniens, a été arrêté par le Hamas à plusieurs reprises pour son activisme, dont un emprisonnement de sept mois en 2020 pour avoir organisé une discussion via l’application Zoom avec une organisation de gauche israélienne. Le Hamas a considéré qu’il s’agissait d’un acte criminel.

Aman vit au Caire depuis décembre 2021, mais il reste en contact avec des militants à l’intérieur de l’enclave et critique vivement la façon dont le Hamas traite la population.

Rami Aman, un militant pacifiste palestinien de Gaza, montrant les notes dans lesquelles il a consigné son calvaire lors d’une interview sur le toit de la maison familiale, à Gaza, le 10 février 2021. (Crédit : Adel Hana/AP)

« Aujourd’hui, si vous regardez les pages officielles des réseaux sociaux du Hamas et de ses ministères, vous trouverez une pléthore de commentaires critiques, avec des gens qui écrivent ouvertement à partir de leurs comptes Facebook, leur nom et leur photo de profil à la vue de tous », a-t-il déclaré.

« Ces jours-ci, vous trouverez plus de commentaires positifs sur la page Facebook du ‘coordinateur’ que sur les pages du Hamas », a-t-il ajouté, faisant référence à l’organe du ministère israélien de la Défense chargé des Affaires civiles palestiniennes du COGAT.

« Il n’y a pas une seule famille à Gaza qui n’ait pas souffert du Hamas d’une manière ou d’une autre, en raison d’arrestations ou de persécutions. Les gens sont las de n’avoir aucune opportunité et aucun moyen de s’en sortir. Le seul moyen de gagner décemment sa vie est d’être affilié au Hamas. Si vous voulez postuler à un emploi de fonctionnaire, vous avez besoin d’une lettre de votre mosquée », explique-t-il.

« Pendant ce temps, les dirigeants du Hamas vivent dans de belles villas, conduisent des voitures de luxe et mangent dans des restaurants chics. Et les plus hauts dirigeants, bien sûr, ne vivent pas du tout à Gaza. »

Des manifestations qui se préparent depuis longtemps

Le mécontentement populaire à l’égard du régime du Hamas à Gaza couve depuis des années. Depuis que le groupe a pris le contrôle de la bande côtière des mains de l’Autorité palestinienne (AP) dirigée par le Fatah en 2007, des manifestations de grande ampleur ont eu lieu à plusieurs reprises, notamment en avril 2015, en janvier 2017 et à nouveau en 2019. À chaque fois, les manifestations ont été réprimées par les forces du Hamas et n’ont pas entraîné de changements significatifs pour la population locale.

La vague actuelle d’indignation populaire a été déclenchée par le meurtre accidentel, par les autorités locales, d’un habitant de Khan Younis, Shadi Abu Quta, le 27 juillet. Abu Quta s’est retrouvé coincé sous un mur de sa propre maison alors que celle-ci était en train d’être démolie par un bulldozer de la municipalité, les autorités affirmant que le mur empiétait sur une voie publique. Abu Quta est mort alors qu’il tenait à la main un document prouvant qu’il était propriétaire du bâtiment et que les autorités procédaient à sa démolition.

Le Hamas a rapidement condamné l’incident dans une déclaration officielle, a renvoyé le maire de Khan Younis et a ensuite versé une indemnité à la famille, mais lorsque la vidéo de l’incident s’est répandue sur les réseaux sociaux, des manifestations spontanées ont éclaté dans la ville. Dans une vidéo, on voit un homme tenir une abaya noire – une robe de femme couvrant tout le corps – qu’il a trouvée dans la rue, en criant : « Que l’homme qui accepte cette injustice et dit qu’il est pro-Hamas vienne me voir et je lui mettrai cette robe. À la femme de Khan Younis qui a jeté cette robe, bravo ! »

Aman explique que « Khan Younis est en quelque sorte une exception dans la bande, car ses habitants sont pour la plupart des habitants de Gaza ». Cela contraste avec le reste de l’enclave, où environ deux tiers de la population sont des descendants de réfugiés palestiniens de 1948. « Khan Younis est historiquement opposée au pouvoir du Hamas », a souligné Aman.

À la suite de l’incident de démolition, les miilitants des réseaux sociaux se sont emparés d’Internet et ont déclaré un jour de rage (certains comptes ont carrément appelé à une « révolution ») le dimanche 30 juillet, exigeant la fin de la pénurie d’électricité dans la Bande de Gaza et le versement des arriérés de salaires aux fonctionnaires.

Dans l’après-midi du 30 juillet, des marches ont eu lieu dans toute la Bande de Gaza, les manifestants scandant « la honte » contre le régime. Les manifestants ont brandi des drapeaux palestiniens, tandis que certains ont été filmés en train de déchirer le drapeau du Hamas.

Dans un cas, certaines personnes auraient brûlé la bannière du groupe, avant que les services de sécurité n’interviennent rapidement pour disperser le rassemblement.

@asmarr_99

يخي ولله خانيونس زلم وزلم قد الشدة #الدولة_الخانيونسية????

♬ الصوت الأصلي – Shahdarsheh

Les forces du Hamas, prises au dépourvu, n’ont pas sévèrement réprimé les manifestations du 30 juillet. Si la plupart des rassemblements se sont terminés dans le calme, quelques incidents ont été enregistrés à Khan Younis, où la police aurait détruit les téléphones portables de passants qui filmaient, et des affrontements auraient éclaté à plusieurs reprises entre partisans et opposants du Hamas.

Les partisans du Hamas ont rapidement accusé les organisateurs des manifestations d’être des agents de l’agence de renseignement du Mossad ou peut-être des Mukhabarat, les services de sécurité de l’Autorité palestinienne basée à Ramallah.

Les militants se sont empressés de souligner que le mouvement de protestation est indépendant et qu’il n’est ni financé ni contrôlé par qui que ce soit à l’extérieur de Gaza. La seule raison de ce mouvement est de réclamer « de l’électricité, du travail, de la nourriture, de la dignité et des droits fondamentaux comme les citoyens de n’importe quel autre pays », ont-ils déclaré.

Diverses sources de l’opposition ont rapporté qu’un certain nombre de manifestants avaient été blessés et que les forces du Hamas avaient pris d’assaut un hôpital à Rafah et enlevé trois opposants qui y avaient été emmenés pour soigner leurs blessures.

Un journaliste, Walid Abdel Rahman, a été agressé par les forces de sécurité du Hamas alors qu’il filmait une manifestation dans le camp de réfugiés de Jabalia, et a été contraint d’interrompre son reportage. L’incident a été condamné par la Fédération internationale de la presse arabe, qui a exigé la liberté journalistique et l’obligation de rendre des comptes aux auteurs de l’agression.

En prévision de la prochaine série de manifestations du 4 août, le Hamas a rassemblé des dizaines de militants dans les jours qui ont précédé, selon des activistes locaux. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré les forces de sécurité du Hamas se déployant en grand nombre dans toute la Bande de Gaza vendredi matin, quelques heures avant le début des manifestations. Le Hamas a également mobilisé sa propre base et organisé des contre-manifestations pour soutenir le régime.

Des manifestants palestiniens jetant des pierres et brûlant des pneus lors d’une manifestation contre le Hamas, selon eux responsable des coupures d’électricité chroniques et des conditions de vie difficiles, lors d’un rassemblement dans les rues de Khan Younis, dans le sud de la Bande de Gaza, le 30 juillet 2023. (Crédit : AP Photo)

Réaction d’autres factions palestiniennes

Plusieurs forces politiques palestiniennes hostiles au Hamas ont condamné la réponse du groupe terroriste au soulèvement spontané.

L’Union démocratique palestinienne (FIDA) et le Parti socialiste du peuple palestinien, deux petits partis affiliés à l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), ont publié des déclarations dénonçant l’usage de la force par le Hamas pour disperser les manifestants, soulignant le droit des citoyens à manifester pacifiquement et exhortant le Hamas à commencer à s’attaquer aux nombreux problèmes de Gaza.

Salim al-Bardeni, secrétaire-général du Front arabe palestinien, une autre faction nationaliste affiliée à l’OLP, n’a pas mâché ses mots. »Le Hamas suce le sang de notre peuple dans la Bande de Gaza, en la gouvernant et en transférant son argent à l’étranger, » a-t-il déclaré dans une interview accordée à la station de radio Voice of Palestine.

« Depuis son coup d’État contre le dirigeant légitime [l’Autorité palestinienne], le Hamas n’a apporté aucune amélioration aux infrastructures de la Bande de Gaza et n’a pas été en mesure de fournir les services de base dont notre peuple est privé, tels que l’électricité », a ajouté al-Bardeni.

« Le soulèvement de la population de Gaza contre le Hamas n’est pas surprenant, même pour ceux qui ont voté pour lui lors des élections de 2006 », a-t-il ajouté, en référence aux dernières élections organisées dans les Territoires palestiniens, « car le Hamas a fini par renier tous ses slogans ».

Une question de calendrier

Les marches du 30 juillet ont eu lieu alors que le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, se trouvait en Égypte pour assister à une réunion de réconciliation des factions palestiniennes organisée par le dirigeant de l’Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas, chef du Fatah.

« Ce n’est pas un hasard si les manifestations ont coïncidé avec le sommet des factions palestiniennes en Égypte », a déclaré Mkhaimar Abusada, professeur de sciences politiques à l’Université al-Azhar de Gaza, dans une interview accordée au Times of Israel. « Les habitants de Gaza sont descendus dans les rues pour demander aux dirigeants de mettre fin à la division entre le Fatah en Cisjordanie et le Hamas à Gaza. »

Mkhaimar Abusada, professeur de sciences politiques à l’Université al-Azhar de Gaza. (Autorisation)

« La situation à Gaza aujourd’hui n’est pas aussi mauvaise qu’en mars 2019, lorsque les dernières manifestations de grande ampleur ont eu lieu. À l’époque, l’AP à Ramallah avait exigé qu’Israël réduise l’approvisionnement en électricité de Gaza à titre de mesure punitive contre le Hamas », a-t-il noté.

« Mais au cours des quatre dernières années, le Qatar a payé la facture d’électricité pour Gaza, tout en donnant 30 millions de dollars chaque mois pour subventionner les salaires des employés du gouvernement du Hamas et fournir une aide aux familles pauvres, et la situation s’est quelque peu améliorée », a déclaré Abusada.

« Pourtant, 70 % de la population de Gaza reçoit une aide alimentaire des organisations humanitaires internationales et le taux de chômage s’élève à 45 %. Les permis de travail accordés par Israël à quelque 17 000 travailleurs gazaouis ne sont qu’une goutte d’eau dans l’océan », a-t-il ajouté. « Chaque année, des dizaines de milliers de jeunes Gazaouis terminent leurs études, mais ils n’ont aucune possibilité d’emploi et n’ont nulle part où aller. »

« Les jeunes protestaient contre la division entre le Hamas et le Fatah. Presque tous les Palestiniens de Gaza pensent que la misère dans laquelle ils vivent, la pauvreté et le chômage, sont le résultat du schisme politique et de la séparation entre Gaza et la Cisjordanie. Ils voulaient que leurs dirigeants entendent leur message », a déclaré Abusada. Il a toutefois prédit que le mouvement de protestation disparaîtrait bientôt.

Le pouvoir au peuple

Sous un régime qui ne laisse aucune place à la dissidence politique, l’électricité est devenue la cause de ralliement des citoyens pour exprimer leurs griefs.

Gaza, qui compte plus de 2,3 millions d’habitants, est en grande partie approvisionnée en électricité par Israël, le reste étant fourni par une seule centrale électrique locale. Mais la demande dépasse largement l’offre, ce qui entraîne de graves limitations et pénuries.

Le Hamas n’a cessé d’imputer les problèmes d’infrastructure de Gaza aux restrictions sécuritaires imposées par Israël depuis 2007. Ces restrictions ont paralysé son économie, imposé des mesures sur ses importations et laissé l’enclave isolée du reste du monde.

Israël a imposé ce blocus après que le groupe terroriste a pris le contrôle du territoire, afin de limiter sa capacité à s’armer pour la guerre. L’Égypte voisine a également mis en place un blocus de son côté.

La centrale électrique de Gaza n’a jamais été utilisée à pleine capacité. Trois générateurs alimentent l’enclave en électricité, tandis que le quatrième est utilisé comme secours d’urgence lorsque les autres tombent en panne, a indiqué Abusada.

Les coupures de courant constantes provoquent de graves difficultés pour les habitants de la Bande de Gaza : la nourriture s’avarie dans les réfrigérateurs, les gens doivent vivre et travailler dans une chaleur torride (jusqu’à 38°C cet été) avec seulement une climatisation par intermittence, et les stations d’épuration déversent de l’eau non traitée dans la mer, ce qui provoque une pollution importante à Gaza et sur les plages israéliennes adjacentes.

Il y a environ trois semaines, Abdel Hamid Abdel Atti, journaliste à la radio locale al-Watan, a lancé une campagne sur les réseaux sociaux intitulée #Fourth-Generator (Quatrième générateur) pour faire pression sur les autorités locales afin qu’elles résolvent la crise de l’électricité en cours. Dans un entretien avec al-Monitor, le journaliste a émis des doutes sur la bonne utilisation par le Hamas de l’argent qu’il perçoit des habitants de Gaza pour l’électricité.

Zafer Melhem, président de l’Autorité de l’Énergie de l’AP à Ramallah, qui paie la facture de l’électricité fournie à Gaza par Israël, a déclaré à al-Monitor, un site d’information basé à Washington, que la compagnie d’électricité gérée par le Hamas à Gaza collectait 35 à 40 millions de shekels par mois auprès des habitants de Gaza au titre des factures d’électricité, mais qu’une grande partie de cette somme n’était pas comptabilisée.

Un éminent opposant au Hamas vivant en Europe a estimé que seuls 5 millions de shekels sont nécessaires pour faire fonctionner la centrale électrique sur une base mensuelle, ce qui implique que le Hamas détourne les 30 millions de shekels restants. Ces chiffres n’ont pas pu être vérifiés de manière indépendante.

Un jeune Palestinien se dirigeant vers l’unique centrale électrique de la Bande de Gaza, après qu’elle a cessé de fonctionner à minuit la nuit précédente en raison d’un manque de carburant, le 15 février 2018. (Crédit : Mohammed Abed/AFP)

Le Qatar est récemment intervenu pour acheter du carburant supplémentaire afin de faire fonctionner le quatrième générateur. Grâce à la dernière intervention du Qatar, les habitants de l’enclave reçoivent désormais de l’électricité pendant 8 heures d’affilée (contre 6), suivies de 8 heures de coupure (contre 12).

La riche monarchie accorde également une subvention mensuelle de 100 dollars aux familles les plus pauvres de Gaza, sur laquelle l’administration du Hamas déduit arbitrairement 15 dollars.

Le rôle du Qatar dans la fourniture d’une bouée de sauvetage à Gaza est considéré par beaucoup comme une arme à double-tranchant. « On voit toujours le Qatar fournir une aide financière à Gaza, reconstruire les routes et les maisons après les attaques israéliennes, il a même construit un hôpital. Mais on ne les voit jamais ouvrir une usine », a déclaré Aman, militant pacifiste gazaoui exilé en Égypte.

« C’est comme s’ils ne voulaient pas que l’économie gazaouie se développe, comme s’ils voulaient que nous restions dépendants de leur aide. »

La voix de la dissidence

Mustafa (pseudonyme), un militant anti-Hamas d’une trentaine d’années vivant à Gaza, qui a accepté de parler au Times of Israel par courriel sous couvert d’anonymat total, a décrit la vie dans l’enclave isolée sous la domination du Hamas et le blocus israélien comme une « prison à ciel ouvert ».

Mustafa a déclaré qu’avec un taux de chômage chez les jeunes de plus de 70 %, un revenu moyen par habitant de 20 shekels par jour, un accès à l’électricité par intermittence et une eau du robinet non-potable, la vie dans l’enclave est proche de la survie pour la grande majorité des citoyens qui ne sont pas liés d’une manière ou d’une autre au Hamas.

Pour quitter la Bande de Gaza, il faut débourser au moins 10 000 dollars pour sortir clandestinement, et il y a de fortes chances de mourir sur le chemin de la liberté, a-t-il ajouté. Tout cela parce que « les civils gazaouis sont exploités comme des pions dans une lutte entre forces régionales, et le Hamas utilise ses citoyens comme boucliers humains pour défendre son projet de ‘résistance islamique’ tout en réduisant au silence et en menaçant de mort toute opposition », a-t-il poursuivi.

Professionnel qui se décrit comme un « libéral et un démocrate » intéressé par « les questions humanitaires et la libre citoyenneté », Mustafa estime que la vague actuelle de manifestations ne fait que commencer, car selon lui, les revendications des manifestants ne se limitent pas à l’électricité, mais visent à terme à renverser « le régime militaire et le pouvoir des religieux ».

En ce qui concerne les relations avec l’État juif voisin, Mustafa a exprimé son souhait de voir un gouvernement palestinien ayant « une politique nouvelle, claire et rationnelle à l’égard d’Israël et de l’armée d’occupation, sans alliances régionales », faisant référence au soutien de l’Iran au Hamas et à d’autres groupes radicaux.

« La partie israélienne nous considère comme des terroristes, et non comme des personnes ayant des rêves et des aspirations », a déclaré Mustafa. « Mais la réalité est tout autre : la plupart des habitants de Gaza sont des civils innocents qui vivent dans des conditions humanitaires désastreuses. Ils ne rêvent que d’une vie décente, de liberté, de justice, de paix et d’élections démocratiques. »

« C’est pourquoi les gens sont descendus dans les rues. Pour exiger leurs droits les plus fondamentaux, une amélioration de leurs conditions de vie, la fin de la pauvreté, du chômage, du manque d’eau et d’électricité, et pour protester contre l’imposition du pouvoir par la force, le silence et l’espionnage », a-t-il déclaré.

« On peut diviser la population de Gaza en deux : une grande majorité vivant sous le seuil de pauvreté, et une petite élite dirigeante affiliée au Hamas et à d’autres factions islamistes, qui vit des fonds reçus par la ‘résistance’ [nom que se donnent les groupes terroristes islamistes] », a-t-il ajouté.

De son point de vue personnel de militant pour la paix, Mustafa a déclaré que « ces manifestations ne sont pas le fruit du hasard ». Selon lui, elles expriment « la conviction du peuple gazaoui que la paix est la solution ».

« Les Gazaouis veulent la fin de l’occupation et du siège israélien, et ils veulent la fin de l’effusion de sang qui dure depuis tant d’années. »

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