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Les musulmans et l’antisémitisme : relaxe confirmée pour l’historien Bensoussan

En 2017, le tribunal avait jugé qu'il ne "saurait (lui) être reproché de stigmatiser l'ensemble de la communauté musulmane"

L'historien français Georges Bensoussan. (Crédit : capture d'écran YouTube)
L'historien français Georges Bensoussan. (Crédit : capture d'écran YouTube)

La cour d’appel de Paris a confirmé jeudi la relaxe de l’historien Georges Bensoussan, qui avait déclaré que « dans les familles arabes en France (…) l’antisémitisme on le tète avec le lait de sa mère ».

La cour a considéré que « les propos litigieux n’avaient pas visé l’ensemble de la communauté musulmane », dans la mesure où l’intellectuel, auteur d’ouvrages sur la Shoah et sur l’antisémitisme dans les banlieues françaises, avait lui-même « précisé qu’il ne visait qu’une partie des familles arabes » dans un contexte où il évoquait essentiellement « le salafisme », a expliqué la présidente à l’audience.

Lors d’une émission de France Culture en 2015, Georges Bensoussan avait tenu les propos suivants, en les attribuant à un sociologue algérien : « C’est une honte que de maintenir ce tabou, à savoir que dans les familles arabes en France et tout le monde le sait mais personne ne veut le dire, l’antisémitisme on le tète avec le lait de la mère ».

En 2017, le tribunal avait jugé qu’il ne « saurait (lui) être reproché de stigmatiser l’ensemble de la communauté musulmane », en estimant qu’au cours de l’émission ce dernier avait précisé qu’il visait seulement « une partie de cette communauté, salafistes ou personnes sous leur emprise ».

Quant à l’expression « l’antisémitisme on le tète avec le lait de sa mère », il s’agissait, selon les juges de première instance, d’une figure de style, en l’occurrence une « catachrèse », et non pas l’expression d’un « racisme biologique ». La catachrèse désigne le détournement d’un mot de son sens propre, par exemple dans les expressions « les pieds d’une chaise ».

La cour d’appel a confirmé ce jugement et donc débouté les associations qui s’étaient constituées parties civiles, comme la Ligue des droits de l’Homme ou SOS Racisme. Elle a toutefois infirmé le jugement en reconnaissant cette fois la recevabilité du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) comme partie civile.

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) avait adressé en décembre 2015 une « mise en garde » à France Culture, estimant que « certains propos tenus par M. Bensoussan étaient susceptibles d’encourager des comportements discriminatoires ».

Le CSA avait aussi reproché à l’animateur de l’émission « Répliques », l’académicien Alain Finkielkraut, de n’avoir « à aucun moment contribué à la maîtrise de l’antenne. »

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