Les non-Juifs autorisés à apporter du pain dans les hôpitaux à Pessah
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Les non-Juifs autorisés à apporter du pain dans les hôpitaux à Pessah

Eliyahu Abergel, chef du tribunal rabbinique de Jérusalem, a critiqué des contrôles humiliants visant à trouver du 'hametz' à l'entrée des hôpitaux

Le rabbin Eliyahu Abergel, chef de la cour rabbinique de Jérusalem (Crédit : Dudu Greenspan/FLASH90)
Le rabbin Eliyahu Abergel, chef de la cour rabbinique de Jérusalem (Crédit : Dudu Greenspan/FLASH90)

Un éminent rabbin a statué qu’il n’était « pas conforme avec la pensée juive » d’empêcher des non-Juifs d’apporter des produits au levain, ou hametz, dans les hôpitaux pendant la fête de Pessah durant laquelle les Juifs n’ont pas le droit de les consommer.

Cette estimation apportée par le rabbin Eliyahu Abergel, chef de la cour rabbinique de Jérusalem, vient contredire une instruction laissée aux hôpitaux par le Grand rabbinat et le ministère de la Santé. Cette directive explique que les produits au levain doivent rester aux portes des établissements hospitaliers et être récupérés par les visiteurs lors de leur départ, et que les gardiens de sécurité doivent contrôler les sacs des visiteurs pour faire en sorte que ces instructions soient respectées.

La chaîne Hadashot a rapporté le cas d’une femme bédouine qui n’a pas pu apporter de la pita à ses amies à la maternité de l’hôpital Soroka de Beer Sheva, dans le sud du pays, après qu’un gardien a saisi ce pain dans son sac.

« C’est mal de ne pas permettre aux Bédouins ou aux réfugiés ou à d’autres non-Juifs de faire entrer du hametz dans les hôpitaux », a commenté Abergel, selon un reportage diffusé dimanche sur la chaîne Hadashot. Il a également évoqué, entre autres, les soignants non-juifs des personnes âgées.

Illustration : Un Israélien âgé traversant une rue de Tel Aviv (Crédit : Kobi Gideon/Flash90)

« L’instruction est invalide dans le principe. Les gens doivent être autorisés à amener du hametz et à en manger dans des pièces ou dans des endroits séparés ».

Il a ajouté : « En principe, il est permis à un Juif de voir un non-Juif tenir à la main du hametz mais il lui est interdit de le tenir lui-même. Les contrôles des visiteurs qui sont menés dans les hôpitaux sont humiliants, rabaissants et insultants. Le problème pourrait être facilement résolu sans causer un malaise ».

A la fin du mois dernier, cinq hôpitaux avaient annoncé qu’ils n’obéiraient pas aux ordres visant à imposer des contrôles aux visiteurs visant à chercher des produits au levain à l’entrée des établissements.

Il s’agissait des hôpitaux Ichilov à Tel Aviv, Rambam à Haïfa, Wolfson à Holon, Barzilai à Ashkelon et Shaare Zedek à Jérusalem, un centre médical qui draine une population ultra-orthodoxe substantielle.

Trois hôpitaux avaient indiqué qu’ils continueraient à suivre les règles qui sont devenues la norme ces dernières années : Les deux campus de Hadassah à Jérusalem, l’hôpital Laniado à Netanya et le Hillel Yaffe voisin, situé à Hadera.

Ces annonces ont suivi une requête déposée devant la Haute-cour par l’ONG Forum laïc aux côtés de députés issus des partis de l’Union sioniste de centre-gauche et du Meretz de gauche. Tous réclament un jugement contre le traitement des certificats de casheroute à Pessah pour les hôpitaux et contre les contrôles et la confiscation des produits au levain. Dans un état démocratique, ont expliqué les plaignants, les membres du public doivent être en mesure de manger ce qu’ils veulent et ne pas faire l’objet de coercition.

Des Juifs laïcs s’opposent à des ultra-orthodoxes qui tentent d’empêcher les magasins, les cafés et les restaurants de continuer à vendre du pain et autres produits au levain durant la fête de Pessah dans le centre de Jérusalem, le 22 avril 2008 (Crédit : Olivier Fitoussi /Flash90)

L’Etat a pris le parti du ministère de la Santé, avec à sa tête un député ultra-orthodoxe, Yaakov Litzman (YaHadout HaTorah).

La coutume de Pessah de ne consommer seulement que des produits sans levain commémore l’exode du peuple juif d’Egypte qui, selon la bible, s’est déroulé si rapidement que le pain n’avait pas eu le temps de lever.

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