Les Palestiniens et les Arabes israéliens marquent « la Journée de la colère »
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Les Palestiniens et les Arabes israéliens marquent « la Journée de la colère »

Les propriétaires de commerce arabes s'inquiètent d'une menace juive de boycotter les magasins qui auront fait grève

Une boutique fermée dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 8 Juin 2014 (Crédit : Issam Rimawi / flash 90)
Une boutique fermée dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 8 Juin 2014 (Crédit : Issam Rimawi / flash 90)

Les groupes palestiniens et arabes israéliens en Cisjordanie, de Jérusalem-Est, de la bande de Gaza et du nord d’Israël ont déclaré mardi une « Journée de la colère », exhortant à l’organisation de manifestations de masse contre le gouvernement israélien et ses politiques, alors que des attaques terroristes quotidiennes sont menées contre des civils israéliens dans la région.

Dans le même temps, les dirigeants politiques arabes israéliens ont appelé les municipalités et les autorités locales à participer à une grève générale mardi pour protester contre les changements qu’Israël serait soupçonné de vouloir instaurer au mont du Temple, qui abrite la mosquée al-Aqsa – considéré comme le troisième site le plus sacré de l’islam et le site le plus saint dans le judaïsme.

Le gouvernement israélien a nié à plusieurs reprises avoir une telle intention. Les Juifs sont actuellement autorisés à se rendre sur le mont du Temple mais à ne pas y prier.

Tous les commerces et les établissements d’enseignement dans les communautés arabes à travers Israël ont fermé mardi, avec les législateurs de la Liste arabe unie décidés à mener une grande manifestation dans la ville du nord d’Israël, Sakhnin. Les Palestiniens en Cisjordanie et dans la bande de Gaza ont également organiser une grève en parallèle.

Des Arabes israéliens participent à une grande manifestation dans le cadre d'une grève générale organisée en soutien aux Palestiniens qui ont appelé à une "journée de la colère" le 13 octobre 2015 dans le village israélo-arabe de Sakhnin. (Crédit : AFP PHOTO / JACK GUEZ)
Des Arabes israéliens participent à une grande manifestation dans le cadre d’une grève générale organisée en soutien aux Palestiniens qui ont appelé à une « journée de la colère » le 13 octobre 2015 dans le village israélo-arabe de Sakhnin. (Crédit : AFP PHOTO / JACK GUEZ)

La décision de faire grève a été prise lors d’une réunion du High Follow-Up Committee for Arab Citizens of Israel, une organisation réunissant plusieurs organisations, dimanche.

La réunion, tenue dans la ville arabe de Kafr Qara dans le nord d’Israël, a exploré les diverses formes de protestation avant d’appeler à une grève. La grève devait être lancée pour ce que le groupe a appelé « les efforts déployés par le gouvernement Netanyahu pour séparer les Musulmans de la mosquée al-Aqsa ».

Lundi, le président de la Liste arabe unie, le député, Ayman Odeh, a déclaré que les membres de son parti s’abstiendront de se rendre à la mosquée al-Aqsa pour le moment afin de ne pas susciter une agitation supplémentaire.

La semaine dernière, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a imposé une interdiction générale sur les visites des législateurs dans l’enceinte en raison des tensions actuelles. Les députés arabes israéliens avaient l’intention de se rendre au mont du Temple dimanche malgré l’interdiction mais a plus tard repoussé le déplacement.

La décision d’émettre une interdiction d’accès au mont du Temple a été faite à la fin du mois de septembre mais la police n’a commencé à la mettre en œuvre que la semaine dernière. Elle ne concernait à l’origine que les législateurs juifs mais a été étendu à tous les membres de la Knesset, après les protestations des ministre.

Tous les Israéliens arabes n’ont pas exprimé leur enthousiasme pour la grève. Le maire de Nazareth, Ali Salem, a critiqué la décision, a signalé la Deuxième chaîne, et a appelé les membres de la Knesset de la Liste arabe unie de prendre à la place des mesures pour calmer la récente flambée de violence.

Le maire de Nazareth, Ali Salam (Crédit photo: Flash90)
Le maire de Nazareth, Ali Salam (Crédit photo: Flash90)

« Je blâme les dirigeants ; ils sont en train de détruire notre avenir, ils sont en train de détruire la coexistence », a déclaré Salem à la radio de l’armée dimanche.

Un représentant des propriétaires de commerce arabes de la ville mixte d’Acre a déclaré que les propriétaires des commerces arabes de la ville « honorent la décision du High Follow-Up Committee mais qu’ils ne décident pas à la place des propriétaires de commerce sur l’opportunité d’ouvrir ou non. Chaque personne décide en fonction de ce qu’ils pensent ».

Le représentant, Hanni Asadi, a déclaré à Ynet qu’une contre-mesure israélienne de base visant à identifier les entreprises qui sont possédées par les Arabes et les boycotter après la fin de la grève, faisait partie de l’effort des « incitateurs essayant de détruire les relations judéo-arabes ».

« Les extrémistes essaient de ruiner la bonne ambiance. Avec cette décision raciste, ils montrent à quel point ils sont stupides. Ils ne vont pas nous dissuader parce que nous répondons à nul autre que Dieu. Nous espérons tous que cette vague va passer et que le tourisme et la sécurité seront de retour au niveau auquel ils étaient », a-t-il dit.

Un journaliste arabe de Haïfa, Shahin Nassar, a déclaré à Ynet que de nombreux propriétaires d’entreprises de la ville ont pris les menaces juives au sérieux : « Beaucoup de leurs clients sont des résidents juifs de la ville. Comme à chaque fois que la colère explose en raison de la situation sécuritaire, il y a des appels à des sanctions contre les citoyens arabes. Certains propriétaires de commerce ont été menacés de sanctions s’ils fermaient boutique et se joignaient à la grève. Ceci est du pur racisme. Toute personne a le droit d’avoir ses opinions politiques et ces appels sont une menace pour la démocratie israélienne. Les propriétaires d’entreprise veulent que la police enquête sur qui est derrière la menace [des sanctions] ».

La vague d’attaques à travers le pays a commencé à Jérusalem le mois dernier ostensiblement sur ce qu’Israël a, à plusieurs reprises, affirmé qu’il s’agissait de rumeurs infondées colportées par les Palestiniens qu’Israël renforçait sa présence au mont du Temple et à la mosquée al-Aqsa.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a déclaré lundi lors d’une réunion avec le président indien Pranab Mukherjee, qui est en visite dans la région, que les attaques étaient « la conséquence du comportement agressif des forces de sécurité israéliennes et des colons ».

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